‹ Autour du moulinChapitre 26 sur 31 · RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

RÉCONCILIATION

Musique de Eugène Lemercier

A Laurence Deschamps.

l< filtuf nnââ (LMi^-t««Mj

,<J>)i< tA«r < . i>iu« , .1>4m h ■ y'^'t fictif a «.tXxt

:^=f= r ? r r rzC:

f<i«l t J ««t VI . . J. . . ,.«

RÉCONCILIATION d95

Te souviens-t-il do ce jour plein de fièvre... Nous nous quittions, nous, jadis tant épris, Notre dépit dictait à notre lèvre Dos mots cruels de doute ot de mépris. A tout jamais, je voulus te maudire.

Oui, mais le temps désarma mon courroux Et de l'absente, il laut bien te le dire. Je ne gardai qu'un souvenir bien doux.

Mais, aujourd'hui, plus do pensors moroses, Car, de nouveau, l'amour nous réunit.

Entre mes bras, doucement tu reposes.

Les deux pigeons ont regagné leur nid,

Du couple heureux nous étions le modèle : Or, à tous ceux qui s'informaient de toi, Je répondais : « Ne me [)arlez plus d'elle. Rien, ;\ présent, n'existe entre ollo et moi! » t]n m'écoutant avec mélancolie.

Tous nos amis, qui n'y comprenaient rien. Pensaient : «. Comment ont-ils fait la folio Do se quitter, eux qui s'aimaient <i liini ! »

Oui, j'exigeais qu'on gardât le silence

Sur toi, ^'inon, sur nos ehères amours,

Mais, j'avais beau me faire violence.

De tes attraits je reparlais toujours.

Je rappelais la douceur infinie

De tes yeux noirs, si bien laits pour charmer,

Et l'on disait, non sans quelque ironie :

« Est-ce pour ça qu'il ne veut plus l'aimer? »

Ne gâtons pas, mignonne, en cette vie.

Quelques moments heureux qui nous sont dus. Et soulageons notre âme inassouvie En rattrapant tous nos baisers perdus.

Dieu, pour calmer nos pénibles névroses, Sur cette terre, à côte des tourments, Mit le parfum aux calices des roses Et le baiser aux lèvres des amants.

LE THEATRE NATURALISTE

LE THEATRE NATURALISTE

Musique de Eugène Lemehcieii

A bhcrs.

i\.»«»}«i.t <n >M.\::', . .lU , U itj.i ..rit >c (V.v.-.H.i.lU^i.fi^

. < , tui>„i ^i>(f'|jnift(,^»>, )■<■>• UftU cuic, ieiiCdi (a if . wl.^l . . <

Dans eo siècle (Hii va finir.

AI)Dnd:int ( n surin-isos.

Le Ihcàlrc de l'avenir

.Nou-^ en fra V(»ir de trrise>

LE THÉÂTRE NATURALISTE d99

Placée à côté,

La réalité iS' s'ra que d' la parodie,

Y aura que 1' public

Qui, pour rester chic, Jouera la comédie.

Plus d'azur et plus de fiction.

De contrée idéale.

Le i)lus poétiqu' de l'action Se pass'ra dans la Halle.

Pour qu' les spectateurs

Hunioiit des odeurs S'ada[)tant aux paroles.

Pendant qu'on jouera,

On vaporis'ra De l'csscnc' de Marolles.

Pour varier à l'infini

Les tableaux réalistes, On loûra la sct-ne en garni A des ménaf?es d'artistes.

L'jeun' premier, charmant, Passionnément,

Courtisera l'étoile.

Et. lorsqu'on vainqueur Il lui |iren(lra 1' cœur,

On n' baiss'ra pas la toile.

On servira du vrai rôti,

D' la vrai' soup' sur la scène; Ça mettra 1' monde en appétit Plus qu'une absinth' malsaine; Puis, au poulailler, Au lieu de crier :

« D'mandez : orgeat, groseille ! »

Pour l'amour de l'art, < hi vernira du lard Et d' la soupe à l'oseille.

Dans des dram' noirs comm'du charbon,

On verra — joie amère! — Sur la scène un gondr' pour de bon Rosser un' vrai' bcU'-mère.

Et, juste au moment Où la bcll'-maman

LE THÉÂTRE NATURALISTE 201

R'eevra quèqu' chos' de sale, Les bravos nourris De tous les maris

Feront crouler la salle.

Mais si ce genr' d'exhibition

Ne présente à ma vue Que l'exacte reproduction

D' mon ménage ou d" la rue.

Plus intelligent, J' gard'rai mon argent,

Pour corser mon bion-êlre, Et j' verrai fort bien L' théâtre pour rien

En r' gardant par la f'nêtre.

Musique de Henri Waïss.

A Charles Friedlander.

tli^tr. iH* Cttf

^AtU * i'iCn; tffw.ttuC, S l<Cu\ lOn.tl^v^^ ft tfi*i*tftfvr , <n cXiAMtadt tS)AM9y4 cf#*-(^'

Un dimanch', le temps était superbe,

Je m' dis : « Mon fiston.

Avec ton épous'. va-t-en sur l'horbe,

Faire un p'tit gucul'ton. »

Ne pouvant pas r'iéguer ma beli'-mère

Au fond d' mon grenier, J'ajoutai : « Prenons donc la mégère,

EU' port'ra 1' panier. »

REFIIAIN

Viv' le dimanche!

C'est un jour épatant,

L'cœur content.

En chantant, Dans sa ch'mis' blanche Au col bien empesé, (Jn part jtour s'amuser, Et pour se reposer!

Dans!' train qui conduit au l)oisdcVinccnnes,

Tous trois nous partons, Nous nous installons au pied d'un chêne,

Nous y boulottons.

