‹ Autour du moulinChapitre 8 sur 31 · PLAISIRS MONTMARTROIS · texte numérisé non relu

PLAISIRS MONTMARTROIS

PLÂlSinS MOMMIMnilOIS

CHANSON-MAliCllE

MusiouE i>E Léon Deouin

A Paul Dclmet.

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.lo suis pass'menticr, J'cxerc' mon métier Un' dn Sentier, Ma femm', dans la llcur, S' la coule en doneeur

Avec ma so'ur.

Kir iiio dit un j<iiii' :

« Si lu voulais, [lour Faire un [»'tit tuir.

Nous irions, tous les trois.

Vdir plusieurs cabarets moutiuartruis? »

.Nous parlons dans un' Camille,

46 AUTO un uu moulix

Heureux, pleins d'abandon,

Aux lèvre' un irai frodon ;

Bientôt, toulo la famille, .

D'un p'tit air alTranclii, S'balladait sur 1' boul'vard de Cliohy.

Loin des yeux d' not' portier.

Une fois (bis) dans ce joyeux (}uartier,

Nous, jadis endormis, Dans les jamb' (bis) nous avions des fourmis :

Mon épouse dansait,

Ma sœur se trémoussait,

Moi-mêm', je chahutais

Et gaiement répétais :

REFRAIN

Pour bien rigoler.

Pour batifoler Et s' gondoler, Pour bien rigoler.

Parlez-moi de Montmartre, Le pauvre en veston, 1' riche en col de martre,

Sont heureux comm' dos rois En goûtant les plaisirs montmartrois.

Bientôt on entrait Dans un cabaret, L'air L'uilleret.

PLAISIRS M 0 N ï M A H T R 0 I S 47

Là, pour treize sous, Nous d'vions entre nous

Rir' comm' des ious.

Un drap d'enterr'ment Était l'ornement,

D' l'établiss'ment, Noir comme un trou béant, Ça s'app'lait 1' cabaret du Néant.

A peine entre, v'Ià qu' je m' cabre En entendant « Holà!

Asseyez vot' viand' là! »

Puis 1' patron, d'un' voix macabre, ' Dit : '< V'ià des calicots, Foutez-leur un extrait d'asticots! »

Des tibias, des fémurs, Mis en croix (bis), s'étalaient sur les murs.

Des spectres décliariiés S'agitaient [bis], sans oreille' et sans nez. Ma femm' qui frissonnait Contre moi se tenait, Ma sœur disait : « J' m'en vais ! »

Et moi je répétais :

Pour bien rifrolcr, etc., etc.

Sans larder alors.

Des frisstjns plein l' corps, Nous v"là dehors.

48 ALT ouït DU MdULlN

Kt jo (lis ceci :

K Bruant, Dieu merci,

Est près d'ici. »

Un' femme à ch;i<|u' bras.

J'ouvre mes compas, Allongeant le pas, L'im|)alience aux mollets, Tous les trois nous v'Ià il'vant les volets. Nous agitons la sounelle. Tous les clients en chœur Nous chant'nt d'un ton nniqueur :

(( Là, là, c'te gueul', c'ie hinetle! » Bruant m' dit : * Vieux IVuuik au !

Coir la mère à côte du piano! »

l*uis, faisant le casseur.

Il embrasse (bis) et ma femme et ma sœur En criant : « Nom de Dieu !

<( Ces goss's-là(6ts) s'raien t bien inicux dans mon pieu ! » Pendant qu'il l'embrassait.

Ma iVmm' se gaudissait, Ma su.'ur disait : k J'y vais! »

Et moi je ropclais :

I*our bien rigoler, etc., etc.

Quand nous r'vinm's gaiement Dans notre log'ment, Quel épat'mcnl!

PLAIS n;S MON TM A UT I! OIS 4'J

Pleins d'jus de raisin, Nous fsions du bousin Et chaqu' voisin S'écriait : « Mais on Perd donc la raison Dans la maison? »

Et, dans les escaliers, Tout's les port's s'ouvraient sur les paliers. Ma femm', narguant la pip'lotte, Chantait, tout en montant :

BeWvilV — Ménilmontanl, Les bat' d'Af, à la Villetle;

Et ma sœur, avec art, S'essayait à fair' le grand écart.

Le concierge, aflligc.

Nous criait (bis) : « J'vous frai donner congé! »

Moi j' répondais : « Très chic!

Dans trois mois (6is;, j'roupill'rai ru' Lepic! » Le proprio groumait, Son épouse écumait.

Parlant d' gardien d'ia paix.

Et moi je répétais :

Pour bien rigoler, etc., etc.

LES AUTOMOBILES

LES AUTOMOBILES

(Air connu. )

A Victor Meuay.

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yfUiuttiUnl }l .Xft /r<.iiitl> |iiM>-> n'pai maiwiA )< f*'*'^ , >t

<rl<ii.f«. t(; .iu'.'m c.\u il.-.! on , f Ait il ((«-. |i.<|ii.' f.\.rt«.j.«*ii

liicnlôt, le iiouvoaii iiKiycn d" lnioiiKiliiiii

S'ra la voiture anlonioMIc.

Si l'on viil^'aiis' IVxcoilonIo iiivonliuii.

Les cli'vaiix n' nous friml \\\u< l'îiii' do hile

LES AUTOMOBILES 53

Et tous les cochers d'fiacrc, enfin!

Srront réduits, pour n' pas mourir de faim, A II' boulotter qu' du saucisson Fait de leur propre canasson.

Quant au fourrage, on aura toujours besoin D'en recoller des milliers d' bottes,

N'cst-il pas des gens bêt's à manger du foin,

D'autr's qui veul'ntcn mettr' dans leurs bottes.

• ^omme, en mêm' temps qu' les collignons,

^' ront ruines nombre de maquignons, La paiir ne s' perdra pas non i)lus Puisque tous ces gens-là s'ront d'sus.

< >n ne verra plus de chevaux s'emporter

Ni d' cochers mordre la poussière, Mais, de temps en temps, à seul' fin d'éviter D' laisser éclater la chaudière,

< »n s'arrèt'ra pour fair' de l'eau ;

La femme, à son tour, lâchant son gigolo, Voudra descendre à chaqu' station, Ilicn qu' par e<[)rit (riiiiilaliuii.

Plus de bicyclette — et ça n' s'ra pas trop tôt — Car ce gcnr' de sport nous échine,

Quand deux amoureux seront dans un auto, La fomm' s'occup'ra d' la machine;

Plus habil' qu'un mécanicien,

Elle ouvrira l'œil, pour que tout fonctionn' bien. Et dira norveus'ment : « Gaston, Tu d'vrais l'air' changer ton piston! »

Pour êtr' dans 1' mouv'ment, retenez bien ceci :

Par les boulevards et les rues.

En automobile iront fair' leur persil

Les quart-de-mondaine' et les grues.

Leur voitur' fil'ra comm' le vent.

Mais, comme y aura pas d' chevaux par devant.

Les gens diront, d'un air railleur.

Que les ross's sont à l'intérieur.

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