J PE TA PNEUMONIE CURONIQUE
0(5 Redoublement fébrile très intense dans la soirée; sentiment de faiblesse et de fatigue extrême; vomissements répétés; disparition du râle crépitant en arrière; langue humide, ventre
souole. indolent. (Même traitement).
27. Pouls à 140 ; la respiration est gênée, 32 inspirations peni-
bl6S •
!/état de la malade est exactement le même les jours suivants.
Le 2. nars, le côté droit de la face est très rouge. Une dyspnee intense, accusée par la malade, est survenue dans la so.ree, respiration, 40 ; pouls, 12i. Râle crépitant dans les fortes inspr Lns ou pendant la toux, perçu dans toule la partie postérieure droite. (Traitement : tisane pectorale, on suspend 1 usage de
’’“LrsvXw'^"'’ changent pas jusqu’au 6 mars. ^ nue les règles reparaissent à leur temps ordinaire. Cependant la fi’èvre conlinue toujours; le pouls est à 140; la respiration a 40- même râle soiis-crépitant. Toux plus fréquenle, expector lion de crachais rares, transparents et visqueux comme du veire
^“"Traitement : potion avec exirait de quinquina, 6 décigrammes,
nihiles de cynoglosse, bouillon). ^
iT ohaleur Wve de la peau ; dyspnée ; in, elligence présenté. U Pouls 168 ; respiration, 60; délire pendant la nuit; cyanose du visL dysp ée extrêmes pupilles dilatées ; expression de st;mm; expectoration de crachats de couleur jus de pruneau. Aidopsie le 15. Temps froid. ^
Poumon droit. - 60U grammes de liquide sero-pui ule
un épanchement. Vpxistpnce
Le poumon est libre de toute adhérence, maigre 1 ex.stenc d’une pleurésie toute récente, marquée par l'existence de que nues fuisses membranes molles et faciles à déchirer. En divisant
le lobe supérieur du poumon droit dans “'1’
trouve disséminées çà et là, huü cmnes irregulieres de la „ o. seur d'une noisette, contenant de la matière purulente blanchâtre ; aucun détrUm de UécrcuU ramolli. Plusieurs -"t ^
chées et communiquent entre elles. Quelques-unes sont lapissees
OBSERVATION : PNEUMONIE CURONIQUE ULCÉREUSE 143
défaussés membranes encore molles et mal organisées. La paroi interne des autres est inégale, anfractueuse. Le tissu pulmonaire y est à nu, induré et fortement imprégné de matière mélanique. On voit les bronches aboutir à ces cavités qui me paraissent évidemment formées par la suppuration et le ramollissement inflammatoire du tissu pulmonaire. Dans la paroi de ces abcès on ne trouve aucune matière qui ressemble à du tubercule crû ou en voie de ramollissement.
Entre les cavités pathologiques dont il vient d’être question, le tissu est sillonné par un grand nombre d'intersections blanchâtres, dues aux clo/sons celluleuses et aux vaisseaux épaissis et oblitérés ' ailleurs il existe dans les lobules une coloration grisâtre, ou plutôt une sorte de décoloration, de transparence des tissus au milieu desquels on découvre de nombreuses taches de mélanose naturelle (pneumonie chronique grise). La disposition cloisonnée des lobules dans les points que j’ai indiqués est encore plus manifeste dans les lobules indurés en gris. On n'y aperçoit qu’avec peine les petites bronches.
Enfin, la plèvre présente en trois points des taches blanchâtres qui correspondent à du tissu pulmonaire infiltré de pus concret.
Lobe moyen. 11 est presque entièrement transformé en un tissu grisâtre, transparent, dense, résistant, presque fibreux, duquel ne s écoulé, par une forte pression, que du liquide séreux. A son nord postérieur, emphysème extra-vésiculaire.
Lobe mlé,w. A la parlie supérieure se trouve une cavité * fa P'OSUUV dune nmx, renfermant du pus liquide. La paroi est for
mee par du l.ssu pulmonaire dur, friable, jaunâtre et fortement
in 1 re ce pus concret. Pas de fausses membranes dans la cavité pathologique. Le reste du lobe inférieur est dur, friable, non cré pilant, non granulé, rougeâtre et ne laisse écouler ou a erand'. peine un liquide séro-sanguinolent.
