‹ Autriche et ItalieChapitre 9 sur 14 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

la ligne (I) da Brenner (Linz, Salzbourg, Innsbriick, Trente), à une voie (1) ;

la ligne (II) de Linz ou Krems à Selzthal, Saint-Michel, Yillach, Tarvis, à une voie ;

la ligne (III) de Vienne ou Presbourgà Graz, Laibach, Trieste, Monfalcone, à deux voies;

la ligne (IV) de Presbourg ou Budapest à Agram, Fiume, Saint-Peter, à une voie ; à Agram, peut aboutir une autre ligne venant de Gombos-Erdod ou de JVeusatz.

Les lignes II, III, IV, peuvent seules être utilisées pour une concentration dans la région Gôritz-Tarvis, car la ligne I, celle du Brenner, est séparée de la ligne II par une distance (Franzensfeste-Villach) de plus de 200 kilomètres. Encore les troupes transportées par la ligne II ne seraient- elles débarquées que dans la haute vallée de la Save. Celle-ci est séparée de Tlsonzo par le massif des Alpes Juliennes, haut de 2,000 mètres en moyenne et traversé par un petit nombre de routes.

Dans de telles conditions, l'Autriche avait un très réel avantage à disposer d'une ligne de plus.

Pour cette raison, et aussi pour des raisons commerciales du plus haut intérêt, telles que la liaison entre Trieste et l'Allemagne du Sud, l'administration austrohongroise a commencé en 1904 la construction de deux sections de voie. L'une, à travers le massif des Tauern, entre Schw^arzach-Saint-Veit et MoUbriick, ouvrira une communication directe entre Salzbourg et Villach et réduira de 185 kilomètres le trajet entre ces deux villes. L'autre, à travers les Karawanken et les Alpes Juliennes, relie le bas Isonzo à Villach et Klagenfurt.

secondaire), deux à Budapest, un à Gombos-Erdod (au coude Sud du Danube), un à Neusafz. Un quatrième pont est en projet à Vienne. {Neue Freie Presse, 5 juillet 1907).

(1) Celte ligne est à deux voies sur certaines sections.

Au mois de septembre 1903, le premier tronçon Nord de la section des Tauern a été livré à l'exploitation. Toutefois, la percée d'un tunnel de plus de 8 kilomètres à travers le massif s'est heurtée à des difficultés considérables. Celles-ci ont occasionné des retards importants et des dépassements notables de crédits. Ce tunnel a été ouvert le 21 juillet 1907. « Il est inutile, a dit à cette occasion le Jou7mal de Genève (1), de faire ressortir l'importance stratégique et commerciale de la nouvelle ligne. » Elle ne pourra être entièrement construite avant l'été de 1909.

La ligne Klagenfurt-Trieste, à une voie, a été terminée au mois de septembre 1906. Il en a été de même du tronçon Spitalam Pyhrn-Selzthal. Ce tronçon raccourcit de 50 kilomètres la distance de Linz à Selzthal.

Actuellement, la ligne II a donc été poussée jusqu'à (joritz et Trieste, et la distance Linz-Trieste diminuée de 170 kilomètres. Il faut cependant tenir compte de ce fait que les sections nouvellement construites ont un profil accidenté et que les trains militaires n'y pourront probablement circuler que dédoublés. En outre, entre le tunnel de Wochein et Gôritz, la ligne II longe la frontière italienne à moins de lo kilomètres, parfois à 4 ou 5. Par suite, elle devra être gardée d'une façon très sérieuse, dès le premier jour d'une mobilisation. Les troupes de couverture sont aujourd'hui, du reste, assez nombreuses dans cette région.

Malgré ces inconvénients, il n'y a pas à douter que l'appoint constitué par les nouvelles voies ferrées, en vue d'une concentration sur l'Isonzo, est très appréciable. L'Autriche dispose aujourd'hui de trois lignes de transport pour masser ses forces sur l'Isonzo, et d'une quatrième pour renforcer le Tyrol. Lorsqu'elle sera achevée,

(1) 28 juillet 1907.

BAVJEBE

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ITAUE

la section des Tauern pourra fournir une quatrième ligne pour la concentration vers Villach-Gôritz.

D'autre part, de Trieste à Trente, il existe maintenant, le long de la frontière, une voie ferrée ininterrompue. S'il n'est pas indispensable d'utiliser la ligne du Pusterthaï pour les transports de concentration, elle peut rendre de grands services pour des mouvements latéraux de troupes ou de matériel en arrière de la frontière.

En 1908, le réseau de concentration n'a été l'objet d'aucune amélioration importante, si l'on excepte les travaux de la ligne des Tauern, non encore terminés. Tout au plus convient-il de signaler, dans la région de risonzo, les projets de voie ferrée de Laibach à San Daniel, près de Gôritz, et de Gôritz à Gervignano, à la frontière (1). Les travaux préparatoires de cette dernière ont été commencés au mois d'octobre 1908 (2).

Au commencement de 1909, le réseau se compose donc de quatre lignes possibles de transport. Une seule est à deux voies. Sur l'Isonzo, « les stations sont aménagées pour les grands mouvements de troupes et de matériel Ce réseau est très développé. Le budget impérial

fait pour lui des dépenses très importantes (3) ».

Réseau local du Tyrol méridional. — Si le réseau de concentration est, à la fin de 1908, à peu près dans l'état où il était une année auparavant, des améliorations notables ont été, au contraire, décidées ou commencées en 1908 pour les chemins de fer locaux du Trentin.

Au point de vue militaire, ce réseau rendra la défense plus facile, par la possibilité de faire exécuter aux

(1) Zcitung des Vereins deutscher EiscnbahnvenvaltungeUf 2 septembre 1908.

(2) Ibid., 24 octobre.

(3) Sccolo XIX, ]o août 1908.

réserves, rassemblées dans les vallées, des mouvements plus rapides.

Si la nouvelle ligne Brtineck-Sand, le projet Mals- Landeck ne présentent pas un grand intérêt militaire, il n'en est pas de même des lignes, projetées ou en construclion, de Botzen et Trente à Malé et Fucine, de Toblach et Waidbrtick à Gortina d'Ampezzo, de Trente àTione(l). Bien que ces lignes soient à voie étroite, leur construction améliorera certainement la défense du Trentin.

Ces projets font partie d'un plan général établi, en 1908, par une commission de représentants de divers ministères et de députés des régions intéressées, en vue du « relèvement économique du Tyrol et du Ktistenland (2) ».

Réseau des côtes. — En Istrie, deux nouvelles lignes locales compléteront le réseau : celle de Fiume à Pirano, sur la côte occidentale, et celle de Pisino, sur la grande voie Trieste-Pola, à Parenzo, sur la même côte.

En Dalmatie, les améliorations sont d'ordre plus général.

Jusqu'à la fin de 1907, la Dalmatie était reliée au reste de l'Empire par l'unique voie étroite qui, de Metkovitz à Brod, traverse toute la Bosnie-Herzégovine, du Sud au Nord, parMostar et Sarajevo. En cas de guerre avec un ennemi maître de la mer, la Dalmatie, le port de guerre de Cattaro, seraient donc à peu près livrés à euxmêmes.

Le compromis austro-hongrois, signé en décembre

(1) Zfdtung des Vereins deutscher Eisenhahriveriualtungen, 16 septembre et 14 novembre 1908.

(2) Ihid., 2 septembre 1908. Le Kùstenland comprend le territoire de Trieste, le comté de Gôritz et de Gradisca et l'Istrie.

1907, a enfin aplani toutes les difficultés d'ordre technique et politique auxquelles se heurtait, depuis plusieurs années, le projet d'un chemin de fer de jonction entre la Dalmatie et la ligne Vienne-Trieste.

