‹ Autour du moulinChapitre 13 sur 31 · LA RÉSERVE · texte numérisé non relu

LA RÉSERVE

Musique de Emile Galle

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LA RÉSEHVL' 79

Entre les bras de mes amours, Je reçus l'ordre, à l'improviste, De partir pour un mois à Tours, En qualité de réserviste.

Bn&il cette corvée a du bon, Les vingt-huit j<iurs Tout mon allaire ; Je connais plus d'un vieux barbon <Jui voudrait bien encor les l'aire.

Mais, lorsque je m'absente ainsi, Ma fidèle épouse s'énerve, Car cela lui l'ait faire aussi Ses vingt-huit jours de réserve.

Vingt-huit jours sont bientôt passés, liien <iue loin de Herthe on de Lise.

Fourbus, courbattus, harassés, Nous bouclions notre valise, Quand le commandant vint nous voir Et, content de luuis. Dieu sait comme!

Nous dit : « On donnera, rc soir, .Double ration à tliacjuc lionniic »

Tout pensif, lorsqu'il s'(mi alla.

Je dis, dans un amoureux trouble « Pour sûr, si ma mie était là, La ration serait double! »

Mais notre ctonnement fut grand

Quand le caporal d'ordinaire

Nous dit : « Le commandant en prend

Bien à son aise, crc tonnerre!

Hélas ! mes pauvres fantassins.

Quel deuil pour votre estomac jeune,

On a vidé jes magasins,

Ce soir il va falloir qu'un jeûne. »

« Bast! tant jns, me dis-je, tout bas. Si, pour ce soir, c'est la disette, ' Demain tu ne jeûneras i)as Entre les bras de Lisette. »

Or, dans une auberge, en chemin,

Je rencontrai. — Dieu m'en confonde ! —

Une servante, un vrai gamin.

Kl qui. ]M)iii' iii;i perle, élail blonde.

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