‹ Autour du Tonkin (volume 2)Chapitre 27 sur 36 · ADTOL'R DU TON RI · texte numérisé non relu

ADTOL'R DU TON RI

mande; à peine puis-je reconnaître des traces du passage de M. Macey dans quelques bouteilles d'encre et des boutons de Paris.

Ce sont, avons-nous dit, des Chinois qui font venir et vendent ici les marchandises du Siam ou des États chans de l'ouest; les commerçants tenant l'article européen sont au nombre de quatre; Tun d'eux est protégé français; il me dit apporter lui-même son stock de Bangkok par Pitchal. A Taller, il descend de Luang-Prabang de rivoire payé douze roupies les douze cent^^ grammes, du benjoin quatre-vingts roupies les cent livres. L'année dernière, le même poids valait le double du prix; la cardamome quatrevingt-dix à cent roupies les cent livres; quant aux œrnes de cerf m&le, elles varient de prix : une paire est généralement payée trente roupies, huit à dix ticaux si elles sont petites. Mon interlocuteur m'affirme que le commerce va très mal et que c'est à peine s'il arrive à joindre les deux bouts.

Les monnaies en usage dans le marché sont : la roupie anglaise ; le tical siamoiî? ; la piastre ; les pièces indigènes en cuivre et en argent ayant la forme de pirogues; et les cauries enfilés en

chapelets comme des ligatures de sapèques ; elles viennent par la Birmanie ou le Siam, du golfe de Bengale. On me parle d'une pièce, frappée jadis dans la principauté de Nan, à l'origine de laquelle se rattacherait une légende curieuse : une reine qui gouvernait le pays, en quête d'un amanty se serait, en dépit de sa haute situation, vue impitoyablement repoussée de tous les hommes à cause de sa laideur ; pour se venger de ce dédain universel de la part du sexe fort, elle fit représenter en effigie une partie de son corps« voulant indiquer par là que, quelle que soit la beauté de leurs traits, toutes les femmes sont faites de même.

Dans le marché, certaines échoppes appartiennent à des commerçants déterminés ou sont retenues par eux; des emplacements marqués sont occupés par les mêmes industries ; on voit par exemple toujours au même endroit la réunion des potiers ; ceux qui tiennent boutique paient tous les matins un impôt de quelques cauries^ que des soldats collecteurs viennent recevoir ; les marchands ambulants qui circulent dans la rue sont libres.

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