De Rudolfswert, terminus actuel d'un embranchement de cette ligne, le nouveau tracé traversera le chemin de fer de Fiume à Budapest et, par la Croatie méridionale, rejoindra, à Kain, la ligne dalmate qui fait communiquer ce point avec Sebenico et Spalato.

En outre, dès maintenant, on s'occupe de rattacher cette grande ligne future à celle de la Dalmatie méridionale et de l'Herzégovine en construisant la section Spalato-Metkovitz.

Les travaux doivent être finis en 1911. Ils sont évalués à 130 millions.

Lorsqu'ils seront achevés, le port de guerre de Cattaro sera relié, d'une part, avec la Hongrie par la ligne de Bosnie, de l'autre, avec l'Autriche par la ligne de Dalmatie.

A voie normale, alors que le réseau bosniaque est à voie étroite, la nouvelle ligne Rudolfswert-Spalato permettra d'amener rapidement des troupes, depuis Vienne jusque sur les côtes dalmates. Cette importance a été signalée par la presse autrichienne et allemande. « Le rapport rédigé par la Chambre des seigneurs, dit la Zeilung des Vereins deutscher Eisenbahnverioaltungen^ exprime la satisfaction que le gouvernement, et en particulier le Ministre des chemins de fer, ait réussi à surmonter la résistance qui s'opposait à la jonction de la Dalmatie. avec le réseau ferré croate et autrichien, et à persuader l'administration hongroise de l'avantage de cette liaison pour la Dalmatie et la Croatie, comme aussi de sa nécessité pour l'ensemble de l'Etat austrohongrois. »

En ce qui concerne les chemins de fer, l'effort principal a donc porté, en 1908, sur l'amélioration des com-

munications par voie ferrée entre les côtes dalmates et l'intérieur de l'Empire.

Routes.

Dans le programme de « relèvement économique du Tyrol et du Kustenland », conçu au mois de juillet 1908, figurent de très nombreux projets de routes aux environs de la frontière italienne. La Neue Freie Presse, de Vienne, en a donné l'énumération détaillée.

« Jusqu'à présent, lit-on dans le journal autrichien (1), le réseau routier, dans le Tyrol méridional, est très défectueux ; dans beaucoup de vallées importantes, il n'y a

pas de routes Vers Gôritz et Trieste, de même

qu'en Istrie, les conditions sont un peu meilleures, bien qu'elles aient cependant besoin de perfectionnements. Dans la région de Gôritz, il existe de nombreux chemins, mais ils ne répondent plus entièrement aux exigences. Des motifs militaires aussi bien qu'économiques prouvent la nécessité de construire de nouvelles routes.

« L'avantage principal de cette intervention de l'Etat sera d'assurer l'unité de direction dans la construction et l'entretien des routes dans le Tyrol, la région de Gôritz, celle de Trieste, et en Istrie Les crédits se répartiront sur quinze ans. Chaque année, il faudra un million et demi de couronnes (2). »

Au cours de ces dernières années, des travaux avaient déjà été exécutés pour améliorer certaines voies de communication parallèles à la frontière :

celle qui, par Cortina d'Ampezzo et Predazzo, conduit de Toblach, dans le Pusterthal, à Auer, sur l'Adige, longeant toute la frontière du Tyrol sud-oriental ;

(1) 4 août 1908.

(2) La couronne Taut i fr. 05 environ.

celle qui relie Imer, dans le val Gismone, à Strigno, dans la vallée de la Brenta ;

celle qui unit le val Giudicariaàla route du Tonale.

D'autres routes, construites par des compagnies de pionniers, ont manifestement un intérêt militaire au premier chef.

Le H juin 1908, la, Zeii, de Vienne, annonçait que deux compagnies de pionniers travaillaient à la construction d'une route entre Mauthen, — dans la vallée du Gail, près de Kôtschach — et le col de Plôcken, à la frontière italienne.

Sur une longueur de près de 80 kilomètres, des défilés de Garinthie à la Strada d Allernana^ route directe de Venise à Innsbrûck par Gortina d'Ampezzo, le col de Plôcken marque la dépression la plus basse — \ ,300 mètres — des Alpes Garniques. Jusqu'en 1908, il n'était franchi que par un chemin muletier. G'est ce chemin que l'autorité militaire a fait transformer en voie carrossable, du côté autrichien. Gomme Mauthen est déjà relié à la ligne ferrée de laDrave parla route Mauthen-Ober- Drauburg, il existera ainsi une communication directe, pour l'artillerie et les convois, entre le chemin de fer et le col de Plôcken.

Quelque temps après, au mois de septembre, la presse a parlé de l'envoi de pionniers dans la région de Bievero, pour établir une route à travers le col de Gereda (1).

Tant que le réseau ferré local du Tyrol méridional n'aura pas reçu un plus grand développement, l'importance du réseau routier sera considérable pour la défense du pays. L'exécution du programme de 1908, l'achèvement des travaux faits par les troupes techniques, l'amélioreront d'une façon sérieuse.

(1) Neue miUtàrische BlàtteVf 4 octobre 1908.

Les préparatifs autrichiens. — La défense des côtes et la marine.

De la frontière italienne près de Monfalcone à la frontière monténégrine près de Spizza, le développement des côtes austro-hongroises est de 800 kilomètres environ.

Les brouillards, les courants, les vents, parfois violents, rendent partout la navigation assez délicate.

Entre Pola et Raguse, sur une étendue de 500 kilomètres, l'accès des côtes dalmates est défendu par une suite presque ininterrompue d'iles et d'ilôts, derniers vestiges d'un littoral disparu, séparés par des passes souvent étroites . Une soixantaine de petits ports bordent ces côtes. Dans ces parages difficiles, aucun d'eux n'a pu, toutefois, prendre un grand développement. Des flottilles de torpilleurs, des petits croiseurs trouveraient là des abris assurés en vue d'entreprises à tenter au large.

A l'extrémité méridionale de la Dalmatie, la magnifique rade fortifiée des bouches de Gattaro offre un point d'appui excellent à des croiseurs qui auraient à opérer dans la basse Adriatique.

Au Nord de la Dalmatie, entre les deux grands ports marchands de Fiume et de Trieste, l'un, autrichien, l'autre, hongrois, le port de guerre de Pola est la base de la flotte de combat austro-hongroise.

A part quelques batteries sur certaines îles, la défense fixe des côtes ne comprend encore que les deux ports de guerre de Pola et de Gattaro. Aucun travail impor-

tant n'y a été signalé en 1908, mais les troupes techniques de forteresse, — artillerie et pionniers, — y ont été sensiblement augmentées.

Entre ces deux places maritimes, l'organisation d'une base secondaire a été étudiée. ^ Au Ministère de la

guerre (1) , on projeta de fortifler Sebenico, en y

consacrant 6 millions de francs. Ce plan fut abandonné, car le canal, long de 7 kilomètres, qui conduit à Sebenico, est très étroit. Maintenant, il est décidé d'établir ce point d'appui dans le golfe de Sabbioncello. On construira des forts sur la presqu'île et le continent, et on percera l'isthme de Stagno On aura ainsi une communication sûre, en temps de paix comme en temps de guerre, entre Spalato et Raguse, entre la Dalmatie du Nord et celle du Sud (2). »

En Autriche-Hongrie, la défense des côtes incombe au commandement territorial (3), sauf à Pola et à Gattaro. Pola est commandé par un amiral, Cattaro par un général, gouverneur, assistés chacun d'un état-major, d'un directeur de l'artillerie, et d'un directeur du génie. Le gouverneur de Cattaro dispose, en outre, d'un capitaine de vaisseau, par l'intermédiaire duquel il exerce son autorité sur les navires et les établissements de la marine affectés à la défense des Bouches. La garnison de chacun de ces deux ports de guerre comprend environ une brigade d'infanterie, avec des compagnies de pionniers et plusieurs bataillons d'artillerie de forteresse (4).

