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PREFACE XV

de l'Europe par ses flottes et par sa politique. Le contraste avec la situation présente criait assez haut pour que mon guide, doué de prudence comme tous les Italiens, eût besoin de le mettre en saillie. J'avoue que, ne me sen tant pas tenu à la même réserve, je laissai deviner plus d'une fois les sentiments qui m'agitaient. Ce ne fut jamais sans rn'attirer un signe de mécontentement de mon Cicérone, qui me désignait, du coin de l'œil, un louche personnage marchant à quelque pas derrière nous.

La défiance italienne n'était que trop fondée. Le lendemain matin, mon maître d'hôtel me remettait mon passeport avec un visa de départ dans les 24 heures. Naturellement, j'eus hâte d'aller trouver mon jeune avocat, pour lequel seul je pouvais craindre. Un fur de police venait de tout bouleverser chez lui. Nous nous embrassâmes avec émotion, et nous n'étions pas loin de croire que nous avions conspiré ensemble. Comme je lui répétais avec émotion mes vœux ardents pour la délivrance et la grandeur de Venise: Tempi passati, me dit-il avec une inoubliable expression de douleur et de fierté, altri tempi !

Nous nous étions bien promis de nous écrire et je pris même note d'une adresse à

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