CHANSON VÉCUE
Musique de Léon Dequix.
A J. Grùii.
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pour. BIEN VOIR LE CZAR
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./M«i : ^Au-i (wn uU (l CiA^^ynut Jiu7Mtu. t'M), (9a.n>4«n )ii>i •
Je suis parisien Et bon citoyen, Sachez-le bien, Ma femm', pareill'inent, Aime cpatamment L' Gouvernement ; Eir m' dit, l'aut' niiilin :
« N'oubli' pas, Justin, Sacré mutin!
Que (.''est d'in.iin — t'as compris?
Ouf lo Czar arriv'ra dans Paris! »
A ces mots, v'ià que j' m'enflamme,
J' suc' la poire à ma femme Et, joyeux, j' m'amèii' chez mon patron. Comm' je suis forgeron, Pour masser plus à Tais', je r'tir'mon bourgeron, Je cogne, à tour de bras.
L'enclume avec fracas, Devant l'ardent brasier.
Gueulant à plein gosier :
REFRAIN
Pour bien voir le Czar, Faut pas rester lard Dans son pluniard, Y aura su' l'boul'vard Des badauds en masse Qui pos'ront douze heur' sans fair la grimace; Moi j'y s'rai, nom d'un chien!
C'est r devoir de tout bon citoyen!
Le lendemain, pour Ne pas faire un l'our, Au petit jour, Mon goss', réveillé, Klait babillé.
Débarbouillé;
POUR BIEN VOIR LE CZAR 18o
Le p'tit garnement, Avec sa maman, Marchait gaîmcnt, On eût dit deux troupiers.
Moi j' portais une cchell' de six pieds. Ma femme, aimant tout's ses aises,
Balladait deux vieill's chaises, Sur lesquell's eli' comptait bien s'asseoir. Nous voilà su' 1' trottoir, A l'avance installés, tous les trois, pour bien voir. Chouett'! nous étions tout près, Mêm' que, six heur's après, Toujours nous poireautions Et gaîmcnt nous chantions :
(.lu refrain.)
Bourgeois, ouvriers.
Nous v'ià des milliers, Mais nos alliés N' venaient pas du tput.
Nous nous tordions l'cou Quand, tout à C(jup, Quel charivari!
L' public, ahuri, Pousse un grand cri :
(( Hcgardcz-donc là-bas.
Le voilà, le voilà, Nicolas ! »
Brutarmcnt 1' public se tasse, L'écheir casse Et... bon.soir !
J'fais la planche au milieu du trottoir. Pour comble de revers, Installé' sur un' chais', ma fcmm' passe à travers, En haut d' l'écheir perché, Mon goss' reste accroché; Moi, sans savoir pourquoi, Je chantais malgré moi :
(.lu refrain.)
Alors, furibond.
Vexé pour de bon,
J'me r'Ièv' d'un bond.
Mais plusieurs badauds
M'envoi'nt leurs crocnos
Dans r bas du dos;
Comm' par cnchanfmeul.
Je m' trouv' subit'ment
A l'align'nient.
Plus serré (lu'nn hareng.
Mais placé luiil Juste au premier rang. A c' moment pass' le cortège,
lUanc comm' neige,
L'œil hagard, J' m'ompres' de iiurler: « Viv' le Czar! »
roun BiEX VOIR le czar 187
Oui, mais voilà 1' bouquet :
D'un' voilure, un' voix m' cri' : « Ferm' ta boîte,
[eh! paquet! »
Oh! bonheur étoile :
Le Czar m'avait parlé!
Depuis, rempli d'espoir, J' gueul' du matin au soir ;
REFRAIN
Pour bien voir l'Czar, J' suis pas resté tard Dans mon plumard, Y avait sur 1' boul'vard Des badauds en masse Qui poscr'nt douze heur's sans fair' la grimace. Moi j'y étais, nom d'un chien !
J'ai rempli mon d'voir de citoyen!
LA POMPE
LA POMPE
Musique d'Eugène Lemercier
A Octave Pradels.
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Ayant vidé plus d'un pichot Qui le balonuail l'crmo,
Maître Pierre, un soir, trébuchait Dans la cour (runc ferme,
LA POMPE 191
Cherchant un endroit
Pour faire, à l'étroit, Loin de l'œil des puccUes,
C que r Manneken-Pis
Fait si bien, gratis.
En plein' rue à Bruxelles.
A tâtons, Pierre se campa,
L'allure somnolente, Pi'cs du tuyau d'une pompe Spirantc et refoulante.
J'ai dit, s'il vous plaît,
Au premier couplet, Qu'il était en ribotte;
Se trouvant bien là,
Bientôt il ronfla Ainsi qu'une marmotte.
Oui, mais voilà que, dans la nuit,
Une vieille pimbêche Prend une cruche et vient, sans bruit, Pour tirer de l'eau fraîche.
Y f'sait, dans la cour.
Plus noir qu'en un four,
L'obscurité la trompe, Eir va droit au gas, Lui saisit le bras
Et j' te pompe et j' te pompe!
Le dormeur sortit, à ce jeu, D' son ivress' somnifère Et se rappela, peu à peu.
Ce qu'il était v'uu faire.
La vieiir pensait : « Mais Ça n' couTra jamais, J' vais avoir une ampoule! »
Quand elle s'écria :
(( Jésus, .Maria!
Enfin! voilà qu' ça coule! )>
A ces mots, sous le rol)inet.
Elle avança la cruche.
Mais, tout à coup, s'arrêta net.
Puis, ainsi qu'une autruche,
Jetant un long cri,
App'la son mari, Lui criant : « Claude! Claude!
Enfile un pal'tot,
Viens voir au plus tôt, V'ià qui coul' de l'eau chaude! »