La membrane muqueuse des bronches est d’un rouge vif car mine, qui 3.étc„d jusque dans les plus petites bronchL. Celles d sont pleines d un liquide purulent, blanchâtre et très épais
la moindre trace de matière tuberculeuse. Je l’ai inutile
DE LA PNEUMONIE CllUONlQUE
ment cherchée soit dans le poumon droit, soit dans le poumon^ gauche qui était sain ; je n'ai rien rencontré qui y ressemblât, et l examen microscopique a achevé de confirmer mon opinion.
Les détails anatomiques qui accompagnent les observaiions de MM. Monnerel, Hardy el Béhier el la nôtre propre, sont fort explicites. Les excavations trouvées au centre du tissu pulmonaire induré n’étaient point d’origine tuberculeuse ; elles ne présentaient aucun des caractères des ampoules qui résultent de la dilatation d’un rameau bronchique. L histoire de la maladie, dans les observations 1 et II, tend à prouver en outre que les cavités dont il s’agit -s’étaient formées a une
époque plus ou moins éloignée du début des accidents thoraciques et alors que l’induration pulmonaire était déjà ancienne’. EnBn. dans l’observation I, on pouvait suivre, pour ainsi dire dans toutes leurs phases, les métamorphoses que-
niouvent probablement dans tous les cas de ce genre les issus indurés, avant que la période de ramollissement ne soit décidément constituée. En effet, les différents éléments qui constituent le parenchyme pulmonaire avaient degrés la dégénération graisseuse. Cette dégénérât on etai Ltava„réeau voisinage de >'--tion qui s.e^ piveau du bord postérieur du lobe inférieur droit elle e très manifeste encore en un point situe au ^
grande excavation, et où l’on rencontrait une soi te d esca. .,
molle, jaunâtre, arrondie, du diamètre d une pièce de fr.. encore adhérente aux parties voisines, et qui exhalait odeur assez forte, mais non gangréneuse '.
, 0„ peiil papproclier de "J'.'’
perlée p.r .«. le P™ es»e»r O™’ 0"OSl» aisi.é
loiiiie falkologinat P'- '')• O-*"® „,éàlal)lemcnl induré ; un traginenl dé s'élail emparé du useu P’’ dans une vaste cxca-
îjrrâux^XÏÏÏ'îaSl'i'e'iri' mau“Scndn péHicnir.
excavations pulmonaires
De loul ceci nous croyons pouvoir conclure que les observations d’Avenbrugger, Corvisart, Slokes, Addison et quelques autres, étaient parfailemenl fondées, et que les parties d’un poumon atteintes d’induration grise peuvent, ainsi que ces auteurs l avaient annoncé, être le siège d’un mode particulier de ramollissement, qui aboutit à la formation d’ulcérations d excavations pulmonaires plus ou moins spacieuses ; ces excavations renferment un liquide ichoreux, séro-purulent, d’au-
«s fois meme purulent; leurs parois peuvent, dans quelques Circonstances, devenir Je si^t^p d’nno r i tnh. n TPnfi cl , ^ ^ ® gangréneuse
^ cas, Ja gangrène paraît être priive e précéder 1 ulcération. Les relations intimes qu’on sait exister entre le ramollissement, l’ulcération et la gangrène permettent d’ailleurs d’admettre que tous ces faits e„ apparence si divers, doivent rentrer dans une même catégo’rie que ce sont là des modes variés d’un processus morbide tou- J^oursle m meau fond'. On pourrait, ce nous semble, désl ^ner sous m nom de pneumonie chronique ulcéreuse ^ cette me de la ma adie dans laquelle la fonte ichoreuse s’empa du^poumon induré, par suite d’un travail d’inflammaZ
lecl. v.“ondon! «50.'’ ‘"flmmMim. - On ulceralim,
note relaüve h un^malTdrmfi^Lccom communiffuer une
tle la phtisie tuberculeuse: SoufRe caverneux^errâles^*'^^^”*^^ signes
" v^tou's clroit: Se ï^ctique'^r""?-;.