(1) En Autriche-Hongrie les atfaires maritimes sont traitées, non par un Ministère spécial de la marine, mais par une section du Ministère de la guerre.

(2) Neue militànsche Blâtter, 31 août 1908.

(3) Commandant du 3^ ou du 13^ corps d'.trmée, ou du territoire militaire de Zara.

(4) Pola, 6 bataillons, 1 demi-bataillon (2 compagnies) de pionniers

Dans une étude très documentée sur « la Dalmatie et la défense de ses côtes (1) », le capitaine de vaisseau von Rziha apprécie comme il suit la valeur respective des difTérents points d'appui de la côte dalmate :

(( Par suite de sa situation à la pointe Sud de la péninsule de ristrie, qui s'enfonce dans l'Adriatique comme

une épine, Pola peut servir de repli mais

l'arsenal et les dépôts de munitions peuvent être bombardés de la mer par un tir indirect. Les navires qui exécutent ce tir peuvent se tenir hors de la portée des

batteries de côte La rade de Fasana, où devrait

se tenir la flotte autrichienne, est vue de la mer, au

Nord-Ouest et au Sud-Ouest Au Nord, les forts

sont à 2 kilomètres des dépôts de munitions et à 3 kilomètres de l'arsenal. Les uns et les autres peuvent être bombardés du village de Dignano, à 9 kilomètres ». Au Sud de Pola, l'île de Lussin a été fortifiée. Quant à Cattaro, ce port de guerre est devenu un véritable camp retranché, dont les ouvrages sont « munis de nouveaux canons lourds, du dernier modèle (2) ». Le port est malheureusement dominé à bonne distance par les hauteurs où passe la frontière. Les Monténégrins ont, en 1906, construit un fort sur ces hauteurs. Aussi a-t-on évacué sur Castelnuovo, au commencement de 1907, les magasins militaires de Cattaro pour les mettre hors d'atteinte des pièces monténégrines (3).

Dans les Bouches de Cattaro, a Teodo, dit le commandant von Rziha, possède un petit arsenal de réparations,

de forteresse, 4 bataillons (16 compagnies) d'artillerie de forteresse. — Cattaro, 7 bataillons, 1 compagnie de pionniers de forteresse, 2 bataillons et demi (9 compagnies) d'artillerie de forteresse.

(1) Revue allemande Ueberall, avril et mai 1908.

(2) Giornale tritalia, mars 1906.

(3) Étuile belge, M février 1907.

avec dépôt de charbon. Le stationnement d'une division de croiseurs avec des torpilleurs y est ainsi facilité. Leur tâche principale consistera à surveiller le canal d'Otrante et à tenter des opérations contre Antivari, Bari et Brindisi

« Sebenico est la meilleure base pour la flotte active Il y a de l'eau douce en abondance aux environs, des mines de charbon. Un chemin de fer relie le port à l'intérieur.

« Le point le plus faible de la côte autrichienne est Trieste. »

L'opportunité de fortifier le grand port de commerce autrichien est très discutée en Autriche dans la presse militaire et maritime. Il y a vingt-cinq ans, un projet complet avait été établi par le général du génie von Hermann. « La fortification de Trieste sur le front de mer est, sans doute, très utile et souhaitable, dit la Militàrische Presse (1). Notre plus grand port, les lignes ferrées importantes qui en sortent seraient ainsi couverts contre

un coup de main Mais les fortifications que l'on

élèverait sur les deux iles en avant de Trieste

seraient détruites en très peu de temps par les cuirassés ennemis

« La fortification de Trieste serait un désavantage direct pour la défense de notre côte, non parce que les 30 millions de couronnes qu'elle exigerait seraient certainement prélevés sur le budget de la marine, mais parce qu'elle donnerait à beaucoup de personnes une

fausse sécurité Construire la flotte est la première

nécessité^ le premier moijen de défendre la côte

(( Les enseignements répétés des guerres navales prouvent sans exception, que, seule, la victoire sur mer rend impossible l'attaque d'une flotte contre le littoral, et

(i) 21 novembre, 2 décembre 1908.

que, seule, la suprématie navale peut protéger la côte. Le moyen de défense contre toutes les attaques venant de la mer est et reste donc uniquement la flotte

« Les fortifications côtières ont seulement pour but de défendre contre une surprise les navires mis momentanément hors de combat , de permettre à la flotte

de se ravitailler en sécurité Ce sont des bases

d'opérations.

«. De même que Trieste ne peut être protégée, contre une invasion par terre, que grâce à une armée solide, de même, une flotte puissante pourra, seule, empêcher le débarquement de troupes de siège italiennes. »

Cette opinion est aussi celle du commandant von Rziha :

« Une côte étendue, où les îles et les côtes maritimes sont nombreuses, comme en Dalmatie, ne peut être mise à Fabri d'un coup de main, dit-il (1), qu'avec une flotte assez forte et des fortications en rapport avec cette flotte. L'adversaire trouvera, en effet, facilement sur le littoral des points d'appui pour ses opérations. Par contre, avec ces deux moyens de combat, — flotte et fortifications, — la possession d'une côte de ce genre est un avantage en face d'une côte plate, pauvre en ports, comme celle de l'Italie dans l'Adriatique, où Venise et Ancône sont en l'air, sans bases internuédiaires

<( Il n'est pas douteux qu'en Autriche la flotte n'est pas assez forte et la côte pas assez fortifiée, pour rendre une victoire italienne absolument impossible

« La construction des navires et la fortification des côtes doivent se faire simultanément et en temps opportun. Les improvisations de la dernière heure sont toujours défectueuses. Les moyens de combat n'ont de

(1) Ueberall, mai 1908.

valeur que s'ils sont liés à la pratique nécessaire et à l'éducation du temps de paix. »

« La côte ne peut se défendre que par l'attaque », lit-on dans le Danger italien^ brochure éditée à Vienne en 1908(1).

Or, la supériorité numérique de la flotte de guerre italienne est indéniable, — de près du double. A l'époque de Lissa, cette supériorité était seulement du tiers (2).

« L'effort accompli par les Italiens pour nous dépasser de beaucoup, écrit un publiciste autrichien (3), date seulement de peu de temps. Depuis trois ans, sous le couvert des mots « Mare nostrum », une vive agitation a commencé pour augmenter la flotte italienne.

« Cette agitation s'est produite en même temps que se produisaient les grands troubles de Hongrie. Jamais les Italiens n'auraient réussi à nous distancer de cette sorte, si les Hongrois, par l'obstruction faite aux projets militaires, n'avaient rendu nos chantiers déserts pendant deux ans, en 1 90o et 1 906.

(( Ce qui est fait est fait. Mais comment notre flotte, qui a en mains le sort de l'Empire, pourra-t-elle suffire à sa grande tâche ? . . . .

« Croit-on qu'au moment du danger, un second Tegetthoff surgira? Rara avis! Même, s'il se révélait, il reste très douteux qu'il exécuterait de nouveau l'œuvre d'art de Lissa. Aujourd'hui, la décision appartient au feu et non à l'éperon. En outre, on ne peut s'égarer dans le domaine de l'extraordinaire ; nous devons tabler sur des chiffres réels, avec des hommes normaux et des efforts normaux. »

(1) Librairie Daozer.

(-2) Ueberall, mai 1908.

(3) Le danger italien.

La nécessité d'une forte marine de guerre, en face de la flotte italienne, est donc unanimement proclamée en Autriche.

Aussi, dans ces dernières années, l'Autriche a-t-elle fait un effort considérable pour renforcer sa flotte. De 17 millions et demi de francs en J880, le budget de la marine a, en 1909, atteint 64 millions. Depuis 190o, en quatre ans, l'accroissement a été de 14 millions, c'est-à-dire de 25 0/0(1).