Soudain, bcU'-maman, d' sa voix d" crécelle, Dit : (( Comm' ça sent fort! »

Eir v'iiait d" s'asseoir près d'un' sentinelle. <)li! pas ceir du fort!

Après déjeuner, l'œil jilein de flamme

— Kiïots du ])rintemps — D'un air amoureux, j" regard' ma femme,

Car elle a vingt ans.

Mais ma belle-mère est là qui veille.

Ça nous ficli' le trac ; Pour deux sous, j'enverrai bien la vieille

-M' chercher du tabac.

Au inilion du bois, v'ià ([u'unc averse

Nous tomb' sur le dos.

Je suis, sous la plui' qui me traverse,

Trempé jusqu'aux os, Ma pauvre épouse a sa robe entière

(loilée à la peau, BcH'-maman, transformée en gouttière,

l'ieur' son beau chapeau.

Trempés et crottés comm' trois caniches,

Chez un p'tit troquet, Nous allons dîner, n'étant pas riches,

Mais là c'est l' bouquet :

Nous y boulottons la sal' gargote

Des p'tits restaurants Et, quand l' garçon nous apport' la note,

J'en suis pour vingt francs.

En r'gagnant l' chemin d' fer, on s'égare.

Ce retard nous nuit, Car nous arrivons tous à la gare

Bien après minuit; Avec ironie, un homm' d'équipe,

Nous priant d' sru-tir.

Nous déclar', tout en bourrant sa pipe,

(Jne r train vient d' partir.

\ nu- voyez d'ici notre binette :

N<»us r'venons à pied.

(JiKiiit à l'enseign'mcnt d'cctt' cliansonnetlc.

Le v'ià tout entier :

i08 AUTOUR DU MOULIN

Des forc's de notre machine humaine,

N' l'ail t pas abuser, Ce n'est pas trop d'un jour par semaine

Pour se reposer.

Viv' le dimanche!

C'est un jour épatant,

L' cœur content.

En cliantant, Dans sa ch'mis' blanche Au col désempesé, On revient 1' corps brisé:

Ah! qu'on s'est bien r'posé!

LES AFFAIRES DE GRECE

LES AFFAIRES DE GRÈCE

EXI'LIOUÉES l'AK U.NK CONCIEIICE

MUSIOUK DI-: (JEOItGES TlKHCY.

A Georges Bcrry.

^ rai, j'en suis cliai^rinc olj'oii jtordrai ma graisse ])c ne rien entendre aux aiïair's ûo la (Jrèce-

Ah! mes onlaiils!

Oiiaiidj'lis mon journal, je suis louL on émoi De voir que l' français devient du grec pour juoi.

Ah! lues cufauls!

LES AFFAIRES DE GRÈCE 21i

La Grec', la ïur(}iii'. çà c'est d' la ixjlitiquc,

Moi j' n'y comprends rien à leur sacré' boutique.

Ah! mes enfants!

Carj" n"ai jamais lu qu' les romans d' Paul de Kock; Mais, puisqu'on dit: «Crète», y doit s'agir d'un coq.

Ail! mes enfants!

Où je suis vraiment d'plus en plus étonnée. C'est quand les journaux parlent de la Canée,

Ah! mes enianls!

y me suis laissé dir', par les garf-ons tripiers, (Ju' caner, ça voulait dir' : se tirer des pieds.

Ah! mes enfants!

.le lis, à l'inslant, dans la l''iiC llépuhlique,

Un' chose elVroyabl', qu'avec pein' je m'explique.

Ah! mes enfants!

Si l'on prend la Crète aujourd'hui [mur ileniain. Ça pourrait troubler r Concert Kuropéeu.

Ah! mes enfants!

Lorsque j'ai lu ça, ma bouu' madam' Machère, Jai z'ouvert des yeux comme un' porte cochère,

Ah! mes enfants!

Faudrait qu'la Turqui' fût un pays idiot, Pour venir troubler V concert de la ru' Biot!

Ah ! mes enfants!

Y a z'encore un mot qui m'a souvent fait rire, C'est blockhauss. Blockhauss? qu'est-c' que ça veut

Ah! mes enfants! [bien dire?

Blockhauss. c'est quéqu'chos' qui n'doit pas être beau C'est comm' ça qu'Joseph appcll' son vieux chapeau.

Ah ! mes enfants !

Je suis intrigué' jusque-z-à la folie

Quand tous les journaux parl'nt de la Thessalie.

Ah! mes enfants!

Çà doit être un' femm' connu' pour ses amours El qui n' se lav' pas la figur' tous les jours.

Ah! mes enfants!

LES AFFAIRES DE GRÈCE 213

C que j' trouve indécent, car la chose est trop forte, C'est qu'on pari' toujours des affair's de la Porte.

Ah ! mes enfants !

Comni' j'suis concierg', je pense à tout moment, Qu' <;à doit m' concerner tout particulièr'ment.

Ah! mes enfants !

Bref! j'ai hi c' matin, avec madam' Sidoine, Que l'on allait partager la Macédoine.^

Ah ! mes enfants !

C'est un plat d' légum's dans les grands restaurants Et c'o^t, j'en suis fier', 1' premier mot que j' com-

Ah! mes enfants! ' [prends!

AMOUR Di: COLETTE

AMOLR DE COLETTE

Musique de Désiré Dihau.

A Madame Dorfeuil.

4ftt ctAtmiwv )( at-^>*n^ , 4CMM )« . Ir^ww *. Jt( mAÎmiA Um à ^a ^< -

: A c#..<;n;,Vti,

fn,ii« in#fi,

(V . mMtt .

Le sciprncur du village, Beau papillon rose et volage,

Dans un doux babillage.

Depuis lonj:lcinps me l'ait la cour.

Page 1