‹ Autour du TonkinChapitre 25 sur 84 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Van- Bon. — Habitants de la région ; Thaïs, Mans, Méos. — Une ■visite aux Méos. — Excursions au gisement aurifère de Mo-Lou.

— Départ de Van-Bou. — Sur la rivière Noire. — Arrivée à Laï-Chau. — Deo Van Tri (son origine, — sa vie, — sa famille). — Excursions au plateau de Tafine (Les Sas, les Laos et les Yans).

— A Laï-Chau rencontre de MM. Massie et Gassouin. — Rapports avec Deo Van Tri. — Renseignements sur la contrée. — Départ.

Ayant séjourné plusieurs années au Tonkin, après avoir été à la Guyane, au Sénégal et à Madagascar, le colonel Pennequin a été mis l’année dernière à la tête du territoire militaire qui correspond à peu près au bassin de la rivière Noire. Nous sommes ici chez un administrateur hors ligne, les résultats obtenus nous étonnent à chaque pas. Partout en remontant la rivière et au delà jusqu’aux frontières laotiennes , nous trouverons son œuvre et les chefs indigènes se chargeront

eux-mêmes, chaque jour, de nous la mieux faire apprécier.

Pour nous c’est une chance de l’avoir rencontré; sa connaissance parfaite de la région et de ses habitants facilitera singulièrement notre voyage, et durant mon séjour ici je profiterai de la bonne hospitalité qui nous est oflerte et de l’accueil cordial qu’on nous fait, pour l’accabler de ]uestions ; c’est donc un simple devoir de reconnaissance que j’accomplis en priant le lecteur de bien vouloir reporter au colonel Pennequiu le mérite d’une bonne partie des renseignements que je vais exposer.

Situé jadis à deux jours de la rivière, à Son-La sur la rive droite, au milieu d’uue plaine plus élevée et plus saine, le poste a été récemment transporté ici dans une position plus centrale et de communications plus faciles. Les constructions en terre battue blanchie à la chaux, et portant un toit de chaume, sont assez distantes les unes des autres pour laisser à tous la plus grande liberté; elles comprennent les logements et mess du colonel, des ofiieiers, des sous-officiers, des agents des postes et télégraphes, les magasins et même un cabinet photographique. Les familles

des tirailleurs habitent dans des cases muongs sur pilotis; les portes de la palissade en bambou sont fermées le soir et des miradors permettent aux sentinelles de surveiller les abords.

Les installations ne sont encore que provisoires ; des briqueteries et des fours à chaux viennent d’être créés, et le temps est proche où sur l’emplacement des anciens logements s’élèveront des maisons de briques, plus hautes, plus spacieuses, plus saines. Deux jardins potagers bien irrigués approvisionnent la garnison de légumes frais et de salades ; des essais de cultures nouvelles y sont tentés ; les caféiers vont être plantés, et trois cents plants d’eucalyptus sortent déjà de terre.

En dehors du poste, un village indigène s’est établi; par sa position, Van-Bou est peut-être appelé à devenir un centre important. Pour attirer le monde, le colonel a dispensé les Annamites des corvées et de l’impôt de capitation les Chinois qui s’y fixent. Plusieurs commerçants tiennent déjà boutique ; des caravanes se rendent ici de Mong-Tse et de Mang-Hao, sans passer par Lao-Kaï ; elles apportent l’opium qu’elles vendent quatre fois moins cher que dans le Delta

(nous avons dit plus haut que la ferme d’opium n’a pas de contrôle au-dessus de Clio-Bo), et les bons résultats de cette liberté commerciale ne peuvent tarder à se faire sentir.

. Les mines sont nombreuses dans la contrée, les gisements aurifères sont célèbres ; nous tâcherons d'en visiter quelques-uns. Maintenant ils rapportent peu; depuis la guerre et la venue des Pavillons-Xoirs sur la rivière, les ouvriers chinois ont quitté le pays et ne sont pas encore revenus, et les races indigènes ne se livrent guère aux exploitations minières.

Au point de vue de la population, on peut diviser la contrée en trois zones limitées selon l’altitude : en bas, les Thaïs ; à mi-côte, les Mans; en haut, les Méos; toutes races ayant le plus profond mépris l’une pour l’autre.

Frères des Laotiens et des Siamois, cousins des Chinois, les Thaïs (hommes libres, ou laboureurs de la montagne, Pou-Thaï), se retrouvent sous les noms de Thou, Thou-jen, Pan, Paï, Shan, Lao, etc., disséminés sur un vaste espace dont les limites approximatives seraient : au nord le Su-Tchuen, à l’est le Kouang-Toung, à l’ouest l’Iraouaddy et au sud le Cambodge et le golfe de

Siam. Venus selon toute probabilité du nord, il y a bien des siècles, comme envahisseurs, représentant les débris d’un ancien empire, ils semblent avoir plus d’un point commun avec les races thibétaines et les tribus qui peuplent les rives du haut Mékong au-dessus du Yunnan. Ils ont un alphabet et, comme les Tibétains, écrivent de gauche à droite. Dans certaines de leurs légendes, je trouve des ressemblances avec des contes tibétains, le lièvre, par exemple, jouant chez les deux peuples le rôle malin du renard de nos fables.