Au point de vue du personnel, comme le Parlement n'accordait pas l'augmentation du contingent nécessaire pour armer les nouveaux navires, 2,000 hommes ont dû être prélevés sur l'armée de terre et versés dans les équipages de la flotte. Ce fait doit se reproduire en 1910 et en 1911. A ce moment, l'effectif des équipages sera de 14,000 hommes au lieu de 10,000 en

Au point de vue du matériel, le programme de i904, pour lequel 127 millions de francs furent votés, comportait la construction de trois cuirassés de 10,600 tonnes. (( Ces navires sont aujourd'hui, dit la revue navale italienne Lista navale italiana (2), le noyau le plus puissant et le plus homogène de la puissance navale de la Monarchie. »

A ce programme de 1904 en a succédé un autre, en 1907. Ce dernier consiste à construire un croiseur très rapide à turbines, des torpilleurs, 6 sous-marins et

(i) Progression du budget naval (sans les pensions) :

En 1S80 'J7,SOO,000 francs.

En !H96 26,000,000 —

En 11)00 39,500,000 —

En 1905 51,000,000 —

Eu 1907 45,000,000 —

En 1909 64,000,000 —

(2) Supplément de mars 1908.

surtout trois cuirassés, dont le déplacement sera très supérieur à celui des cuirassés de 1904. Ces navires jaugeront 14,500 tonnes et seront armés puissamment: quatre pièces de 305 et huit de 240. L'un d'eux a été lancé le 30 septembre 1908 à Trieste.

Lorsque les navires en construction seront achevés — en 1911, d'après les déclarations de l'amiral Montecuccolli aux Délégations, — la flotte de l'Empire com prendra (1) :

en première ligne (navires modernes),

9 cuirassés (trois divisions) : 3 lancés en 1900-1902 (8,400 tonnes), 3 du programme de 1904 (10,600 tonnes), 3 du programme de 1907 (14,500 tonnes) (2);

2 croiseurs cuirassés (6,300 et 7,300 tonnes) (3); 4 croiseurs protégés (2,300 et 3,000 tonnes) ;

12 contre-torpilleurs (400 tonnes);

24 torpilleurs de haute mer (200 tonnes) ;

24 torpilleurs de 2« classe (100 tonnes);

6 sous-marins ;

en seconde ligne (navires plus anciens) :

3 garde-côtes cuirassés de 5,600 tonnes (une division) ;

1 croiseur cuirassé (5,400 tonnes) ;

2 croiseurs protégés (4,600 tonnes) ;

2 croiseurs-torpilleurs (1,500 tonnes) ;

7 contre-torpilleurs (350-610 tonnes).

Pour la défense des ports : 22 torpilleurs de 30 mètres.

En outre, lors de la discussion du budget de 1909, l'amiral MontecuccoUi a annoncé que, vraisemblablement

(1) Revue de Streffleur, septembre 1908; commandant de Balincourt, Les flottes de combat en 1909.

(2) La vitesse de ces 9 cuirassés d'escadre varie de 19», 5 h 20", 4. Leur armement le plus puissant est constitué par des pièces de 240°^™ pour ^ix d'entre eux, et de 305™°^ pour les trois autres.

(3) Vitesse variant de 20 à 22 nœuds.

pour le budget de 1910, il demanderait des crédits pour le remplacement des trois vieux garde-côtes cuirassés par des navires de 18,000 à 19,000 tonnes et pour la mise en chantier de trois nouveaux croiseurs rapides et de plusieurs sous-marins.

D'après les informations publiées, au mois d'avril 1909, par la presse autrichienne et italienne, ces projets seront mis à exécution cette année. Au budget de 1910 sera prévue une première annuité pour la construction de 3 « Dreadnought » de 19,000 tonnes, armés, chacun, de 10 pièces de 305°^°^ (1).

Ces navires devront être terminés en 1912. A cette époque, la flotte de combat austro-hongroise compren dra 18 cuirassés ou croiseurs-cuirassés : 14 modernes et 4 plus anciens.

Sans aller jusqu'à dire, comme le colonel allemand Gâdke, que « à moins d'un miracle, la flotte autrichienne ne pourra pas tenir l'Adriatique contre la marine italienne (2) », les forces de l'Autriche, sur mer, n'en sont pas moins, aujourd'hui, inférieures à celles de l'Italie. Les constructions navales projetées pourront atténuer cette infériorité. Elles ne la supprimeront probablement pas.

(1) Neue Freie Presse, 6 avril ; MilUari^cke Presse, 10 avril 1909.

(2) Berliner Tageblatt, 25 août 1908.

Les préparatifs autrichiens. — Les manœuvres.

Presque chaque année, depuis 1904, des grandes manœuvres, en Tyrol, en Carinthie ou en Dalmatie, ont été l'occasion, pour l'autorité militaire, d'expérimenter la nouvelle organisation créée sur la frontière ou sur les côtes.

En 1905, le Tyrol méridional a été le théâtre de manœuvres de corps d'armée, en présence de l'Empereur. « Peu d'informations ont été publiées sur les enseignements qui en ont résulté, car les correspondants de journaux n'étaient pas autorisés à y assister. On a simplement appris que les troupes y ont fait des exercices de pontage, dans des conditions très difficiles, des expériences de transmission de renseignements par pigeons voyageurs, par le télégraphe sans fil et des essais d'obusiers de campagne à voie étroite (1). »

En 1906, des unités de l'armée et de la flotte ont participé à des manœuvres combinées dans le Sud de la Dalmatie, entre un parti de l'Ouest qui « dispose d'une flotte supérieure à celle du parti de l'Est », et un parti de l'Est, « dont les forces principales de terre sont d'abord retenues dans l'intérieur de l'Herzégovine pour des raisons militaires ».

En 1907, les manœuvres impériales se sont exécutées en Carinthie et dans les hautes vallées de la Drave, du Gail et de l'Isonzo. Deux corps d'armée complets, 3^ et

(1) Internationale Revue, 61® supplément, novembre 1905.

14®, — 60,000 hommes environ, — y ont pris part. D'après les journaux italiens, « ces manœuvres sont importantes pour divers motifs, et, avant tout, en raison de la zone frontière dans laquelle elles se déroulent. »

En 1908, les manœuvres impériales ont eu lieu en Hongrie, loin par conséquent de la frontière. Toutefois, dans le thème donné au parti Sud, on peut reconnaître la trace des préoccupations qui agitent le commandement austro-hongrois.

Les masses principales du parti Sud (italien) — 7 corps — ont pénétré en Styrie et dans la Hongrie occidentale. Elles cernent le gros des forces ennemies (autrichiennes) dans Vienne, qui a été fortifiée. La tête de pont de Presbourg est investie par les troupes du parti Sud.

Une armée du Sud (italienne) s'avance du front Kopreinitz-Warasdin (1) vers le Nord. Elle a pour mission de gagner la région de Papa (2) pour couvrir les masses principales du parti Sud contre tout mouvement de l'ennemi entre le lac Balaton et le Danube (3).

L'organisation des « voyages d'études de cavalerie », en 1908, a fourni une nouvelle preuve de l'attention avec laquelle est maintenant étudié en Autriche tout ce qui se rapporte à la frontière du Sud-Ouest.

Ces voyages avaient lieu, le plus souvent, dans les plaines de Galicie ou de Hongrie, plus favorables que d'autres régions de l'Empire à l'étude de la tactique de la cavalerie. En 1908, au contraire, un de ces deux voyages a été exécuté en Carniole, près de la frontière italienne, dans la région même où de nouveaux escadrons avaient été envovés en renfort au début de Tannée.

(1) A environ 150 kilomètres à l'Est de Laibach.

(2) A 100 kilomètres au Sud-Est de Presbourg.

