détachements de mitrailleuses
4 escadrons du train de montagne.
Les préparatifs autrichiens. — Les fortifications.
Le système de fortifications, adopté par l'Autriche sur la frontière italienne, s'est naturellement inspiré des dispositions caractéristiques des deux grands secteurs de cette frontière, si différents par l'étendue et par l'aspect du terrain.
Entre la Suisse et la haute vallée de l'Isonzo, dans la région montagneuse, des ouvrages barrent, souvent très près de l'Italie, les routes qui viennent de la Lombardie ou de la Yénétie.
Depuis la haute vallée de l'Isonzo jusqu'au golfe de Trieste, dans une région d'abord moins accidentée, puis complètement plate, aucune fortification n'existe.
Dans le premier secteur, le front occidental est rendu très fort par la nature. Aussi les ouvrages du Stelvio, du Tonale, du val Giudicaria ont-ils été peu perfectionnés.
Sur le front oriental, les routes sont, au contraire, plus nombreuses. Entre l'Adige et le col de Kreutzberg, elles conduisent des zones italiennes de rassemblement dans le Tyrol autrichien, — soit de Pieve di Cadorc dans le Pusterthal, — soit de la Pieve et de la Brenta dans la vallée de l'Adige. Les fortifications élevées sur ce front ont dû, par conséquent, être plus sérieuses. Ce sont les barrages de Tresassi, Pieve, Moena, Paneveggio, reliés entre eux par une route pourvue de nombreux ouvrages d'art, le barrage de Levico, dans le val Sugana, celui des Fugazze, plus au Sud. « Ces barrages
sont cuirassés et puissamment armés. Chacun d'eux comprend un ouvrage de vallée et un ouvrage dominant, pour le combat éloigné (1). »
Au Sud du Trentin, la dépression du lac de Garde est défendue, à la frontière même, par les ouvrages de Riva. En 1905, ils ont été organisés en un groupe doté, dès le temps de paix, d'un commandement unique. L'action de ce groupe peut s'étendre sur la plaine de FAdige, à 10 kilomètres à l'Est de Riva.
A 30 kilomètres plus au Nord, la vallée de l'Adige est barrée par la place forte de Trente.
Entouré de forts cuirassés et de batteries casematées, Trente est devenu, dans ces dernières années, un camp retranché de premier ordre. C'est le réduit de la défense du Tyrol méridional.
Au Nord de Trente, Franzensfeste défend les débouchés du Pusterthal et du Brenner dans le haut Adige.
Les fortifications du Tyrol méridional consistent donc essentiellement en une suite de forts de barrage, séparés par des montagnes les uns des autres, sur les routes venant de l'Italie. Plus solides à l'Est qu'à l'Ouest du lac de Garde, ils ne sont réunis en groupe qu'au Sud du Tyrol, à Riva. Au centre du système, une grande place, Trente. Plus au Nord, un ouvrage isolé, Franzensfeste.
Entre le col de Kreutzberg et celui de Tarvis, aucune route carrossable ne traverse la frontière, constituée par l'arête presque continue des Alpes carniques, haute de plus de 2.000 mètres. Les obstacles du terrain ont si sérieusement fortifié ce front qu'aucune défense artificielle n'est venue s'y ajouter.
Aux défilés d'e Carinthie, les ouvrages de Tarvis, organisés en groupe depuis 1904, interdisent l'accès des vallées de la Save et de la Drave par celle du Taglia-
(1) Militdr-Wochenblatt, 11 juillet 1907*
mento. En même temps, ils assurent le flanc droit d'une concentration exécutée vers Gôritz et fournissent une base solide pour des opérations offensives dans le flanc gauche d'une armée italienne qui marcherait d'Udine sur la Garniole.
(( Tarvis a une importance particulière comme nœud de routes. Du Tagliamento moyen et d'Udine, une route et une voie ferrée établissent la communication la plus directe sur Vienne, par la vallée de la Fella et Tarvis, vers la vallée de la Drave et Villach. Une autre route relie Udine, soit à la vallée de l'Isonzo par le col de Predil, soit à Goritz et Laibach par Wurzen, menaçant ainsi le flanc et les derrières des forces austro-hongroises déployées dans cette région (1). » A l'Ouest de Tarvis, un ouvrage cuirassé, le fort Hensel, a été construit dans la vallée de la Fella, pour barrer la route et le chemin de fer de Pontebba. Pour empêcher un mouvement tournant par l'Isonzo, on a ajouté aux vieilles fortifications de Predil et de Flitsch des forts munis de coupoles tournantes, de casemates cuirassées et de canons à tir rapide sous cuirasse (2).
Au Sud des ouvrages de Tarvis, jusqu'à la mer, l'Autriche n'a édifié aucune fortification.
Dans sa constitution générale, ce système n'a pas subi de modifications au cours de ces deux dernières années. Toutefois, de sérieux perfectionnements de détail y ont été apportés.
Les journaux de la Péninsule observent maintenant avec une attention particulière l'activité militaire autrichienne sur la frontière.
En 1907, ils avaient déjà signalé quelques projets de nouveaux ouvrages autour de Trente (3).
(1) Militàr-Wochenhlatt, 11 juillet 1907.
(2) LobelVs Jahresberichte, 1906.
(3) lialia militare e marinât 6 mars 1907.
Désinformations publiées par eux en 1908, il semble résulter qu'une grande activité a régné sur les chantiers de travaux, dans leTyrol méridional, pendant tout l'hiver de 1907 à 1908 et l'été de 1908.