ouva tous les caractères de la nneiimnm’p Àr. • ~ ^ 1 autopsie on
Une des cavernes contenait une concrétion solide ulcérations,
b analyse démontra que ce calcul éiaii en ■ une forme irrégulière Pilotes terreex,
male. — « Ce calcul, .. dit M. Gubler en terminam i ^ matière ani-
men a7„V?“ ‘ '“d »"x concrétion^ ‘‘ont il s'asil,
ment dans la vessie lorsque l’urine reste ammn ■ ^ *ïui se for-
‘Imposer à I. surface des’caicnl i" lll ré déérées '’a'’ J'”' ™ e
eond.,re .. „ „.y a pas de trace de tube c Elion '"“'“l'elile se-
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■ ,ülle ne rép„„<rrf" ‘éiérr Ta' S"'!;’™’
; enunent n-était aulrc clrose <p,Lc T"'
feangiene du pou-
Charcot. Œuvres complètes, t. v, Poumons.
DlC LA PNEUMONIE CllHONlQUE
Évolution. — Formes de la maladie. Symptômes généraux. — La pneumonie chronique peut se développer de deux manières ; tantôt elle succède aux symptômes plus ou moins manifestes d’une pneumonie aiguë, tantôt, au contraire, elle débute avec des commencements obscurs, insidieux. Le premier cas paraît être le plus fréquent ; telle est du moins l’opinion qu’on trouve exprimée dans les articles de MM. Chomel, Hardy et Behier ; telle est aussi celle à laquelle nous sommes conduits par la comparaison des observations.
On peut rechercher d’abord s’il existe dans le premier cas
quelques phénomènes qui marquent d’une manière particulière la transition de l’état aigu à letat chronique ; « On voit d’abord, dit M. le professeur Grisolle \ la maladie s amender, en apparence du moins ; la fièvre diminue ou cesse même tout à fait. La douleur thoracique disparaît ; les crachats perdent leur viscosité ainsi que leur coloration hémorragique ; l’appétit renaît, mais nonobstant cette amélioration, quelques symptômes persistent opiniâtrement, les forces et 1 embonpoint, loin de reprendre, se perdent de plus en plus, et. I on trouve en explorant la poitrine qu’une portion plus ou moins considérable du poumon reste encore imperméable à l’air, c’est-à-dire que la percussion constate une matité d’une certaine étendue, et que là l’auscultation rencontre la respiration bronchique, la bronchophonie avec des râles sous-crépitants et muqueux. » Celte persistance des phénomènes locaux qui révèlent l’existence d’une induration pulmonaire après la disparition plus ou moins absolue des symptômes réactionnels, se
, Grisolle. — Traité delà pneumonie, p. 330.
SYMPTÔMKS 147
trouve signalée dans des observations où l’on a pu assister aux premiers débuts de l’airection, mais ce ne serait point là un caractère d’une valeur absolue, propre, par exemple, à présager que telle pneumonie, plutôt que telle autre, menace de se constituer à Tétât chronique. On sait, en effet, par les obseivations de M. le professeur Grisolle, qu’un lent retour du poumon àl état normal est un fait commun, sinon même habituel, a la suite des pneumonies les mieux guéries. La faiblesse du bruit respiratoire, une respiration rude mêlée de râles sous-crépitants, tels sont souvent les seuls indices de cette resolution imparfaite; mais on a vu cependant des cas où le souffle tubaire, la bronchophonie et une matité plus ou moins prononcée ont pu persister pendant deux ou trois mois après la guérison complète d’une pneumonie, sans qu’il y ait jamais eu pour cela la moindre tendance à la récidive, le moindre retour des accidents fébriles. Les cas de ce genre n’appartiennent évidemment pas, au moins d’une manière directe, à 1 histoire de la pneumonie chronique ‘ : on pourrait les interpréter, ce nous semble, en admettant que les matériaux d exsudation ne se sont point résorbés et ont pu séjourner pendant longtemps au sein du parenchyme pulmonaire sans qu il y ait eu cependant coexistence d’un travail inflammatoire. Quoi qu’il en soit, lorsque la pneumonie doit se perpétuer à l’état chronique, les phénomènes généraux, s’ils se sont effacés déjà pendant un temps plus ou moins long, ne tardent pas à reparaître, et alors deux cas peuvent se présenter: tantôt la réaction acquiert d’emblée les caractères plus ou moins tran-
’ On trouve deux exemples de ce genre dans la thèse de M Ravmr.n^ n esigne sous le nom de pneumonie chronique; ce sont les deiiJçp i *
t fr.'Sc? ?" “"'“•i'verei'lu
III , ^ ^ inséré dans la Gazette médicale 1846 MM An
lérard m récemmenl chacun un cm de “
avec persistance des phénomènes locaux pendant plusieurs mo^î , cessation du mouvement féhrite. Ces sont smrrutri'oin^X:
,j /^g de la l’NEUMONIE CHRONIQUE
chés de la fièvre hectique, tantôt, au contraire, il y a préalablement réapparition momentanée de l’état aigu ou, autrement dit, rechute.