(3) Milildr Wochmhlatt, 24 novembre 1908.

Les préparatifs italiens. — Les troupes.

Aux préparatifs autrichiens, d'une importance particulière sous tous les rapports, l'Italie ne semble avoir, dans ces dernières années, répondu que dans une bien moindre mesure.

Son attention paraît s'être portée, du reste, beaucoup plus sur les fortifications et les voies ferrées que sur les troupes.

Vis-à-vis des 14® et 3® corps autrichiens, l'Italie disposait, en 1902, de deux corps, le 3^ et le 5®.

En 1906, les circonscriptions territoriales en Vénétie ont été remaniées (1). Aujourd'hui, trois corps, les 3^ (Milan), 5® (Vérone) et 6® (Bologne) (2), bordent la frontière autrichienne, dont la surveillance est ainsi mieux assurée.

Sous l'empire des préoccupations causées par les arme-

(i) LôbelVs Jahrcsberichfe, 1906.

(2) Veltze\s Armce-Almanach, i909.

3^ corps : Milan,

5® division, à Milan : brigade de Coni, à Milan (6 bataillons) ; brigade de Palerme, à Milan (6 bataillons).

6^ division, à Brescia : brigade de Lorabardie, à Brescia (6 bataillons) ; 2 régiments de bersagliers, à Milan et Brescia (6 bataillons). Groupe d'alpins de Vérone : J régiment, à Milan (4 bataillons, 12 compagnies). Ensemble : 28 bataillons.

3*^ brigade de cavalerie, à Milan : 4 régiments (24 escadrons).

Commandement d'artillerie de campagne*. 2 régiments, 16 batteries

ments autrichiens, un nouveau bataillon a été, en 1908, créé au 7^ régiment alpin, en Vénétie, au moyen d'une compagnie de ce régiment et de deux compagnies retirées de la frontière française.

La presse italienne et autrichienne a même annoncé que Ton s'occupait de la formation d'un 8® régiment

montées (dont 8 sur le territoire du 2^ corps), 3 compagnies du train (sur le territoire du 4^ corps).

Régiment d'artillerie à cheval, à Milan : 4 batteries à cheval, 3 compagnies du train.

2 compagnies cyclistes (Milan et Brescia).

5^ corps : Vérone.

9^ division, à Vérone : brigade du Roi, à Vérone (6 bataillons); 1 régiment de bersagliers, à Vérone (3 bataillons).

10^ division, à Padoue : brigade des Marches, à Trévise (6 bataillons); brigade de Pignerol, à Padoue (6 bataillons).

Groupe d'alpins de Vérone : 2 régiments, Vérone, 7 bataillons (22 compagnies), dont 2 sur le territoire du 6^ corps. Ensemble : 28 bataillons (dont 4 sur le territoire du 6® corps).

4^ brigade de cavalerie, à Vérone : 2 régiment?, 12 escadrons; 5*= brigade de cavalerie, à Padoue : 2 régiment*, 12 escadrons (dont 6 sur le tenitoire du 6® corps).

Commandement d'artillerie de campagne, à Vérone : 2 régiments : 16 batteries montées, 3 compagnies du train ; 1 groupe de montagne : 3 batteries de montagne.

Artillerie à cheval, à Vérone : 1 groupe (2 batteries à cheval, 1 compagnie du train).

Génie : 5 compagnies (2 compagnies de pontonniers, 2 de télégraphistes à Vérone, 1 de mineurs à Vigo).

1 compagnie cycliste, à Vérone.

Troupes de forteresse : 8 compagnies d'artillerie (5 à Vérone, 3 à Mantoue).

6^ corps : Bologne.

11« division, à Bologne : brigade de Pistoïe, à Bologne (6 bataillons) ; brigade de Rome, à Udioe (6 bataillons); brigade des Pouilles, à Venise (6 bataillons).

12« division, à Ravenne : brigade d'Ancône, à Ravenne (6 batail-

alpin et d'un corps de volontaires alpins sur la frontière autrichienne (1), de la création de trois régiments de cavalerie à Pordenone (entre L'dine etTrévise), Trévise, Palmanova (2), de l'envoi, à Trévise, de batteries à cheval et de compagnies du génie (3).

En attendant, une nouvelle répartition des troupes a été adoptée en Vénétie orientale, menacée par les renforts autrichiens envoyés sur l'Isonzo. Dans cette région, quelques bataillons et escadrons italiens, ont été, en 1908, avancés vers la frontière.

Le 7« régiment alpin, augmenté d'un bataillon, a quitté Padoue et Conegliano pour Feltre et Tai di Cadore, — au pied des cols du Trentin oriental, — Tolmezzo et Gemona, — au débouché du col de Tarvis.

La garnison d'Udine a été renforcée d'un bataillon, mais l'état-major de brigade de cavalerie, qui était à Udine, a été ramené en arrière, à Padoue.

Dans la zone située au Nord de la ligne Feltre-Palmanova, incluse, l'augmentation réalisée en 1908 est de deux bataillons.

Ions); brigade de Sicile, à Forli (6 batailloos); 1 régiment de bersagliers, à Bologne (3 bataillons). Ensemble : 33 bataillons (dont 5 sur le territoire du o^ corps).

C^ brigade de cavalerie, à Bologne : 3 régiments, 18 escadrons (dont 6 détachés sur le territoire du 4® corps).

Commandement d'artillerie de campagne, à Bologne : 2 régiments (16 batteries montées, 3 compagnies du train).

1 bataillon cycliste (4 compagnies), à Bologne.

Troupes de forteresse : 10 compagnies d'artillerie (7 cà Venise, 3 à Bologne).

Génie : 7 compagnies (3 compagnies de sapeurs à Bologne; 2 compagnies de laguniers et 1 de sapeurs, à Venise; 1 de mineurs, à Chiusaforte).

(1) Esercito iialiano, !«' mai; Eeuue autrichienne de Streffleur, juin 1908, février 1909.

(2) Messogero, 19 février 1909; Pester Lloyd, 18 mars 1909.

(3) Miiitàrische Presse, 20 février 1909.

Au Sud de cette ligne, les garnisons de Venise et de Vérone se sont accrues, la première, de 4 compagnies, la seconde, d'une compagnie d'artillerie de forteresse (1).

Un bataillon cycliste a été formé le 1«^ avril 1908 à Bologne, avec la compagnie cycliste qui était déjà dans cette ville, et 3 autres compagnies venues de Naples, Ancône et Livourne (2).

L'effectif total des 3®, 5^ et 6® corps a donc été simplement augmenté de 2 bataillons de nouvelle création, l'un alpin, l'autre cycliste, et de 5 compagnies d'artillerie de forteresse venues d'autres corps d'armée. En face des renforts autrichiens, ce changement est de faible importance.

Au Nord du Pô, l'effectif des 3% 5« et 6« corps itaUens est actuellement (3) de :

66 bataillons;

3 compagnies cyclistes ; 48 escadrons;

41 batteries de campagne ou de montagne ; 'J5 batteries de forteresse ou de côte;

9 compagnies du génie; 10 compagnies du train.

Pour avoir le total de ces trois corps, il y aurait

(1) Veltzé's Armée- Almanach, 1908; Neae Freie Presse, 17 mars 1909 ; La Preparazione, 17 mars 1809.

(2) Revue de Streffleur, juin 1908.

Batteries /^\ de Compa- Compa-

Compa- Batteries Batteries forteresse gnies gnies

Ba- gnies Esca- Batteries à de ou du du

taillons, cyclistes, drons. montées, cheval, montagne, de côte, génie, train.

3« corps. .

