LA PIRATERIE
Le pays n’est pas pacifié ; voilà le premier aveu que les gens responsables devraient faire, et ils pourraient en conv^enir sans rougir. Une colonie, quelle qu’elle soit, a-t-elle jamais été tranquille, aussitôt après avoir été soumise? bien rarement; je n’en veux pour exemple que l’Algérie, la Birmanie, on telle autre conquête faite par une puissance européenne. Et au ïonkin la piraterie est une plaie endémique existant bien avant notre arrivée. Lorsque la métropole sait à quoi s’en tenir, elle peut prendre les mesures nécessaires pour réduire le mal. La plus efficace sera de faire un effort énergique d’hommes et d’argent pour mettre fin au mauvais état des choses. Si elle n’agit pas ainsi elle aura continuellement des déboires et des désillusions; et, par petits morceaux, en plusieurs fois, elle arrivera à dépenser beaucoup plus qu’elle eût pu faire en une seule, sans atteindre au même résultat. C’est le système des petits paquets actuellement appliqué au Tonkin.
Ceux qui ont le devoir de tenir le Gouvernement au courant de ce qui se passe n’osent pas avouer la vérité, de peur qu’elle soit trop dure à avaler. C’est vraiment faire bien peu de cas de notre bon sens. Non seulement ils taisent la vérité, mais ils parlent contre. « Le Delta est pacifié », écriventils ou télégraphient-ils journellement.
Lettres ou dépêches cherchant à nous convaincre de la parfaite pacification du Delta, sont aussi fausses les unes que les autres ; elles s’appuient sur des désirs, non sur des faits ; les événements portés à notre connaissance suffisent à donner un démenti formel aux hautes personnalités qui, dans un but peut-être désintéressé et regardé à tort comme patriotique, cherchent à nous cacher la vérité ; il leur serait d’ailleurs aisé de nous fournir, si elles le pouvaient, une preuve absolue de leurs assertions. Qu’elles essaient de traverser seules sans escorte la région appelée Delta, de l’ouest à l’est ; il leur serait même inutile d’annoncer ce voyage; les pirates, si pirates il y a, sont bien informés ; le moindre mouvement leur est annoncé. Si, dans les conditions indiquées, le ou les voyageurs peuvent, sans encombre, arriver de Ninh-Binh à Kep et à Lang-Son
et de là redescendre à Quang-Yen, nous serons tous convaincus de la parfaite pacification du Delta, et moi tout le premier, serai beureux de retirer mes affirmations et même de faire des excuses. Jusque-là, il nous sera permis de mettre en doute la valeur des communications officielles optimistes dont nos journaux sont inondés.
Sur la piraterie et les moyens de la réprimer on pourrait écrire des volumes ; il faudrait aborder même des questions de pure économie politique, telle n’est pas notre intention. Il y aurait matière à trop de discussions ; nous devrions mettre en présence les partisans du régime militaire et ceux du régime civil, les partisans du protectorat et ceux de la conquête, les partisans de l’occupation du seul Delta, et ceux qui veulent les hautes régions.
Chaque théorie peut invoquer de bons arguments, et l’une n’exclut pas forcément l’autre.
C’est justement à croire pendant un temps un seul système bon, quitte à en changer ensuite pour prendre celui qui lui était diamétralement opposé, qu’a consisté notre premier tort; par là nous avons manqué d’unité et de suite; nous avons toujours trop penché d'un coté, défaisant
un jour ce qui avait été fait la veille, pour recommencer le lendemain. De ces oscillations mal équilibrées, la colonie a chaque fois souffert; ce que nous avons fait de mal a toujours servi nos ennemis; le bien nous a été peu profitable, parce qu’il s’ajoutait rarement à un bien passé, et qu’il restait isolé.
