‹ Autour du moulinChapitre 14 sur 31 · FANTAISIE · texte numérisé non relu

FANTAISIE

Musique de Désiré Dihau

A Valentinc Ribe.

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FRANC IHSE 8o

Cher monsieur, laissez-moi vous dire Que vous auriez bien tort de me maudire. Oui. je le sais, quand vous brûlez pour moi. Je suis sans émoi, Ma foi !

Et votre cœur soupire.

Hier, je me trouve sur vos pas :

Vous voilà féru de mes appas, A m'aimer tout vous invite, Grand Dieu ! cela vous prend bien vite ! Mais, je vous l'avouerai sans fard.

On m'aime De même Et vous arrivez un peu tard.

Vr)us aurez beau dire et beau faire, Vos cheveux noirs ne font pas mon alfaire, Vous ne serez jamais que le second :

J'adore un Edmond Très blond.

Du blond que je préfère.

86 AUTOUR DU MOUMN

On peut vous reprocher cncor D'être grand comme un tambour-major.

Moi j'aime les petits hommes :

Restons-en donc où nous en sommes.

Vous pouvez g^randir. je ladmets,

Je doute

Qu'en route Vous puissiez raccourcir jamais.

Vous parlez de peine éternelle.

Le désespoir ternit votre prunelle, Moi je me ris de vos airs i>alpitants, Depuis trop longtemps J'entends La même ritournelle.

J'avais un soupirant, jadis. Qui, gai comme un De Profundis, Lorsqu'il me peignait sa flamme.

Parlait toujours de rendre l'âme.

Il n'est pas mort de mon refus.

Très sage, Je gage Que vous n'en mourrez pas non plus.

LE CIIANSOM.MER EMBETE

Musique de Emile Galle

A Numa Blés et à Georges Arnould.

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Ah! j'en ai l'ail, un' hcll' Itoiilette, Voilà c' que c'est qu' d'èlr' cancanier! Depuis qu' j'ai dit à ma pip'letto Que, d' mon état, j' suis chansonnier,

Tout' la maison me monte un' scie ; Chacun vient m' dir', sans craint' d'un r'fus, A propos d' la moindre ineptie : (( Fait's donc un' chanson là-d'sus! »

Ma concierge, madam' Sifllencuisses, -Me dit, en m' montant mes journaux :

(( Vous savez, j' làch' les pilul's suisses, C matin, je m' suis r'mise aux pruneaux. C'est encor la chos' la meilleure.

Bon! v'ià qu' ça m' jtrond ! Ah! doux Jésus! C'est la trenlièm' fois d'puis une heure. Fait's donc un' chanson là-d'sus ! »

Arrive ma voisine Estelle,

L'ne brune aux yeux suggestifs,

Elle fait marcher devant elle

Deux ravissants ballons captifs.

Certes! les oreillers de plume,

A côté d'eux, sont superflus.

(( T'nez, m' dit-ell', si ça vous allume,

Fait's donc un' chanson là-d'sus! »

90 AUTOUn DU MOULIN

Puis, c'est 1' tour du proiniélaire Qui vient m' réclanicr mou loyer.

Y braille et ça n' le fait pas taire Quaud j' lui dis qu' je n' peux pas V payer. (( Vous êt"s sans un sou! peu m'importe! J' vous donn' vingt-quatre heures, pas plus; Après quoi, j' vous flanque à la porte. Fuit's donc un' cliaiison là-d'sus! »

Le localair' du quatrième

Me bouscule dans l'escalier.

J' l'appeir brute, y descend toul A' même

Et s'arrét' net sur le iialier.

S'étir' la jamb', eomm' ]>our un" crampe,

Puis, fait entendre un lniiit confus

Et m' crie, en s' penchant sur la rampe :

(( Fait's donc un' chanvfui là-d'siis! »

Mon voisin, iirofcssciir d'algèbre, Vient me voir à tous les instants.

« Oui, m' dit-il, je d'viendrai célèbre, Car mes calculs sont épatants :

•le îiupprini' la racin' cubique, Tous les problèm's sont résolus A l'aid' d'un' formule algébrique.

Fail's donc un' chanson là-d'sus! »

Mon autre voisine, un' vieill' fille, M' dit : (( Ma ehatt' vient d'avoir des p'tits, V'uoz donc voir ma nouvell' famille, <:'est un rêv' comme ils sont gentils. Ma pauvre bêt' n'a pas eu d' veine.

Voyez, ses dix-huit p'tits sont v'nus.

Mais ça n'a pas été sans peine!

Fait's donc un' chanson là-d'sus I »

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