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ET L'ADRIATIQUE

La frontière au stro- italienne.

Depuis cinq ans, l'Autriche améliore constamment sa situation militaire dans le Sud-Ouest de l'Empire.

D'une façon lente mais ininterrompue, elle renforce les troupes de la frontière italienne ou des côtes adriatiques. Elle spécialise certains bataillons pour la guerre dans les Alpes. Les fortifications sont améliorées. De nouveaux forts, de nouvelles voies ferrées se construisent. Des manœuvres permettent, presque chaque année, d'éprouver l'organisation militaire de la frontière ou des côtes et d'en corriger les imperfections.

(( Il n'est nullement exact, a déclaré, en juillet 1907, le Berliner-Tagblatt^ d'après une information de bonne source (1), que, comme l'affirment les journaux italiens, les armements de l'Autriche constituent une menace ; dans le régime actuel de paix armée, cet état est tout à fait normal ; le pessimisme et la malveillance peuvent seuls voir dans ce fait une menace. » Cependant, le Militàr-

(1) Cité par la Neue Freie Presse, de Vienne, le 16 juillet 1907.

Wochenblatt, de Berlin, fait ressortir (1) que le vote par le Parlement italien, au mois de juin 1907, de crédits extraordinaires pour les fortifications du Nord-Est, « témoigne de nouveau de Finquiétude des milieux militaires italiens de voir la Yénétie presque sans défense dans le cas d'une guerre toujours possible entre l'Italie et TAutriche- Hongrie, et de leur crainte de laisser cette province tomber, sans coup férir, entre les mains des troupes autrichiennes. De son côté, ajoute le journal allemand, l'Autriche cherche à compléter rapidement l'organisation de ses corps de montagne, créés en 1906, pour avoir une troupe analogue aux excellents alpins italiens. »

Si, comme le dit le Berliner-Tagblatty les armements autrichiens ne sont pas une menace, ils sont tout au moins une précaution .

De la Suisse aux Alpes Juliennes près de Tarvis, la frontière austro-italienne court à travers une zone montagneuse où l'altitude varie entre 3,500 et 2,500 mètres. Les vallées, sauf celle de l'Adige, se prêtent peu aux mouvements de troupes nombreuses. Une cinquantaine de kilomètres de terrain très accidenté séparent la frontière de la plaine lombarde ou vénitienne.

Des Alpes Juliennes au golfe de Trieste, les montagnes s'abaissent. Entre Gôritz et Laibach, l'altitude moyenne est de 1,000 mètres. De plus, aux environs de Yillach, de Klagenfurt, de Laibach, les vallées s'épanouissent en bassins assez larges, qui offrent des ressources pour la subsistance et le cantonnement d'effectifs importants. La moyenne et la basse vallée de l'Isonzo, Gôritz, Trieste, ne sont séparés de la frontière que par

(1) il juillet 1907.

des collines peu élevées. Enfin, depuis Canale, sur le haut Isonzo, jusqu'à la mer, il n'y a plus de zone montagneuse à traverser, au delà delà frontière, en territoire italien.

La nature divise donc cette frontière en deux secteurs distincts. Le premier, couvert de hautes montagnes, s'étend de la Suisse aux défilés deCarinthie; le second, beaucoup moins accidenté, de ces défilés au golfe de Trieste.

Le premier secteur est constitué par le Tyrol méridional ou Trentin. Vers l'Est, il est relié à la Carinthie le long de la frontière vénitienne, par le long couloir du Pusterthal, et vers le Nord, au centre de l'Empire, par le col du Brenner.

Sur le front occidental du Trentin, entre le Stelvio et la vallée de l'Adige près du lac de Garde, trois routes seulement franchissent la frontière, celles du Stelvio, du Tonale, des Giudicaria, Entre elles, les glaciers de rOrtler, de l'Adamello, rendent l'accès fort difficile. Sur le front oriental, entre l'Adige et le col de Kreutzberg, le terrain est plus praticable. Les altitudes sont moins élevées, les routes plus nombreuses, en particulier dans les Alpes Dolomitiques, entre la Piave, le Pusterthal et l'Adige. Dans la région de Cortina d'Ampezzo convergent les routes qui relient ces trois vallées.

Au Sud du Trentin, la vallée de l'Adige, fertile, large, en certains endroits, de plus de 4 kilomètres, pénètre au cœur même du Tyrol. De tout temps, elle a joué un rôle considérable. Elle conduit à Trente, un des objectifs de l'irrédentisme italien.

Entre le col de Kreutzberg et celui de Tarvis, les Alpes Carniques élèvent une barrière haute de 2,000 à 2,500 mètres. Elle n'est, actuellement encore, traversée par aucune route carrossable.