Sur la rivière Noire, on distingue les Thaïs noirs et les Thaïs blancs, ces derniers occupant surtout la haute région depuis Van-Bou jusqu’à la frontière de Chine, à l’exclusion des premiers qu’on rencontre plutôt en dessous. Les différences d’ailleurs minimes se trouvent dans le costume, le patois et l’écriture ; notre interprète comprend les deux, mais prétend ne pouvoir lire les manuscrits des Thaïs noirs. Il est si paresseux, que je ne sais si je puis m’en rapporter à ses renseignements ou s’il évoque simplement ce prétexte pour s’éviter une besogne de plus.

Les Thaïs se mêlent parfois aux races autoch-

tones; en dehors même des caractères ethnographiques, cette facilité d’assimilation les distingue nettement des Annamites, plus orgueilleux et moins façonnables. Des colonies annamites fondées sur le Mékong, il y a soixante ans, n’ont rien pris à leurs voisins les Laotiens^ mais sont toujours restées mêmes; les Chinois, au contraire, établis dans le Tonkin, se façonnent et se transforment au contact de la race dominante.

Les Thaïs vivent sous un régime assez doux; on compte trois unités administratives; en commençant par en haut ; le chau, ou canton ; le sa ou commune; le som ou hameau.

Chaque année l’assemblée des notables du som partage les terres à cultiver entre les habitants, déterminant le lot de chacun, suivant les moyens dont il dispose, les bras qu’il peut utiliser, le travail qu’il donne, le nombre de butïles qu’il possède; si des contestations surgissent, on en réfère à trois magistrats pris au choix. Le partage des terres réglé, la production n’est pas divisée; chacun peut jouir librement de ce qu’il a obtenu. Les chefs ont un lot plus im[iortant et emploient une partie de la population à leur service. S’ils grugent un peu leurs ouvriers, en

revanche, ils ont des greniers, font des provisions et nourrissent les laboureurs qui, ayant vendu trop tôt leur récolte, se trouvent privés de leurs moyens d’existence. Ce système a l’avantage d’égaliser les fortunes; il produit rarement la richesse individuelle, mais évite les misères.

Chez les Thaïs de cette région la religion n’est pas nettement caractérisée. Plus haut nous trouverons des tendances bouddhistes, importées de Chine ou de Birmanie. Ici rien de précis; ni divinités, ni pagodes, ni livres, ni prêtres; le culte des ancêtres d’un côté, et de l’autre la croyance aux esprits, qui personnifient les forces de la nature, les maladies, en un mot les causes ignorées de phénomènes tangibles. N’en est-il pas généralement de même dans les religions primitives et sur quelque point du globe que nous nous transportions, ne voyons-nous pas le surnaturel naître de l’inconnu et se confondre avec lui? Les esprits sont combattus ou invoqués par des bâtonnets odorants, des offrandes, de petits autels élevés sur quatre poteaux et tapissés de papier rouge, des ornements sur les maisons, des triangles ou des carrés en bambous, et le recours aux sorciers. Ceux-ci ont une

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grande influence. Souvent au nombre de deux, ils représentent l’un le principe du Bien et l’autre celui du Mal; ils doivent alors éviter de se rencontrer, et si malgré les précautions prises ils se trouvent en présence, ils lutteront l’un contre l’autre ; si le combat n’amène pas de sang, c’est un mauvais présage. Parfois on les invite tous deux à une cérémonie; l’im reste alors à l’extérieur pendant que l’autre se tient dans la maison et vice, versa.

Généralement les morts sont brûlés sur un bûcher, dont un petit autel de bois marque ensuite la place; les cendres, enfermées dans un pot, sont enfouies dans quelque lieu éloigné auquel mène un sentier détourné.

Devant continuer notre voyage parmi les Thaïs, nous aurons à parler quotidiennement de leurs habitations, de leurs ressources, de leur manière de vivre. Les détails que je pourrais donner sur ces sujets trouveront place au cours de mon récit.

Quant au ^fans, je les ai peu rencontrés; habi-

tant des localités souvent éloignées l’une de l’autre, ils sont peu nombreux entre le fleuve Rouge et la rivière Noire. Leur type se rapprochant de

celui des Mois, et leur costume, surtout celui des femmes, les distinguent pourtant nettement des autres races : leur origine est-elle thibétaine comme on l’a dit? Le problème n’est pas résolu; ils semblent, comme d’autres, être venus des plateaux du Nord.

