EMBOLIES ARTÉRIELLES ET CAPILLAIRES
Leur existence, cependant, a pu, assure-t-on, être démontrée quelquefois déjà, à la suite d’une investigation minutieuse.
Quoiqu’il en soit, les observations sur lesquelles s’appuie la partie purement descriptive des travaux dont il vient d’être question, établissent plusieurs faits importants; ainsi elles font voir : 1° que ces dépôts fibrineux multiples des reins, du foie, mais surtout de la rate, se rencontrent assez particulièrement chez des individus qui, pendant la vie, ont présenté les signes d’une affection organique du cœur, et chez lesquels, après la mort, on a trouvé les valvules sigmoïdes de l’aorte ou mitrales recouvertes de végétations fibrineuses qui souvent paraissaient ramollies ou comme déchiquetées. Cette existence fréquente des deux altérations a été remarquée par un assez grand nombre d’auteurs. — (Roldtansky, Hodgkin, et Jackson (de Boston). On a particular derancjement of the Spleen, in Medlco chir. London, 1846, vol. XXIX. — Virchow,
loc. cit.; Kirkes, loc. cit. et autres). Nous l’avons rencontrée nous-même dans un assez bon nombre de cas. — 2“ L’oblitération desarlères volumineuses avec ou sans gangrène des membres et le ramollissement cérébral s’observent quelquefois, soit isolément, soit simultanément, en même temps que les dépôts fibrineux et les hémorragies interstitielles, ainsi que l’ont vu les auteurs que nous venons de citer et d’autres encore. — 3“ Il arrive parfois aussi que les premières de ces affections locales soient les seules qui coexistent avec les végétations fibrineuses valvulaires, et que les dépôts fibrineux fassent défaut ou du moins passent inaperçus (Pioch. Gaz. médic., août 1847, n“ 34. — TuEfnel. Dublin quarterhj Rev., t. XV, 1853, p. 371). — 4° Enfin, il peut arriver encore, entre autres combinaisons possibles, que les végétations valvulaires manquent et que les dépôts fibrineux et l’oblitération d’une artère volumineuse, suivie de gangrène d’un membre, existent seuls.
EMBOLIES ARTÉRIELLES : CRITIQUE
C’est ce qui avait lieu chez la malade qui fait l’objet de noire communication.
Nous pourrions, àla rigueur, supposer que chez cette malade, quelques fragments des plaques osseuses qui existaient à l’origine de 1 aorte et a sa terminaison ont été détachées par une cause quelconque et ont déterminé la coagulation du sang dans les artères de la jambe gauche et aussi la production des hémoiragies multiples et parenchymateuses; mais ce serait là une hpothèse purement gratuite, car, malgré un examen assez attentif des parties, nous n’avons rien rencontré qui soit de nature à la justifier. D’un autre côté, les détails de l’observation ne nous permettent pas de croire que l’inflammation, ou toute autre affection des artères du membre inférieur gauche, aient existé primitivement et aient provoqué la formation des caillots qui oblitéraient ces vaisseaux. Les caillots se sont formés d abord, et l’artérite, si toutefois elle existait réellement, s’est développée ensuite. Nous ignorons quelle a pu être la cause première de cette coagulation spontanée du sang dans les artères des membres inférieurs. La rigidité des parois de l’aorte abdominale a sans doute favorisé son action, mais elle n’a certainement pas été le point de départ de tous les accidents. 11 nous semble que cette cause, quelle qu’elle soit, devra rendre compte, non-seulement de la gangrène qui a frappé un des membres, mais encore de la présence des dépôts fibrineux et des hémorragies circonscrites disséminées dans plusieurs viscères.
On pourrait peut-être admettre quelle n^est autre qu’une modification survenue dans les propriétés plastiques du sang, et supposer que ce liquide a acquis une tendance particulière à la coagulation; mais d’où proviendrait cette altération du sang? Serait-elle primitive, ou, au contraire, faudrait-il la subordonner à une affection des organes? Ce sont là des questions que nous ne pouvons point aborder pour le moment;