‹ Autour du moulinChapitre 24 sur 31 · L'AFFRANCHISSEMENT DES FEMMES · texte numérisé non relu

L'AFFRANCHISSEMENT DES FEMMES

(Air connu.) A Jîilcs Oudot et Henri de Gorse.

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On dit qu'les femm's veurnt s'affranchir. Remplir tout's les fonctions en France.

Or, si nous nous laissons fléchir, EUe's nous front un'rud' concurrence.

l'affranchissement des femmes 169

Qu'elles soumettent à louis lois Sénat, Chambre, Palais d' Justice, Et, quand nous voudrons des emplois, Y n' rest'ra plus qu' celui d' nourrice.

Lorsqu'ell's parl'nt d'être députés.

Il faut voircomm' leur regard flambe:

Je n' dont' pas d' leurs capacités.

Pour nous jouer par-dessous la jambe.

Mais j' suis certain qu'plus d'un bas bleu, Qui nous réclame un buU'tin d'vote, N' saurait pas mettre 1' pot-au-feu, Ni coudre un' pièce à ma culotte.

La femm' ministr', ça Trait très bien.

— Kif-kif dos oh'voux sur nos potages — J' crois mêm' que ça n's'rail pas l' moyen De supprimer les tripotages.

Sachant qu'ell's ont bien plus d'attraits Quand un' chic toilotl' les recouvre, Ell's emploieraient leurs fonds secrets A vider l' magasin du Louvre.

Malgré leurs airs si délicals,

Eil's ont la plus rich' des platines;

Pour remplacer nos avocats,

C'qu'ell's nous en coll'raient dos tarlines!

Avec ceU's ayant des appâts,

Alors, nous n' pourrions plus rien lairc.

Car le client n'Iiésil rait pas

A leur mettre en mains son alTairc.

Dussé-j', par les fenims en courroux.

Me faire mettre en marmelade, J'dis qu'ell's sont faits pour un époux Comme 1' cerfeuil pour la salade.

L'homm' n'est pas un être parfait, Mais je crois, sans l' faire à la jiose, Ou' pour le remplacer tout à fait.

Y leur niaïKiu'ra toujours (lucMpi' chose.

LE CHANTEUR AMATEUR

LE CHANTEUR AMATEUR

Ml'skjue de Victor Leclerc,

A Robert Lagrangc.

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Lt: CHANTEUR AMATEUR 173

Messieurs, j'vais chanter, puisque c'est à mon tour,

Mais, d'abord, apprenez d' ma bouche Qu'jem'sensplusàrais'lorsqncj'suisdansun'cour,

Ou sur la Seine, en bateau mouche.

J' suis ni ténor, ni baryton, Aussi de moi déjà tout bas rit- on;

Bref! je n' vais pas vous épater :

.l'n'ai pas l'habitud' de chanter!

(Au public.)

Voyez c't'habit noir qui vous paraît d'EIbeuf

Parc' que d'ioin votre d'il lo contemple, Il ne sort mém' pas d'ia maison du Pont-Neuf.

J'I'ai décroché c' matin au Temple.

Mon gilet m'a coûte vingt ronds; Quant au giimpant qui décor' mes fum'rons,

C't' un croqu'mort qui vient d'me 1' prêter!

J' n'ai pas l'habitud' de chanter!

(Au pianisle.)

Monsieur, j' vous en pri', ne m' couvrez plus la voix A descendre et r'monter la gamme,

.M' fait's l'elTetd' quelqu'un qui ballad'rait ses doigts Sur un' mâchoir' d'lii[)popolamc.

C'est pas des tours intelligents, D' taper là-dessus pour fair' tromper les gens; Moi. j' m'arrôl' pour vous écouler :

J' n'ai pas l'habitud' de chanter!

(Au souffleur.) C'est comm' ce monsieur, dans la boît' du souffleur.

Qui m' souffl' ma chanson, ça m' fait rire ; J' la connais mieux qu' lui puisque j'ia sais par cœur

Et qu'il est oblige d' la lire.

Loin d'être aidé, j' reste interdit :

J'entends pas un traître mot de c' qu'y m' dit ;

Il n'sert qu'à a'ous fair' constater

Qu'j'n'ai pas l'habitud' de chanter.

(Au yuibLic.)

Mais c' n'est pas tout ça. j' bhvijru' doi)uis un instant

Et je n'vous sors pas ma romance; Voyons, ça s'appelle?... Ah! ça c'est épatant!

Je n'sais plus par (|uoi ça commence.

Commeiil?plus haut?... Mill'nomsd'un chien! Dans le coulisse, j' la savais si bien...

Ah! faut pas vous impati(M)ter :

J' n'ai pas l'habitud' de chanter.

LE CHANTEUR AMATEUR 175

Lp piano joue le chant et l'artiste essaie en vain de se rappeler le couplet. Enlin il arrache la chanson des mains du souffleur juste à temps pour dire :

J' liai pas l'habituel' de chanter.

YII

Il ne faut jamais affronter les sifflets Sans connaître à fond son affaire :

Chanter en niesur , détailler des couplets, Ce n'est pas chose aisée à faire. Combien de malheureux garçons

En amateurs éreintent les chansons!

Bref! c'est dans 1' but d'ies dégoûter, Qu'on lit cell' que j' viens d' vous chanter.

LE CLAVECIN

LE CLAVECIN

MusiouK DK Paul Blhtry

A Violellc Dcchaume.

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LE CLAVECIN 179

Certain soir, cousine et cousin, Sur les touches d'un clavecin.

Faisaient courir leurs ongles roses.

Pour un inslant seuls au château, La marquise et le jouvenceau Se disaient de bien douces choses.

Et le vieux clavecin, Qui les entendait dire, Bas, se poulTait de rire. Tel qu'un vrai libertin; Comme il s'amusait, le vieux clavecin!

Tout i)imi)ant, le jeune lion

Se mirait, plein de passion,

Dans les yeux bleus de sa cousine;

Elle, devinant son dessein,

A chaque coup d'œil assassin,

llendait une œillade assassine.

— Eh I dit le clavecin, Si je n'y mets bon ordre, A la potnmc ils vont mordre.

Kh! Monsieur le gamin!

Ne vous gênez pas, dit le clavecin.

Mais le cousin n'ontondit pas.

Non; car il suppliait tout bas, Voulant sortir du platonisme.

Quand la dame répondit : (( Oui! »

L'instrument sentit, malgré lui, Se tendre son vieux mécanisme.

— Eh! dit le clavecin, Que n'ai-je une brunette, Quelque tendre épinette, A serrer sur mon sein!

Je suis tout iraiilard ! dit le clavecin.

Bientôt le clavecin put voir L'amant entrer dans le boudoir Capitonné de la marquise.

Le couple fit — plein de brio — Entendre un amoureux duo, Dont la (in, oui-dà, fut exquise.

Et le vieux clavecin, Uempli d'un trouble extrême, Se lit vibrer lui-même; Jalousant le cousin, 11 vibra tout seul, le vieux clavecin.

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