VIII PRÉFACE
Comitatu, disent nos auteurs, sed non de Comitatu. Ainsi d'Avignon et du Comtat, vis-à-vis de leur puissant voisin ; nous étions en France, mais sans faire encore partie de la France.
Jamais les Orangeois, du temps des Nassau, ne se sont crus Hollandais. Jamais les Avignonnais, du temps des Papes, ne se sont laissé dire Italiens. Qu'étaient-ils donc ? Ou plutôt que prétendaient -ils être ? Français.
Le moyen âge qui, par haine de l'unité romaine, se plaisait à multiplier partout les petits États, en avait laissé deux dans cet étroit coin de terre, encastrés l'un dans l'autre et n'ayant d'accès que par le territoire français. Orange, le plus ancien des deux, dont ses monuments seulsrévèlent l'importance à l'époqueromaine, eut plus tard une longue série de comtes, dont plus d'un se rendit célèbre par ses grands coups d'épée contre l'invasion des Sarrasins, et, plus tard, aux croisades, mais dont le nom est resté contesté. Ce n'est guère qu'à la fin du douzième siècle que les princes remplacèrent les comtes et que la maison des Baux régna la première sur la principauté. Après la plus illustre des grandes familles de Provence, vinrent, par droit héréditaire, la dynastie des Chàlon, de Bourgogne, puis la dynastie des Nassau, qui ne fut dépossédée en droit que par