Le Tonkin a été conquis par les armes. Est survenue la mission Philastre dont les déplorables résultats ne sont pas à rappeler ici. Les généraux se sont succédé ensuite, appliquant dans le sens le plus dur du mot le système de la conquête. On avait été trop loin; d’un coup fut substitué le régime civil au régime militaire; la politique fut aussitôt nettement accentuée d’un autre côté; l’armée ne sut que faire. Ses instructions étaient souvent en opposition directe avec celles du gouverneur : dès 1888, M. Constans nous l’apprit à la Chambre. Pour arrêter le zèle considéré comme excessif des militaires, on défendit aux postes de faire aucune sortie sans permission accordée par le gouvernement civil, et aux indigènes de leur donner directement le moindre renseignement. Cet état de choses a été passager ; il avait pourtant amené l’enlèvement de plusieurs postes et la mort de
beaucoup de soldats. Plus tard, nous voyons l’organisation du pays se faire lentement, tant bien que mal, avec des hostilités momentanées entre civils et militaires, jusqu’à l’arrivée de M. de Lanessan. On semble alors content, la situation s’annonce meilleure; des routes sont faites, les territoires militaires, déjà demandés par M. Bonnal dans des rapports peut-être enfouis au ministère, sont enfin créés; Des colonnes se font dans le Dong-Trieu et le Yen-Tzé; la défense maritime est organisée; on peut croire que le Tonkin va être administré par un gouverneur plus intelligent que les précédents. Sautons quelques mois; que voyons-nous? des promesses non tenues, des demi-mesures, pas de continuité. Pour la formation des territoires militaires, les conseils des hommes expérimentés n’ont été suivis qu’en partie; leurs plans ont souvent même été perdus sans avoir été examinés. Malgré les avis formels du colonel commandant le territoire de la rivière Noire, la région comprise entre le flein e Rouge et son affluent de droite n’est réunie sous un môme commandement qu’a[)rès la prise du poste de Yen-Lang par le trop célèbre Doc Ngu. On supprime alors l’anomalie par laquelle les terres
comprises dans l’angle des deux rivières avaient trois directions différentes, dont une civile. Le chef pirate passait d’une région dans l’autre, et, poursuivi par une autorité, s’en tirait à bon compte chez l’autre. Pour que l’administration comprît la nécessité des mesures indiquées depuis longtemps par les hommes du métier, qui acculeront et mettront en fuite le Doc Ngu, il lui a fallu attendre le massacre d’un capitaine et de six hommes. Récemment, un autre territoire vient d’être disloqué; une partie a été détachée, le Thaï-Nguyen, pour être remise à l’autorité civile; nous expliquerons ailleurs le motif de cette mesure.
L’effectif des troupes est trop faible; on inquiète l’ennemi sans l’anéantir; et, lorsqu’on l’a mis dans un état critique, on l’abandonne, lui laissant le loisir de se reformer, tandis que nos efforts sont portés ailleurs. Cette manière de faire a pour conséquence d’annihiler les meilleurs résultats. Le public sait-il de combien de troupes européennes nous disposons au Tonkin? Sur le papier, huit mille hommes. En réalité, à peine trois mille pourraient être mis sur pied en cas de guerre. Tous les services accessoires : trains.
équipages, bureaux, plantons, administrations, sont faits par des hommes de combat. Qu’on ne se récrie pas sur les chiffres que je donne. Je ne puis que répéter les paroles de plusieurs officiers supérieurs; tous demandent des renforts, et, par un singulier phénomène, à mesure que l’armée réclame une augmentation de contingents, l'au' torité civile déclare que des réductions sont néces^ saires. Qui des deux a raison? Les événements se chargeront de nous l’apprendre.
Sur mer, une campagne bien menée semble avoir arrêté la piraterie; nous pouvions croire à la tranquillité assurée sur nos côtes; des postes avaient été établis sur divers points. Or, par une mesure incompréhensible, ils ont été subitement retirés, sans même que l’amiral ait été consulté; d'un coup, la division navale de l’Indo-Chine a été supprimée, le budget consacré à la réparation des canonnières a été affecté à un autre chapitre. Nous voilà donc désarmés de ce côté en même temps que, par un décret, les jonques indigènes ont obtenu la permission de porter des canons et des fusils à tir rapide.