Totaux. 66 3 4S 32 6 3 15 9 10

lieu d'ajouter à ces chiffres les unités des 5® et 6^ corps, dont les garnisons sont situées au Sud du tleuve (1). L'ensemble serait alors de :

89 bataillons;

7 compagnies cyclistes ; 66 escadrons; 48 batteries montées;

6 — à cheval;

3 — de montagne; J8 — de forteresse ou de côte; 12 compagnies du génie ; 14 — du train.

Si l'on admet, pour ces corps, les effectifs indiqués par les décrets organiques de l'armée italienne (2), les 3'', o^ et G*"^ corps compteraient, en temps de paix, 60,000 hommes (3). Ce chiffre se réduit à 43,000,

^[\ Compa- Batteries Couipa- Conipa-

Ba- gnies Esca- Batteries de gnies gnies

taillons, cyclistes. dions. montées, forteresse, du génie, du train.

5^ corps i » )) » )> » »

(2) Effectifs en hommes, flxés par le décret du 3 août 1903 :

Compagnie d'infanterie et de bersagliers HO hommes.

— d'alpins 140 —

Escadron de cavalerie 1S3 —

Batterie montée 90 —

— à cheval J20 —

— de montagne 140 —

— de forteresse ou de côte 110 —

Compagnie du génie Ho —

— du train , 90 —

(3) Infanterie et bersagliers 33,000 hommes.

Alpins 4,700 —

Cavalerie 9,700 —

Artillerie de campagne 4,700 —

A reporter 54,100 hommes.

si l'on fait abstraction des garnisons des 5® et 6® corps au Sud du Pô.

Jusqu'au commencement de 1908, l'Autriche et l'Italie disposaient de forces à peu près équivalentes sur leur frontière commune : l'envoi, depuis 1903, dans les 3® et 14® corps autrichiens, de 12,000 hommes de nouvelles troupes, avait rétabli, pour l'Autriche, l'équilibre avec les forces italiennes de la vallée du Pô. Les renforts et les nouvelles formations de 1908 (1) ont rompu cet ; équilibre au profit de l'Autriche. De plus, à petite distance de la frontière, les troupes de couverture sont moins nombreuses en Italie qu'en Autriche. Les modifications réalisées par l'Italie, au cours de l'année 1908, en Vénétie orientale, sont sans grande importance. Elles ont peu changé la situation d'infériorité des forces italiennes dans cette province, en face des nombreuses troupes autrichiennes qui garnissent la région de risonzo.

Report 5i,100 hommes.

Artillerie de montagne 400 —

— de forteresse 2,000 —

Génie 1,300 —

Train d'artillerie 1,300 —

Total général 59,100 hommes.

(1) L'Autriche a envoyé, en 1908, 8,000 hoaimes sur la frontière italienne. Voir, à ce sujet, p. 35.

Les préparatifs italiens. — Les fortifications.

Si, le long de la frontière, les troupes ont été peu augmentées, le système de fortifications a, par contre, reçu depuis cinq ans, quelques améliorations (1).

A rOuest du Trentin, l'Italie n'avait, jusqu'à ces dernières années, élevé aucun fort. Aujourd'hui, les cols du Stelvioet du Tonale sont barrés par des batteries près de Bormio, par un fort près de Ponte di Legno.

Aux débouchés Sud des vallées de la Chiese et de TAdige, les ouvrages de Rocca d'Anfo, de Vérone, de Rivoli ont été renforcés. Ces derniers sont aujourd'hui puissamment armés. Les forts construits autour de Vérone, à grande distance (10 kilomètres environ), donneront à cette place une valeur qu'elle ne possédait pas auparavant, comme tête de pont sur la rive gauche de l'Adige et comme camp retranché.

Entre l'Adige et le Tagliamento, les Italiens ont organisé plusieurs zones fortifiées de rassemblement, véritables places d'armes pour des opérations contre leTyrol sud-oriental : celle de la haute vallée de l'Astico, entre Arsiero et Asiago, couverte, près de la frontière, par les forts du val Leogra et de San-Pietro ; — celle de la Brenta, entre Valstagna et Gismone, défendue par les forts de Primolano et d'Asiago ; — celle de la Piave, entre Feltre et Bellune, protégée de même par les

(1) LohelVs Jahresherichte, d904, 1905, 1906; Ueberall, 7 et li décembrel906; Militar Woclunblatt, Il juillet 1907.

ouvrages de Pedevena, d'Agordo, de Pieve di Cadore, de Vigo. De tous ces ouvrages, « un seul est cuirassé (1) ».

« Les fortifications du val Leogra et d'Agordo sont les

forts italiens les plus solides de la frontière Celles

d'Agordo consistent en une batterie ouverte, semi-permanente, un emplacement pour pièces, et un barrage permanent très solide, avec des casemates dans le rocber. Le chemin Fiera di Primiero-Agordo, qui tourne ces ouvrages, est barré près de la frontière par une batterie pour pièces de campagne.

« Les fortifications de Vigo-Lorenzago se composent de plusieurs emplacements pour pièces de campagne et de logements défensifs.

« Celles de Pieve di Cadore comprennent plusieurs ouvrages fermés, destinés au combat éloigné, près de Pieve et de Perarolo, de nombreux emplacements de pièces, et, près de Perarolo, une position de batterie (2). » Mais ce camp retranché de la Piave est « incomplet et très faible (3) » .

L'importance, pour la défense du Tyrol, du maintien des communications par le Pusterthal, — l'une de ses deux lignes de ravitaillement, — la proximité de la frontière italienne qui s'approche à 8 kilomètres de cette vallée, donnent une valeur offensive particulière aux forts de la haute- Piave, à l'abri desquels des troupes peuvent venir se masser à courte distance de la haute Rieoz et de la haute Drave.

Plus à l'Est, les efforts s'étaient, jusqu'en 1907, portés presque uniquement sur la défense de la voie ferrée Osoppo-Tarvis. Le reste de la frontière orientale n'était nullement fortifié.

(1) SecoloXlX, 15 août 1908.

(2) MUitar Wochenblait, 11 juillet 190S.

(3) Secolo XIX, 15 août 1908.

(( Depuis plus de trente ans, dit l'ingénieur Lorenzo d'Adda dans le Secolo (1), le général Perruchetti ne cesse de signaler dans de nombreuses publications le grand danger de cette brèche sans défenses. »

L'administration militaire s'est préoccupée de cette situation qui permettait aux Autrichiens de franchir la frontière sans coup férir, d'autant plus que la supériorité de leur réseau ferré- leur donnait une avance appréciable dans la concentration de leurs forces. Une partie des crédits militaires extraordinaires, votés au mois de juin 1907 par le Parlement italien, a été affectée aux fortifications du Nord-Est.

Le premier chapitre du rapport de la Commission d'enquête sur l'armée, publié le 18 mai 1908, a concerné les fortifications de la frontière.

La Commission a relevé des lacunes importantes dans Porganisation défensive « que des considérations financières ont fait négliger pendant de longues années ». Il s'agit là vraisemblablement de la frontière du Nord-Est. Le rapport estime qu'il faut mettre les barrages des Alpes à hauteur des progrès de l'artillerie moderne et réorganiser aussi les places maritimes.

Commencés à la fin de 1907, les travaux ont continué en 1908, tant pour barrer la trouée entre le col de Tarvis et la mer, que pour renforcer la défense des cols du Trentin oriental. « Le rassemblement de notre armée entre la Piave et le ïagliamento, dit le Secolo (2), serait rendu très difficile, si l'on ne mettait pas notre flanc gauche à l'abri de n'importe quelle tentative d'irruption par les passages du Tyrol. »

La presse (3) a signalé la construction d'ouvrages, en

(1) 26 juillet 1908.

(2) Ibîd.

(3) Étoile belge, 24 mai 1908.