Au Sud des défilés de Carinthie — cols de Tarvis et de Predil — la vallée de l'Isonzo longe, du côté autri-

chien, la frontière de très près. Si l'altitude de celle-ci ne descend guère au-dessous de 1,600 mètres jusqu'aux environs de Tolmein, au Sud de ce point, elle diminue très vite. A hauteur d'Udine, elle n'est plus que de 800 mètres, Près de Gôritz, le pays est complètement plat. Là, six routes traversent la plaine, entre l'Autriche et l'Italie, sur un front Nord-Sud de 30 kilomètres.

Cette partie de la zone frontière est celle qui est la plus favorable aux mouvements de masses nombreuses.

Isolé du reste de la monarchie par des montagnes hautes de plus de 3,000 mètres, le Tyrol est, par rapport à l'Autriche-Hongrie « ce que les extrémités sont pour le corps humain. A l'exception d'un étranglement en forme de col, qui, mesuré à vol d'oiseau, compte seulement 100 kilomètres entre Berchtesgaden, à la frontière allemande, et le col de Plôcken, dans les Alpes Carniques, il est partout entouré de pays étrangers. Cet étranglement est le seul lien du Tyrol avec les autres États de la couronne. A travers cette sorte d'isthme passent les deux principales artères du Tyrol : au Nord, la voie ferrée et la route qui empruntent la vallée de la Salza et, par le col de Thura, la basse vallée de l'Inn ; au Sud la voie ferrée et la route qui, par la vallée de la Drave et le Pusterthal, établissent la liaison avec l'intérieur de l'Autriche. Entre ces deux communications de fond de vallée, s'élèvent des massifs de hautes montagnes, difficilement franchissables (1). »

L'Autriche pourrait, à la rigueur, utiliser une troisième voie ferrée, celle qui passe sur le territoire allemand, entre Salzbourg etKufstein, par Rosenheim, mais les deux voies ferrées de la Salza et du Pusterthal sont les seules sur lesquelles elle puisse compter d'une façon

(1) Alilitdr Zeitung, 22 et 30 juillet J906.

certaine pour amener dans le Trentin, en temps de guerre, les troupes, les munitions, les vivres, le matériel nécessaires.

Or, si, dans le cas de difficultés avec l'Italie, la voie de la Salza est absolument à l'abri de toute tentative, il n'en est pas de même de celle du Pusterthal. Celle-ci est très proche de la frontière italienne, — 10 kilomètres l'en séparent entre Toblach et Innichen. Elle est, par suite, très exposée aux surprises, qui peuvent couper brusquement une des deux lignes de ravitaillement du Tyrol.

Le tracé de la frontière, après la guerre de 1866, a porté ainsi les Italiens à très petite distance d'une des deux « artères » du Tyrol. La situation serait donc assez délicate pour la défense de ce pays, relié au reste de la monarchie par une seule ligne ferrée sûre, si, par contre, ce tracé ne procurait à l'Autriche certains avantages sur son voisin du Sud.

Suivant l'expression d'un député italien, la forme enveloppante de la frontière méridionale autrichienne enfonce le Trentin « comme une dent au cœur même des chairs italiennes». De plus, la possession par l'Autriche des cols et des vallées supérieures les plus importantes du versant italien, Chiese, lac de Garde, val Sugana, val d'Ampezzo, etc. . . , rend bien difficile une attaque italienne dans la direction de Laibach par Gôritz ou de Klagenfurt par Tarvis, si elle conserve, sur son flanc gauche, la menace des troupes du Tyrol.

Si l'Italie a, par la guerre de 1866, acquis la Vénétie, le tracé de la nouvelle frontière lui a donné moins d'avantages qu'à l'Autriche.

D'une part, la défense de la zone alpine italienne est plus délicate à organiser, puisque l'x^utriche occupe dès le temps de paix, la tête des vallées principales.

De l'autre, les obstacles naturels du terrain, la forme de la frontière, entre la Suisse et les défilés de Garinthie,

permettent à l'Autriche d'économiser ses forces dans ce secteur, pour reporter la masse de ses troupes sur risonzo et, là, prendre une offensive énergique, avec des corps rassemblés sur un terrain peu étendu et de parcours facile.

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5î« HS CORPS AUTRICHIENS

Les préparatifs autrichiens. — Les troupes.

Deux corps d'armée, le 14^ (Innsbrûck) et le 3® (Graz) bordent la frontière italienne. La défense des côtes est assurée, en Istrie, par une partie du 3® corps, en Dalmatie, jusqu'à la frontière monténégrine, parles troupes du « commandement militaire de Zara ». Celles-ci représentent à peu près la valeur d'une division mixte.

En 1902, les corps de la frontière ou des côtes comprenaient :

96 bataillons;

27 escadrons;

48 batteries;

11 compagnies de pionniers ;

14 escadrons du train (1).

Les premières augmentations d'effectifs datent de 1903. Mais on créa seulement, au cours de cette année, dans le

14e corps

3« corps

Division de Dalmalie.

ÎATAIL-

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