La presse italienne a successivement annoncé :
en février, la construction, près de Trente, d'un fort blindé sur le mont Rovere et celle d'une route militaire sur le mont Bondone (1) ;
en mai, la construction d'un fort puissant, au col de Cereda, à 1,320 mètres d'altitude, pour dominer la route d'Imer à Fiera di Primiero (2) ;
en juin, la construction de nouveaux ouvrages et d'une route militaire sur le mont Tombio, au Nord-Ouest de Riva, — celle d'une route destinée à desservir la position de Horst, sur le haut plateau de Livarone, aux environs de Trente (3), — celle de plusieurs batteries dans les vallées de Sole, Sarca, Daone, pour barrer, sur le front Sud-Ouest du Trentin, certaines voies d'accès praticables à l'infanterie, barrages dont les manœuvres de 1905 avaient fait reconnaître la nécessité (4) ; — des études faites par de nombreux officiers autrichiens à Ala, Avia, sur les monts Lessini et Baldo (o) ;
en juillet, un voyage d'inspection, dans le Trentin, des archiducs Eugène, Frédéric et Henri, dont l'attention s'est portée sur les forts de la frontière italienne (6) ;
en novembre, une passation de marchés pour le transport de Trente à Lavarone et Luserna, dans la haute
(1) Carrière délia Sera, 26 février 1908.
(2) Secolo, 9 mai; Tribuna, 12 mai 1908.
(3) Italia militare e marina, 10 juin.
(4) Libéria di Pad'jva, 15 juin.
(5) Arena de Verona, 26 juin.
(6) Information de Rome à la France militaire, 17 juillet.
vallée de l'Astico, des canons et cuirassements destinés à l'armement de nouveaux forts en construction (1).
({ L'armement des ouvrages autrichiens consiste d'ordinaire en quatre ou huit canons à trajectoire tendue, sous casemates cuirassées, et deux ou quatre canons à iir courbe, sur afiPùts cuirassés. Pour le combat rapproché, on dispose de canons à tir rapide sur affûts cuirassés ou de mitrailleuses. Des observatoires cuirassés tournants, des projecteurs électriques à éclipse, de 2 à 4 kilomètres de portée, des communications télégraphiques souterraines, des postes optiques et acoustiques sont utilisés pour les services de reconnaissance, de sûreté et de liaison (2) . »
(( L'effectif de chaque garnison dépend de l'armement; l'infanterie comprend, au plus, 100 hommes de 2^ ou 3« ligne (3). »
Quant aux troupes d'artillerie ou de pionniers affectées spécialement aux forteresses, elles ont été considérablement renforcées en 1908. Il y a maintenant, sur la frontière et sur les côtes, 38 compagnies d'artillerie au lieu de 19, 6 de pionniers au lieu de 3. L'augmentation est, en un an, de près du double.
Au point de vue du commandement des places, il y a eu peu de changements. Par suite de l'importance de la garnison, un commandement de place a été créé à Botzen, le 1^^ janvier 1908. En outre, une direction du génie a été installée, à la même date, à Riva, dans le Tyrol méridional. Il n'y en avait jusqu'à présent que deux, à Brixen et à Trente (4).
Le système défensif actuel sur la frontière se résume donc ainsi :
(1) Secolo, 18 novembre.
(2) Ueberall, 14 décembre 'J906.
(3) Militctr-Wochenblatt, 11 juillet 1907.
(4) Ycrordnungsblatt, 28 décembre 1907.
du Stelvio à l'Isonzo, ouvrages réunis en groupes (Riva, Tarvis) ou isolés ; réduit du Tyrol, à Trente ; plus au Nord, débouchés du Brenner et du Pusterthal dans l'Adige, barrés par Franzensfeste ;
sur risonzo, aucun ouvrage.
En somme, cet ensemble, dont « le travail d'amélioration est constant (1) », répond aux nécessités suivantes, imposées par le terrain :
concentration du gros des forces autrichiennes au Sud des grandes Alpes, sur l'Isonzo, le flanc gauche protégé par la mer, le flanc droit par le groupe d'ouvrages de ïarvis, le front par les troupes de couverture, très augmentées dans cette région depuis 1904 ;
protection des communications entre le Tyrol et la Styrie, à travers le Pusterthal, et défense du Trentin assurées par des troupes spéciales, appuyées, en première ligne, sur les forts qui barrent, le plus près possible de la frontière, les principales voies d'accès, — en seconde ligne, sur Trente et Franzensfeste, réduits de la défense du Tvrol méridional.
(1) Secolo XIX, 15 août 1908.
Les préparatifs autrichiens. — Les chemins de fer et les routes.
Voies ferrées.
Les voies ferrées qui desservent la frontière italienne et les côtes adriatiques peuvent être étudiées à trois points de vue différents :
réseau de concentration sur la frontière italienne ;
réseau local du Tyrol méridional ;
réseau des côtes.
Réseau de concentration sur la frontière. — Depuis cinq ans, le gouvernement austro-hongrois a fait de grands efforts pour améliorer le réseau ferré du Sud- Ouest de l'Empire. Si les perfectionnements réalisés ont servi les intérêts économiques, « les considérations stratégiques, comme a dit la Gazette de r Aileniagne du Nord (1), ne sont pas venues en dernière ligne », pour la décision à prendre.
Jusqu'en 1904, quatre lignes ferrées seulement réunissaient à la frontière italienne les ponts du Danube (2) :
(1) 2 mai 1907.
(2j Deux ponts près de Lioz (Steyeregg et Mauthausen), un à Krems (ligne d'intérêt local), un kTùUn, trois à Vienne, un à Presbourg (ligne
BAVJEBE