1908, dans la vallée du Natisone, près de Cividale, à la frontière orientale — et dans celle de la Piave ; en

1909, dans les hautes vallées de l'Oglio (col du Tonale), de la Chiese (val Giudicaria), de la Piave, près de Vigo (col de Kreutzberg), de la Fella (col de Tarvis) (1), du Gordevole, au Nord-Ouest de Bellune (2), — et sur le front de terre de Venise, à l'Ouest des lagunes (3).

Depuis deux ans, l'Italie renforce donc ses forts des Alpes autrichiennes et organise, à Venise, une base fortifiée, non seulement pour sa flotte dans l'Adriatique septentrionale, mais aussi pour les forces de terre qui opéreraient entre le Tyrol et la mer.

Toutefois, il ne faut pas oublier que les crédits alloués en 1907 se répartissent sur plusieurs années. Par suite, la date d'achèvement de tous les travaux prévus peut être assez éloignée.

« Parmi les fortifications italiennes, les unes sont de simples ouvrages de barrage avec caractère défensif, comme Rocca d'Anfo, Val Leogra, Agordo, les autres forment des zones fortifiées de rassemblement en vue d'opérations offensives (Arsiero-Asiago, Primolano- Fastro-Lamone) ou des zones de manœuvres pour la défense de la frontière (Vigo — Lorenzago — Forni — A voltri — Pievedi Cadore). Les nœuds déroutes sont battus directement aux défilés, ou indirectement par des batteries qui les prennent d'enfilade (Arsiero et Agordo). Ces défenses consistent généralement en un ouvrage de vallée et un ouvrage dominant destiné à combattre l'artillerie adverse

« De nombreux chemins militaires conduisent aux emplacements préparés pour les batteries. Des dispositifs

(i) Rivista di politica estera e coloniale^ 20 janvier 1909.

(2) Gazetta di Venezia, 25 janvier 1909.

(3) Adriatico, de Venise, 21 janvier 1909.

de mine près des ouvrages d'art complètent les mesures défensives (1). »

Vis-à-vis du Tyrol et de la Carinthie, l'organisation défensive adoptée par l'Italie est, en résumé, la suivante :

près de la frontière, des forts servent de point d'appui aux troupes de couverture et barrent les principaux passages venant du Nord; la vallée la plus importante, celle de l'Adige, est défendue par la place de Yérone, transformée en une grande tête de pont sur la rive gauche du fleuve ;

sur le front oriental du Trentin, des zones fortifiées permettent de rassembler des troupes à l'abri, soit pour couvrir le flanc gauche et les derrières d'une armée marchant de la Brenta sur l'Isonzo, soit pour tenter des opérations offensives sur le Pusterthal ou la haute Adige.

A l'Est du Tagliamento, aucun fort n'existe encore actuellement.

Sur la côte, les fortifications de Venise peuvent être utilisées pour couvrir le flanc droit d'une armée déployée, face au Nord-Est, sur la Brenta.

Cette organisation n'a pas la force de l'organisation autrichienne, plus complète. D'après la revue allemande Ueberall (2) « les fortifications autrichiennes sont organisées d'une façon plus moderne. Par conséquent, la durée de résistance des barrages italiens serait moindre ».

(1) Militar Woch-^nblalt, Jl juillet 1901

(2) 14 décembre 1906.

Les préparatifs italiens. — Les chemins de fer et les routes.

Voies ferrées.

Pour la concentration d'une armée sur la Brenta, les Italiens disposent de trois voies ferrées :

1 ° Ancône — Ra venne — Ferrare — Rovigo — Chioggia ;

2o Florence — Bologne — Mantoue — Padoue ;

3° Livourne — Parme — Mantoue — Vérone — Vicence.

Plus probablement, en raison du peu d'avantages que leur procurerait l'utilisation de la section Rovigo — Chioggia, et en tout cas, s'ils veulent pousser la concentration plus loin vers la frontière du Nord-Est, deux lignes seulement sont à leur disposition :

Parme — Mantoue — Vérone — Vicence — Trévise — Udine ;

Bologne — Padoue — Monfalcone.

Sauf les sections Bologne — Modène et Vérone — Padoue — Venise, toutes sont à une voie,

Dès 1903, l'amélioration de ce réseau était à l'ordre du jour.

(( A l'occasion des projets de loi autrichiens relatifs aux nouveaux chemins de fer dans les Alpes, quelques journaux italiens, notamment la Potria^ ont fait ressortir la nécessité de la construction de voies ferrées aboutissant à la irontière austro-hongroise La Patria déclarait que ce complément du réseau serait une mesure de

sécurité militaire, sans que la fidélité envers la puissance alliée en fût entamée Un capitaine d'étatmajor, Emil Abati, étudia cette question au seul point de vue militaire, dans un travail intitulé : // problema

ferroviario italiano Il demandait la pose d'une

deuxième voie sur toute les lignes principales, l'adoption du block-système et l'extension du réseau ferré. D'après ses calculs, 600 millions de francs seraient nécessaires pour les améliorations à apporter aux voies existantes, et 400 millions pour la construction de nouvelles lignes (1). »

Depuis la reprise des chemins de fer par l'Etat, le 1^^ juillet 1905, le gouvernement a reconnu la nécessité de grands travaux sur le réseau national.

De 1905 à 1908, le Parlement lui a accordé, à cet effet, un milliard de francs. Plus du tiers — 380 millions — a été consacré à l'achat de matériel roulant. En 1908, une nouvelle somme de 550 millions a été votée (2). D'après les journaux (3), la discussion, à la Chambre, a « pris une grande vivacité au sujet de la construction de certaines lignes d'intérêt stratégique en Vénétie », demandées par les députés de cette région. « Ceux-ci préconisaient une ligne directe de Bologne à la frontière orientale, par Ostiglia, Legnago, Camposanpietro. Le gouvernement écarta ce projet, qui ferait une concurrence aux lignes existantes, et s'en tint au doublement de la ligne Bologne — Padoue (4). »

Certains travaux du programme adopté intéressent la Yénétie et la Lombardie orientale, tels que le double-

(1) Internationale Revue ûher die gemmmten Armeen und Flotten, 6® supplément, décembre 1903.

(2) Revue de Streffleur, novembre 1908.

(3) Tem:,s, 16 juin 1908.

(4) Zeitung des Vereins deutscher Eisenbahnverwaltungen, 11 avril

ment des lignes Bologne — Padoue, Mestre — Trévise — Gasarsa et la construction de celles de Bellune à Cadore et de Poggio Rusco à Vérone. En 1907, on a commencé la ligne de Mestre à Tezze. Par le val de Sugana, elle fera communiquer directement Venise avec Trente.

Comme pour les fortifications, les crédits alloués sont répartis sur plusieurs années : 4 seulement des 550 millions votés, doivent être dépensés au cours de Tannée budgétaire (1) 1908-1909, 43 en 1909-1910, 70 en 1910- 1911, 72 en 1911-1912 (2).

Lorsque les travaux prévus par ce programme seront achevés, la situation sera un peu améliorée sur le réseau ferré du Nord-Est : une double voie reliera le Tagliamento à Vérone d'une part, à Bologne de l'autre, une nouvelle ligne aboutira, du Sud, à Vérone, et deux autres voies desserviront les hautes vallées de la Piave et de la Brenta. Le rendement de ce réseau, dit un journal italien (3), est beaucoup plus faible « que celui des chemins de fer autrichiens , organisés supérieurement pour la concentration la plus rapide du gros de

l'armée impériale En Italie, les quais et les voies

nécessaires pour les grands mouvements de troupes et de matériel manquent. Avec un tel système dévoies ferrées, on peut dire que, dans le même temps, l'Autriche peut concentrer des forces deux fois plus grandes. » L'échelonnement des crédits montre toutefois que cette amélioration ne pourra pas être réalisée avant un avenir assez lointain.

Routes.

