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XIV PRÉFACE

nison à Venise, ce n'était pas du consentement des Vénitiens. Du palaisà l'échoppe, du café Florian à la moindre buvette, tout endroit où le dur vainqueur était reçu se voyait aussitôt frappé d'interdit. Une marchande de bouquets qui aurait fleuri la boutonnière d'un officier teclesco eût risqué d'être jetée au canal. La place Saint-Marc, ce salon de la vieille République, était abandonnée aux Allemands, même aux heures où ils y faisaient entendre d'excellente musique. Un gamin qu'on se montrait en secret, avait eu la témérité de grimper une nuit sur le grand mât en face de Saint- Marc, pour arracher le drapeau des Hapsbourg et faire flotter les couleurs italiennes. Du côté des vainqueurs, une surveillance provocatrice, un espionnage répugnant répondaient à ces mauvaises dispositions de l'esprit public. Tout voyageur, tout Français surtout devait en arrivant se présenter à la Commandature pour déposer son passeport et pour recevoir, après un minutieux interrogatoire, son permis de séjour.

Un matin, nous nous étions donné rendezvous avec mon nouvel ami, dans la galerie du palais des doges. J'entendis là, portrait par portrait, une histoire enthousiaste de ce petit état qui fut si longtemps un des premiers

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