Prononces Doc-Nieu. ^ Voir note page
158 AUTOUR OU TOWKIN
des chefs indigènes eux-mêmes avaient crié gare, ils ne pouvaient plus répondre des pc^ulations. M. Rougerie se crut plus fort que tous et, ne se fiant qu'à lui-mômB^ dédaigna les conseils dictés par l'expérience; il paya ses fautes de sa tète: que la terre lui soit légère I
Le gouvernement a reconnu ses torts; le choix de M. Vacle en est une preuve, et la confiance qu'il inspire à tous le justifie. Ces mêmes indigènes qui jadis payaient au Doc Ngu le soin de les venger, paient encore au même chef une dime, mais cette fois, c'est pour qu'il épargne Cho-Bo et tous ses habitants* La confiance n'entratne pourtant pas l'imprévoyance, et l'on n'a pas à craindre de paraître ridicule, lorsqu'on chaîne sa carabine ou arme ses revolvers avant de s'endormir... d'un œil.
Si l'on excepte les bandes du Doc Ngu, composées partie d'Annamites, partie de Chinois anciens Pavillons Jaunes du Phu-Yen, les mdigènes de Cho-Bo et des environs sont généralement tranquilles.
Nous sommes à la limite de deux r^ons d'administration absolument distinctes : au sud et à l'ouest, les Annamites soumis au savant régime
ACTOUR DU TONKIN !{$!>
communal de rAnnam ; au nord et à l'est, un ensemble de peuplades et de tribus différentes, désigaées sous le^nom deMuongsS qui ne s'applique partieulièrenaent à aucuns ; ces races sont p^Déralement placées sous le régime féodal. An* namiies et Muongs se rencontrent sur le marché de Cho-Bo, les premiers ayant, ainsi que leurs voisins k's Chinois, beaucoup plus d'aptitudes commerciales que les seconds ; c'est à peine si ceux-ci, en dehors des produits de leur culture ou de leur chasse, vendent quelques instruments de fer ou de mauvais 'COupe-coupes. Les gens du Delta semblent d'ailleurs afifecter le plus profond mépris à regard des hommes du haut pays ; le plus grand chef Muong mérite à peine, aux yeux de nos boys, qu'ils lui adressent la parole, et plus d'une fois nons serons obligés de les rappeler à des sentiments plus respectueux.
M. Vacle se fait un plaisir de nous donner les renseignements les plus intéressants sur les indii^oes, et il les connaît. Mais l'ethnographie n'est pas la seule science qui pourrait s'enrichir à Cho-Bo de documents nouveaux ; l'histoire natu-