Plus récente, peut-être, a été l’invasion des Méos. Les Miao-tsé, ains^i qu’on les appelle en chinois, avec leurs frères les Yaos et les Lolos, occupent encore les sommets du Yunnan, du Su- Tchuen,et même du Kouang-Si, jusqu’au Kouan- Toung qui, selon certains auteurs, serait le berceau de leur race. Ce sont des montagnards grands, aux formes élégantes, à la démarche ferme, facilement reconnaissables de loin. Leur figure est ouverte, blanche, énergique. De caractère gai et d’humeur généralement pacifique,' ils ont été, en Chine, refoulés sur les hauteurs par les conquérants du sol ; ils se vengent en faisant des incursions dans les vallées, d’où ils essaient en vain de chasser ceux qui les ont dépouillés. Les Chinois les traitent de barbares, nom générique qu’ils accordent d’ailleurs à tous ceux qui n’appartiennent pas à l’estimable race des porte-queue. Dans le Haut-Tonkin, les Méos sont tranquilles

et vivent en bonne intelligence avec les autres populations, en évitant le plus possible tout contact étranger. Rarement descendent-ils dans la plaine pour les besoins du commerce ou des échanges ; ils se suffisent à eux-mêmes et prétendent que l’air d’en bas est empesté et les lue. Divisés en plusieurs tribus d’après la couleur de leurs vêtements, ils paient aux chefs de canton un impôt minime par l’intermédiaire de leurs chefs. Nous les ferons mieux connaître au lecteur en lui proposant de nous suivre dans un village méo situé derrière Van-Bou„

Le lieutenant Didelot veut bien nous servir de guide dans cette excursion, qui se fait (aller et retour) en une journée ; mais la montée est rapide et fatigante. A une certaine hauteur, les flancs des collines sont débroussaillés. On y cultive le riz de montagne gluant, il n’exige ni irrigation ni aucun soin particulier ; la cendre des bois brûlés sert d’engrais à la terre; d’adleurs, les indigènes ne le sèment pas deux fois de suite sur le même espace.

Bientôt nous entrons dans les nuages, pour en ressortir presque aussitôt et ne plus voir à nos pieds qu’une mer blanche s’étendant à

perte de vue d’où émergent quelques sommets dénudés. Encore un dernier raidillon dans la terre rouge, et nous sommes arrivés. Le col où nous nous arrêtons a onze cent cinquante mètres d’altitude ; les sommets les plus élevés en ont mille huit cents ; je trouve des bambous poussant encore ici, et des conifères assez semblables à nos sapins.'

Des deux côtés du col, quelques cases en bois, se dressant de terre et recouvertes de chaume, abritent des familles méos. On compte ici environ quatre-vingts habitants, bien qu’à nous ils ne s’avouent être que trente-cinq; ils craigneTit que nous ne venions pour vérifier l’impôt.

A notre arrivée, tout le monde vient à notre rencontre. A première vue, la race semble belle et forte, surtout à qui vient du delta du Tonkin . Les hommes, généralement grands, ont la figure blanche, ouverte, les- yeux peu fendus ; le nez, souvent busqué, se détachant nettement entre les yeux; les pommettes saillantes, la bouche petite, les dents blanches, le menton bien fait et énergique * ; leur démarche est assurée : en

1. Ils ont une dolichocéphalie prononcée, au contraire des autres peuples de l’Indo-Chine, généralement brachycéphales.

posant le pied, ils semblent s’arrêter un moment pour mieux l’appuyer ; on reconnaît là des gens habitués à courir la montagne. Les femmes, plus petites, sont gentilles ; leurs bouches s’entr’ouvent en un sourire continuel C{ui laisse voir une rangée de belles dents blanches ; leur nez est presque droit, leur menton fin, tout le bas de la figure d’une régularité parfaite et les yeux juste assez fendus pour indiquer qu’ils sont enchâssés dans des visages orientaux. Séduisantes et gaies, elles ont un cachet à part et reposent agréablement de la vue des Annamites et des Thaïs du bas.

Par leurs costumes, comme par leurs types et leurs coutumes, les Méos me rappellent beaucoup les Lolos que j’ai rencontrés au Su-Tchuen. Chez les hommes, même manière de ramener les cheveux en avant qui, là-bas, les fait surnommer des missionnaires les licornes ; ici, ils entourent cette coiffure d’un turban noir ; même petite veste flottante gros bleu, même pantalon large ; chez les femmes, même jupon très plissé, si caractéristique que je n’ai vu nulle part ailleurs; leur veste croisée par devant, serrée par une ceinture et portant derrière un grand col marin