En voilà assez sur ce sujet; je m’en voudrais d’avoir laissé courir trop vite ma plume; il n’y
a pas lieu d’anticiper ici plus longtemps sur les événements; la simple lecture des journaux a dû instruire suffisamment ceux qu’intéressent les questions d’Extrême Orient et qui ont souci de notre honneur national. Le rapprochement avec la cour d’Annam; la réconciliation amenée par le gouverneur de celle-ci avec le Kinh-Luoc, qui jusqu’alors s’était compromis pour nous; le dangereux armement d’une garde annamite à la disposition des mandarins; l’étrange discorde, due à certaines personnalités, entre civils et militaires d’un même pays, sont des faits trop graves pour passer inaperçus.
Depuis huit ans que nous gouvernons le pays, nous ne voyons qu’à-coups, que changements, que contradictions entre les lignes de conduite des différents gouverneurs et souvent entre les propres actes d’un seul. Doit-on s’étonner que la piraterie subsiste ? Non. Il faut au contraire trouver extraordinaire que la contrée soit encore relativement aussi tranquille ; nous sommes en présence de ces sémites, dont l’immobilité depuis des centaines d’années est pour nous un problème. Les Annamites en particulier ont subi, restant toujours les mêmes, bien des jougs, et ils se disent que les
Français, comme d’autres, plus même que d’autres, s’en iront à leur tour. Ils s’agitent et attendent.
Pour nous, il est grandement temps de savoir ce que nous voulons et ce que nous pouvons, de le dire bien haut et surtout de joindre la pratique à la théorie, en faisant les sacrifices nécessaires et en nous conformant invariablement à une même politique, dont les grandes lignes nous seraient indiquées par des gens d’expérience. Ceux-là ne manquent pas, mais sont peu consultés, parce qu'on craint leurs aveux, leur franchise, leur ténacité, leur courage, leur bon sens, les seules qualités dont l’application nous donnera plein succès dans l’œuvre entreprise au Tonkin.
Un gouvernement bien entendu du pays ne suffirait encore pas à la répression de la jiiraterie; il devrait, au dehors, être soutenu par une politique extérieure énergique ; nous devrions être craints de nos voisins : le Siam et la Chine ; il faudrait, au moins à Pékin, cpie notre nom inspirât le respect : tel n’est pas le cas. De l’autre côté de notre frontière orientale, ouverte et peu gardée, les pirates trouvent, sous la protection du gouvernement chinois, leurs anciens cliefs, des armes, de l'argent, des marchés où ils échangent
les femmes annamites contre l’opium dont ils font la contrebande chez nous ; ils engagent même, à titre de renfort, des réguliers chinois à un prix convenu. Cet état de choses, humiliant pour nous, n’a pas même l’excuse d’être inconnu de nos gouvernants. La résistance organisée du vice-roi de Canton a été dénoncée dès 1887 à la tribune ; elle n’a, depuis ce temps, cessé d’être signalée par les officiers chargés de la commission de délimitation ; elle a été ouvertement annoncée dans leurs écrits, par les Anglais au service de la Chine. Nous avons toujours été prévenus, et les avertissements ont été confirmés par des faits.
Qu’a fait le gouvernement français ? A des menaces de la Chine, il a invariablement répondu par des concessions, laissant à nos ennemis un trop beau jeu pour qu’ils l’abandonnent.
Est-il besoin de rappeler ici toutes les humiliations par lesquelles on nous a fait passer en Extrême Orient? Toutes les fautes commises depuis la conclusion des traités par l’intermédiaire des agents des douanes anglo-chinoises, qu’on décorait et qui se jouaient de nous, depuis la perte pour la France du protectorat des missions, depuis la violation, de la part de la Chine, de l’article 7 du traité
deTien-Tsin qui nous donnait les premiers droits à la concession des voies ferrées, depuis les cessions bénévoles de régions contestées à la frontière, jusqu’aux insultes prodiguées à notre ministre par le vice-roi du Petchili ? La mesure est pleine, il me semble : souffletés d’un côté et tendant l’autre joue, qu’attendons-nous de plus ? Des coups de pied, peut-être?