La presse italienne a fait ressortir que, dans ces dernières années, peu de voies carrossables ont été cons-

(1) L'année budgétaire italienne commence au 1®^ juillet.

(2) Bévue de Stref fleur, novembre 1908.

(3) Secolo XIX, 15 août 1908.

AUTRICHE ET ITALIF. 101

truites dans un but militaire. Elle a signalé aussi l'utilité d'établir des ponts sur les fleuves de Vénétie. « Ces ponts sont toujours les mêmes qu'il y a quarante ans, sauf celui de Pinzano, sur le Tagliamento. Il faudrait en augmenter le nombre (1) ».

Pour l'Italie, l'importance des routes, dans la zone frontière, est du reste moindre que pour l' Autriche. Cette zone est en effet, beaucoup moins montagneuse en terrain italien que du côté du Tyrol et de la Carinthie.

Il était donc naturel que l'effort budgétaire de l'Italie se portât de préférence sur les voies ferrées destinées à transporter dans la vallée du Pô les troupes du reste du royaume.

(1) Secolo XIX, loaoût V

Les préparatifs italiens. — La défense des côtes et la marine.

Le long des côtes italiennes de l'Adriatique, par suite des courants et des vents, la navigation est parfois difficile. En dehors de Venise, ces côtes ne présentent aucune rade ou port important.

L'étendue du littoral, le peu de développement du réseau ferré qui le dessert, rendent malaisée, sur terre, l'organisation de la défense. Celle-ci incombe presque entièrement à la marine.

Si la supériorité de la marine italienne, par rapport à la flotte autrichienne, est réelle, l'Italie n'a, dans l'Adriatique, en face de Pola et de Gattaro, qu'un seul port militaire, Venise.

Sous l'énergique impulsion de l'amiral Bettolo, autrefois préfet maritime de Venise, et actuellement chef d'état-major de la marine, les défenses de cette place, qui doit devenir « un point d'appui naval de premier ordre (1) », ont été considérablement renforcées depuis le d^r janvier 1906. Elles s'étendent jusqu'à 12 ou 15 kilomètres de la ville et sont aujourd'hui très solides (2).

Un nouveau port de guerre a été projeté à Gomacchio en 1906, mais aucun travail n'y a encore été exécuté. Quant aux ouvrages de Tarente et d'Ancône, ils ne sont pas modernes ni susceptibles d'une résistance très

(1) Militdrische Presse, 12 décembre 1908.

(2) Ibid., 3J octobre 1908.

sérieuse. D'après la presse italienne (1), Ancône, délaissé depuis plusieurs années, doit être, de nouveau, mis en état de défense. Une compagnie d'artillerie de forteresse y a déjà été dirigée de Gênes, au printemps de 1909.

Dans les premiers mois de l'année 1908, la presse a annoncé que l'Amirauté italienne étudiait la création d'une base secondaire dans la région des Fouilles et que la construction de deux nouveaux ports de guerre sur l'Adriatique, l'un à Ravenne, l'autre dans la baie de Manfredonia, allait être proposée. On estimait que « la nécessité de ces deux ports s'imposait absolument (2) ».

Jusqu'à présent, rien n'a été fait dans ce sens. D'ailleurs, en Italie comme en Autriche, on estime que la meilleure protection des côtes réside dans une puissante flotte de combat.

Cependant, il convient de noter (3) l'aménagement, à Brindisi, d'un vieux château en caserne pour 700 matelots, l'augmentation du nombre, porté à 30, des torpilleurs et des contre-torpilleurs, la construction d'un dock flottant, et l'affectation permanente de 2 croiseurs à ce port. Il semble donc qu'un effort assez sérieux soit fait, ou sur le point de se faire, pour constituer, à Brindisi et à Otrante, un point d'appui naval en face des bouches de Cattaro.

Sous le titre « Une nouvelle orientation de la politique navale italienne », une revue allemande (4) a signalé les efforts de l'amiral Bettolo pour développer la marine.

« Le chef d'état-major de la marine italienne, l'amiral Bettolo, a rapporté à Rome, de son voyage d'inspection

(1) Preparazione, citée par la MilitO.rische Presse, 10 avril 1909.

(2) Temps, 21 mai et 14 juin 19u8.

(3) Correspondance de Brindisi au Standard, citée par le Temps, 8 avril 1909.

(4) Ueberall, août 1908.

^Oi AUTRICHE ET ITALIE.

sur la côte de l'Adriatique, un nouveau plan pour la politique navale de l'Italie : plus de nouveaux points d'appui,

et, à leur place, création d'une grande flotte Venise,

disent les partisans de l'amiral Bettolo, n'est pas en état de se défendre seule. La flotte autrichienne peut bombarder la ville et, grâce aux passages peu nombreux et étroits, bloquer l'escadre ennemie. Dans l'Adriatique, sur une longueur de 1,063 kilomètres, jusqu'à Tarente, il n'existe pas de base maritime utilisable. A Tarente, la flotte italienne de l'Adriatique ne peut non plus trouver la protection nécessaire. La flotte dépend ainsi de la Spezzia, éloignée de 1,165 kilomètres de Tarente, et de 1,830 de Venise.

« Par contre, pour ses entreprises sur mer, l'Autriche dispose, en dehors de Pola, de meilleurs points d'appui, dans les ports et les iles dalmates, fortifiés par la nature.

« Il ne reste donc pas autre chose à faire que d'augmenter le matériel flottant et, au lieu de fortifications côtières, de construire des navires de combat

(( Il n'y a pas à douter que le Gouvernement se ralliera aux vues de l'amiral Bettolo et accélérera l'achèvement de la nouvelle division de 19,000 tonnes. »

Cette division comprend 2 cuirassés. Ils sont encore en chantier.

Aux nouveaux projets autrichiens de constructions navales ont répondu, en Italie, des projets analogues, plus étendus. D'après la presse autrichienne (1), ils concernent :

6 cuirassés à tourelles de 20,000 tonnes; 4 croiseurs cuirassés de 12,000 tonnes; 8 croiseurs rapides de 4,000 tonnes; 10 torpilleurs de haute mer de 300 tonnes.

(1) Neue Fre'e Presse, 2 mars 1908, 16 mars 1909.

Les crédits nécessaires seraient de 600 millions de francs. Ce programme devrait être exécuté en 1912.

En Italie, comme en Autriche-Hongrie, les budgets de la marine augmentent. Le budget de 1909-1910 est supérieur à celui de 1908-1909, de plus d'un million de francs. L'effectif des équipages de la flotte, de 27,000 hommes en 1908, atteint 28,000 hommes en 1909.

Si l'on ne fait état que des navires actuellement construits ou en construction, l'Italie peut mettre en ligne 22 navires cuirassés, éclairés et appuyés par 14 croiseurs non cuirassés, tandis que l'iVutriche compte seulement 15 navires cuirassés et 8 croiseurs (1).

Dans le combat sur mer, Timportance de l'artillerie est primordiale. La bataille de Tsoushima a fourni de ce fait la preuve la plus claire et la plus récente. Sur ce point aussi, l'avantage appartient à la flotte italienne. Si la grosse artillerie des cuirassés et des croiseurs est, des deux côtés, en nombre à peu près équivalent — 79 pièces pour l'Italie, 75 pour l'Autriche, — le nombre des canons de très gros calibre est beaucoup plus

(1) La liste ci-après comprend les navires actuellement en construction, autres que les torpilleurs : en Italie, 4 cuirassés d'ejcadre, 4 croiseurs cuirassés, 6 contre-torpilleurs, 3 sous-marins; en Autriche : 3 cuirassés d'escadre, 1 croiseur (Commandant de Balincourt, Les flottes de combat en 1909). Les 3 Dreadnought autrichiens, qui seront mis en chantier à l'automne de 1909, ne figurent pas dans le tableau suivant.

CONTHE-

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