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PREFACE IX

le traité d'Utrecht, mais qui l'avait été en fait, à la mort de son dernier prince, Guillaume III, roi d'Angleterre.

On ignore moins, en général, que le Comtat- Venaissin, qui relevait des comtes de Toulouse, fut cédé au Saint-Siège, après la croisade contre les Albigeois, et que la ville d'Avignon fut vendue, un siècle après, par Jeanne reine de Naples et comtesse de Provence, au pape Clément VI.

Ce qui paraît difficile à expliquer, c'est la longue durée de ces deux petits États qui coupaient, dansle sud-est, l'unité de la France et qui n'avaient à l'indépendance d'autre titre que la foi des traités. Est-ce que réellement c'était là dans la vieille Europe une raison qui dispensait d'en donner d'autres? Estce que la fidélité à la parole donnée, le respect des droits acquis, la tolérance envers h faible, étaient alors, plus qu'aujourd'hui, la règle et l'honneur des grandes puissances? Nous inclinons à le croire, quant à nous, en dépit des monstrueux abus de la force qu'on pourrait nous citer. Même à Berlin, même sous Frédéric II qui mérita d'être applaudi par Voltaire pour s'être montré un maître dans l'art de tromper, on se serait bien gardé de proclamer que la force fait le droit.

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