se retrouve dans les montagnes qui avoisinent Yunnan-Fou. Tandis que les messieurs ont les jambes nues, les dames entourent leurs mollets de bandes gros bleu lorsqu’elles sont en tenue d’apparat. Les chefs, en grand costume, ont des babouches, le pantalon ordinaire, un petit tablier de plusieurs couleurs, une ceinture étroite faisant plusieurs tours et laissant pendre ses franges de côté, et sur la poitrine un carré d’étoffe brodée. Plus voyants et plus variés que ceux des Thaïs, ces vêtements sont très pittoresques ; les couleurs dominantes sont le blanc et le gros bleu. On emploie un T rocedé fort ingénieux pour obtenir sans broderie les dessins les plus variés : sur une étoffe blanche, par exemple, au moyen d’un petit instrument de cuivre on trace à la cire les arabesques voulues ; ainsi enduite, l’étoffe est plongée dans un bain de teinture, puis lorsqu’elle est colorée, mise oans l’eau chaude qui fond la cire et découvre les dessins.

Peu de bijoux : des boucles aux oreilles des dames, et, chez les hommes, autour du cou un cercle d’argent auquel ils attachent un grand prix. Nous ne pouvons en acheter ; s’ils s’en séparaient, nous disent-ils, ce serait pour eux la mort rapide.

On nous fait ici bon accueil; les officiers sont connus et la population n’est pas défiante ; aussi nous laisse-t-on tout visiter librement et répondon volontiers à nos questions.

L’intérieur des huttes est assez sale. Des nattes tressées posées sur quatre piquets servent de lits; dans un coin, pn grand plat de cuivre, venu de Lao-Kaï, sert à préparer le repas des cochons; ces animaux sont nombreux ici et d’une autre race que ceux du Tonkin. Au plafond sont suspendus des épis de maïs et de millets; je vois aussi du riz, et, dans des cuves, des grains de maïs et des larmes de Job dont on lire une mauvaise eau-de-vie. Les Méos tissent avec un métier très simple le chanvre qu’ils cultivent ; font du papier avec de la paille de riz; travaillent le fer avec une forge primitive, fane d’un tronc d’arbre creux bouché avec du ciment, dans lequel un piston déplaçant deux peaux joue le rôle de soufflet. Près de leurs cases, des greniers à maïs sont élevés sur quatre piquets pour être à l’abri des animaux ; sur des cordes sèchent des feuilles de tabac; leurs jardins sont entourés de petites palissades et bien tenus ; on y voit quelques arbres fruitiers : un pêcher, un mandarinier.

Plus industrieux que les Muongs, ils font des seaux en bois cerclé qu’on porte avec une sorte de crochet placé sur le prolongement d’une des planchettes; ils ont des houlettes, des bêches, des sarcloirs.

Le maïs est moulu dans une meule de trois pierres ; celle du milieu est percée de part en part, en son axe, d’un trou par où passe le grain; et elle tourne au moyen d’un excentrique de bois qu’on n’a qu’à pousser ou tirer.

Comme armes, des fusils à crosses plus courtes encore et à canons plus longs que ceux des Thaïs. Tls ont aussi des arcs à gâchette, sortes d’arbalètes. On me montre comment sont tendus des pièges aux grands animaux au moyen de deux arcs posés horizontalement sur des bambous, l’un servant de déclanchement à l’autre ; une ficelle, tendue sur le passage de l’animal, met tout le système en mouvement. Les flèches sont courtes, la pointe de fer enduite à sa base d’une résine qui, nous dit-on, est un poison violent.

Les hommes chassent, fument, boivent, et laissent les travaux du ménage aux femmes, qui n’ont pourtant pas l’air trop malheureuses. Elles portent les fardeaux dans une hotte de bambous

liÉos DE VAN-iiOU. Chef et femmes en grand costume.

tressés, maintenue sur les épaules au moyen de bretelles. Les Kas, qui se servent de hottes également, prennent la nuque pour point d’appui en employant un bandeau maintenu sur le front. Marcheurs extraordinaires, les Méos trottent dans la montagne comme des chèvres ; mais il ne faut pas gêner leurs habitudes; veut-on se servir d’un convoi de coolies, on doit diviser les fardeaux de façon qu’ils puissent les placer dans les hottes ; ils ne savent pas porter à deux au moyen d’un bamhou.

Au point de vue intellectuel, ils ne semblent guère avancés; leurs traditions remontent à soixante ans lorsque, poussés par la famine, ils ont quitté les montagnes du Yunnan ; euxmêmes se prétendent divisés en Méos blancs et Méos noirs. On peut rapprocher ces groupements de la distinction analogue des Lolos du Su-Tchuen (os hlancs, os noirs).

Leur dialecte, dont un officier, M. Tralboux, a bien voulu me communiquer un vocabulairef semble différer fort peu de celui des Méos du ïra- Ninh dont j’ai pu relever quelques mots; mais je ne trouve aucun rapport entre leur langage

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