« La honte me monte au visage d’avoir été témoin de ce qui s’est passé, » me disait un officier revenant de la frontière qu’on cherchait à aborner : il venait de voir nos soldats injuriés, nos bornes arrachées par des Chinois qui crachaient dessus, notre drapeau insulté avec toujours même défense pour nous de répondre, même ordre formel de rester impassibles et de tout supporter.
A ceux qui me répondraient que l’empire chinois est grand, cjue les provinces éloignées du iiouvoir central ne lui obéissent pas, que le Tsung li Yamen n’est pas responsable de ce qui se passe au Kouang-Si, je répondrai d’abord que c’est faux; ce serait bien peu connaître la Chine que d’en ignorer ses procédés : sur une réclamation de notre ministre, deux ordres sont envoyés aux
inculpés : le premier, publié à grands sons de trompe, leur recommande de nous rendre justice; le second, secret, le seul valable, les encourage à continuer dans la voie où ils sont entrés. J’ai bien des preuves de cette manière de faire, elle est d’ailleurs bien connue de tous les voyageurs, de tous les missionnaires qui se sont trouvés en rapports directs avec les Chinois et qui ont regardé attentivement.
Mais en admettant même que Pékin soit impuissant à réprimer les désordres de ses provinces, qui nous sont préjudiciables, n’aurions-nous pas le droit, et le devoir de répondre : œil pour œil, dent pour dent ; la loi du talion est la seule qui parle aux barbares, la seule qu’ils comprennent.
« Pas d’affaires.» Voilà le mot d’ordre qui préside à notre politique extérieure. Tant que cet axiome sera imposé comme principe à nos agents en Extrême Orient, nous perdrons chaque jour un peu de notre prestige, jusqu’à ce qu’il soit réduit à rien. Et le temps n’est pas loin où il aura totalement disparu; nous pourrons alors, sans avoir le droit de nous étonner, nous attendre à tout de nos ennemis; le mal sera grand, et le remède dilficile et coûteux.
AUTOUK DU TONKIN
Avant d’en être réduits à des mesures extrêmes, il est nécessaire là, comme ailleurs, que toute la vérité soit connue ; ou cherchera alors les meilleurs moyens d’écarter le danger.
De la sincérité et un esprit de suite à l’intérieur, de l’énergie à l’extérieur, ce sont là les conditions absolument nécessaires pour la destruction de la piraterie.
J'ai dit plus haut que deux causes principales retardaient le développement de la colonie: la piraterie et l’administration, la première due parfois à la seconde.
l’administr.vtiox
L’Administration est trop nombreuse ; elle est mal composée, renferme trop de gens nuis ou incompétents ; on peut lui reprocher son ignorance et son humeur tracassière; loin d’encourager le colon, elle cherche à susciter des dilïicultés, elle arrête ou restreint ses moyens d’action; généralement née du favoritisme, elle le prati(|ue à son tour, et mécontente ceux qui obtiennent comme ceux qui sont repoussés.
Est-il besoin de donner des exemples? Tout
homme sérieux qui a été au Tonkin doit pourtant me comprendre.
Citerai-je cet employé envoyé de Paris par le sous-secrétaire d’État, refusé par le gouverneur général et obligé de rentrer après avoir fait supporter au budget les frais d’un voyage inutile ?
Dirai-je la pléthore de fonctionnaires grâce à laquelle certains doivent attendre des huit ou neuf mois, à Hanoï ou à Saigon, faisant une brèche inutile au budget, qu’une place leur soit faite?
Faut-il parler de la création de certaines fonctions, faites seulement pour donner un emploi à des protégés de sénateurs ou à des amis de députés?
Expliquera-t-on la nécessité des rouages compliqués de la machine administrative, de la longue hiérarchie de ses fonctionnaires depuis le petit commis de résidence, jusqu’aux vice-résidents, et résidents de première, deuxième et troisième classe? L’avancement scandaleux de certains d’entre eux au détriment des autres, sans raison apparente ?
