‹ Autour du moulinChapitre 5 sur 31 · TT V · texte numérisé non relu

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Lorsque des monlafîn's niss's naiiUqiies Fut parti 1' dernier ouvrier, M' sieur Oller, homm' des plus pratiques, Résolut d' les faire essayer.

l'accident de duclerc 21

Alors, gentleman émérito,

Il alla trouver aussitôt

Duclerc et lui dit : « Marguerite,

J' voudrais t' faire aller en bateau ! »

Duclerc accepta de bonn' grâce.

Mallieurcus'ment il arriva

Que r bateau, viraut dans l'espace,

P^it prendre un bain à la diva.

La pauvre artiste devint blauche

Et dit, en s' débattant dans l' lac :

« Je n' peux pourtant pas fair' la planche

Avec c' que j'ai sur l'estomac ! »

Qnoi()u'eir soit née à Batignolle,

Tout à coup, Marguerit' Duclerc,

Se souv'nant qu'elle est Espagnole,

S' met à crier : « 011er! Ollcr! »

Puis travers' le lac à la nage

Et, vu' d' dos, lait dire, à plus d'iiii,

Qu'eir ne met ]>as à l'étalage

Les [dus bell's jiomm's de son jardin.

'22 AUTOI-K UU MOULIN

Maïs j'entends quelqu'un qui réclame Et m' dit : « Monsieur, vous avez tort D'ccrir' des couplets sur un' femme.

Entre nous, cela n'est pas fort. »

Que vouloz-vous, lorsqu'on cliansonne, On peut commettre un jj'tit écart; Moi, je n' fais de mal à personne Mais je m' fich' Duclerc comm* du quart,

LA VEUVE A DURAXD

Musique de II. Phagson.

A Emile Ilaulon.

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Modèle des mauvais maris.

Traitant leur femme à la légère,

Durand, pour venir à Paris,

Avait lâché sa ménagère.

Or, un soir, rongé par l'ennui.

Sa raison n'était pas bien saine,

Triste comme un bonnet de nuit

Il errait au bord de la Seine.

Et, dans son jugement étroit.

Il disait, se grattant l'oreillo :

« Dir' que c' t' eau-là conduit tout droit

Dans r pays où m'attend ma vieille.

y sais bien que d' temps en temps on s' bat,

Mais ça c'est 1' plaisir du ménage ;

.l'en ai soupe du célibat ;

J' vais r'trouver ma femme à la na^e! »

Sans hésiter, Durand plungoa Et puis... se noya dans le lleuve.

Or. ce fut moi que l'on chargea D'annoncer sa mort à la vi'uve.

liemar(|uaut mou air (rctiterr'ment Et mou émotion [(rolonile,

(( — J' comprends tout! m' dil-fU' biu.sciucmcnt,

Durand, mon homm', n'est plus de c' monde.

D' quoi qu'il est mort, ra j' n'en sais rien,

Mais, quand il ferma la paupière,

J' pari' deux sous qu'il était plein

Comm' la bourrique à Robespierre. »

— C'est vrai! rcpondis-jo, interdit.

Et la veuve ajouta de suite :

« Ah! je l'avais toujours prédit

Que c' cochon-là mourrait d'une cuite! »

Elle prend ça du bon côté, Dis-je, à part moi, pas une larme!

Mais, au milieu de l'aparté, J'entendis un affreux vacarme.

Versant un déluge de pleurs, La commôr' hurlait : « Me v'ià veuve!

Ah! c'est bien 1' plus grand des malheurs : Faudra que j' lass' teindr' ma rob' neuve! Queir tuil' que cett' position-là, Surldul (juand on est encor jeune.

J'en niduiiai! Mais c' n'est pas tout çà, Il est midi, faut qu'on déjeune.

Si Durand attend son caveau, Apr<"'s tout, ce n'est pas d' vot" faute. Qu'est-ce que vous préférez : Du veau, Du lard nu bien une enirecôle? »

Bref! quelques minutes après, Devant un menu confortable, Lugubres, tels que deux cyprès, Nous avions les pieds sous la table.

Et la veuve, le teint chauiTé Par un rhum d'un' marque célèbre.

Au sixième pousse-café, Sortit cette oraison funèbre :

« C'était un' ross', mais je l'aimais. Qu'y soit défunt, vrai ! ça m' suffoque Dir' que j' l'entendrai plus jamais...

Hurler après moi comme un phoque.

Entre nous, c'était un soulcau Qui se flanquait des cuit' en masse Et, s'il est mort en buvant d' l'eau.

Il a rien dû fair' la grimace! »

LES ELEPHANTS DE LA GAIÏE

LES ÉLÉPHANTS DE LA GAITÉ

Musique de Paul Bliîtiiy.

A Francisque Sarcey.

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LES ELEPHANTS DE LA GAITE

Quand V directeur d' la Gaîlc,

Pour n' pas voir baisser la r'cette,

Sur son théâtre eut r'monté

L' fameux Voyag' de Suzette ; Quoiqu'il eût déjà, comme exhibition, Tout r Conservatoir' d'Acclimatation, Y s' dit : « Faut que j' fass' jaser la gazette! » Puis il engagea, sans aucun retard.

Les six éléphants de monsieur Loockart, IIi>toir' d'enfoncer le Théâtre d'Art.

Mais les éléphants, brutaux,

M'naeaient d'enfoncer la scène;

Pour supporter leurs quintaux,

L' directeur, nouveau Mécène, Fit venir, de suite, un houim' du métier. Oh ! pas un auteur, un brav' charpentier, Qui mit, sous les planch's, des poutres en chêne; €' qui fit, à Sarcey, dir', tout épaté : « Bon Dieu, qu' vot' théâtre est bien charpenté, On dirait du Scrib' premici-' qualité ! »

Prenant des airs Iriomphanls,

L'imprcsario-virluose

S' dit : « Voici des clcphanls,

Faudrait leur fair' dir' (jurqu' chose. » Sans le moins du mond' rester en allVont, L'auteur, consulté, se frappa le linni.

(( J' vais, ré])ondit il, leur éfrirc en prose Un' grand' pantomini' suivi' d'un ballet. Pour mieux la mimer (ju' les croûl's du Châtelet, Y prendront des l'çons d' TcMicia Mallet. »

L' résultat fut des ])lus beaux.

Pour les acteurs, (juelle oITcnse :

Près des éléphants cai)ots.

Ils restèrent sans défense.

Tous les spectateurs criaient : « lOvolio! C'est plus chic qu'un' i)ièc', c'est l'arch' de iNoé, V'ià donc un speclacl' moral pour l'on lance! » Et les éléphants, dcv'nus tout joyeux, En exécnlanl leurs tours niervcillcux.

Aux dam's du balcon fai^.iii'iil d(;s p'iils veux.

LES ELEPHANTS DE LA GAITÉ

Cornac et Proboscidiens Prouv'nt, en cette conjoncture, Que beaucoup d' nos Parisiens Ador'nt la btlcrature.

Moi v'ià c' que j'ai dit, d'vant un tel succès : « J'ai cinq act's en vers au Thcàtr' Français, V'ià sept ou huit ans qu'ils sont en lecture, Mais d'raain j' vais les r'prendre à la Direction Et, pour en presser la r'prcsentation, J' les porte au Jardin d'Acclimatation. »

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