Nous dira-t-on pourquoi certains ont pu exiger quarante mille francs de frais de transport là où un chef de poste n’en avait eu que six mille?
Montrerai-je les changements continuels des résidents? Veut-on connaître des localités qui ont eu cinq chefs européens différents en un an?
Je ne suis pas un pamphlétaire, et ne veux point le paraître; mais je conseille au lecteur désireux d’aller plus au fond des choses l’examen des journaux du Tonkin ou une simple éonversalion à cœur ouvert avec un colon. J’ai été à même de faire ce genre d’enquête continuellement et, pour ma part, je suis amplement fixé sur la valeur du système administratif. Malheureusement ce sont souvent les pirates qui se chargent de nous la faire connaître.
Si les changements à apporter dans le recrutement et l’organisation du personnel étaient inconnus, nous serions excusables; mais nombre d’entre eux les ont indiqués. M. Ilarmand dans sa traduction de l'Inde anglaise et la préface qui la précède, M. Chailley-Bert dans son livre sur la colonisation anglaise nous montrent ce que font nos rivaux; ils réussissent; pourquoi ne pas les imiter? Quoi d’humiliant à prendre à nos ennemis ce qu’ils ont de bon ? N’est-cc pas en se conformant à cette maxime que les Romains ont conquis le monde?
Ce n’est pas à dire qu’aucun de nos fonctionnaires civils au Tonkin ne soit instruit ni expérimenté ; loin de moi une telle pensée. Nous avons heureusement parmi eux quelques hommes d’une grande valeur; mais les changements continuels auxquels ils sont astreints et les bornes qui sont mises au déploiement de leur activité, ne leur permettent pas de faire profiter le pays de leurs qualités, comme ils le pourraient dans d’autres conditions.
Avant tout il faudrait ne pas considérer le Tonkin comme un lieu de débarras bon à caser tous les protégés de personnages influents à la recherche de places à donner. L’administration y est plus difficile qu’en France, à cause de son caractère spécial , à plus forte raison ne doit-on pas croire que tous ceux dont ne veut pas la métropole puissent convenir indifféremment à la colonie. Au contraire, le personnel destiné au Tonkin doit être recruté avec un soin particulier ; on lui demandera , outre l’instruc tion, de l’expérience, et de la vertu morale, des capacités spéciales Lorsqu’on aura rencontré chez un individu ces qualités nécessaires, il faudra lui laisser le moyen d’en donner la mesure.
en le maintenant un temps convenable à la même place.
Si bon qu’il soit, que voulez-vous que fasse un malheureux fonctionnaire, toujours sûr d’être prochainement déplacé ? Pourquoi chercherait-il à connaître ses subordonnés? Que lui servirait de créer une police, d’encourager des colons ou de faire des essais?
Lorsqu’il met trop peu de zèle à son œuvre, qui sera défaite demain, lorsqu’il pratique les théories du je m'en foutisme, n’est-il pas souvent excusable? La plus grande partie des torts ne lui sont pas imputables; ils viennent de plus haut.
Le fonctionnaire ne se sent pas soutenu ; n’ayant que peu d’appui, il ne trouvera pas d’énergie; sa conduite n’aura fait que confirmer une règle qui ne doit pas plus être oubliée en matière de colonisation qu’ailleurs : tel général, tel soldat.
Sans même aller prendre modèle chez les Anglais, nous avons une colonie qui longtemps a été admirablement administrée : la Gochinchine. L’organisation qui en a créé la prospérité est due à l’amiral de La Grandière. M. de Lanessan, dans un des chapitres de son livre sur l’Indo-Chine, nous expose les avantages de cette organisation
administrative et judiciaire; il nous signale les fautes commises depuis. Nous sommes en droit d’attendre de lui les mesures réparatrices cju’il jugeait nécessaires, entre autres la suppression du Conseil colonial, tel qu’il est organisé, et le rétablissement de cette admirable école des stagiaires dont les résultats nous étonnent encore.