Au bout d’un temps variable, la fièvre hecliqne se dessine d’une manière plus prononcée, plus persistante. Chaque soir, la peau est chaude et la face s’anime; il y a quelquefois des sueurs nocturnes profuses ' ; bientôt la nutrition s’altère, et les malades dépérissent. On a mentionné, dans plusieurs cas, l’existence d^un œdème siégeant aux membres inférieurs. En un mot, on observe un ensemble de phénomènes qui, joints aux symptômes thoraciques tels que toux, dyspnée, etc., reproduisent tous les traits les plus habituels de la phtisie pulmonaire tuberculeuse. La phtisie galopante elle-même pourra être simulée jusqu’à un certain point par la pneumonie chronique, ainsi qu’on peut le voir d’après l’observation que nous a communiquée M. Monneret. Chez la femme qui ai l’objet de cette observation, l’évolution de la maladie^ a été relativement rapide ; la peau était constamment brûlante, le pouls d’une grande fréquence, la toux répétée, la dyspnee intense. En même temps, l’auscultation et la percussion ^ aisaient constater l’existence d’une induration et d’excavations siégeant au sommet de l’un des poumons.
Lorsque doit survenir la terminaison fatale, le mouvement
fébrile devient incessant, une diarrhée incoercible se manifeste quelquefois (obs. I) ; en général, le malade succombe dans le dernier degré du marasme (obs. II). Dans les quelques cas signalés par les auteurs comme exemples de guérison, ^ amélioration s’est montrée d’abord dans les symptômes generaux, et elle s’est accompagnée de sueurs abondantes qui
< Il n’en était pas ainsi dans le cas Pj ‘ uaymon^^^ dans plu-
noléa expressément Cens rol. serve-
tion III.
KXCAVATIOWS l’ULMONAlRES
avaient ]e caractère de sueurs critiques ; puis la décroissance des phénomènes locaux s’est effectuée d’une manière lente et progressive (Raymond, Chomel).
On ignore, quant à présent, si la formation des abcès ou des excavations dans les parlies indurées s’annonce par quelques phénomènes généraux particuliers. Les signes obtenus par l'examen physique de la poitrine, ou encore l’expectoration soudaine d’une grande quantité de pus S paraissent seuls pouvoir la révéler. Il n’en serait pas de même dans les cas où il y a fonte gangréneuse ; alors, outre l’hémoptysie, l’odeur fétide de I haleine et des crachats, on aurait à constater un ensemble de symptômes graves, résultant de la résorption des matières putrides puisées dans le foyer gangréneux (obs. I).
beux mois et demi, trois ou quatre mois suffisent souvent pour que la pneumonie chronique accomplisse toutes les phases de son évolution. Mais, dans d’autres circonstances la duree de la maladie est beaucoup plus longue et paraît pouvoir dépasser une année (obs. I). Les malades qui succombent, même rapidement, n’ont pas pour cela nécessairement des excavations dans les poumons (obs. III). Cependant la pneumonie chronique ulcéreuse paraît être plus rapidement ' latale que les autres formes de la maladie.
L observation suivante, recueillie par nous à l’hôpital de la itié en I8S0, est un bel exemple de pneumonie chronique non ulcereuse (induration grise avec métamorphose ûhreuse très avancée), occupant le poumon droit dans toute son étenue. On peut y étudier l’évolution de la maladie, du moins dans les premières phases de son développement, car, à une certaine epoque, un abcès volumineux, bientôt suivi d’un décollement considérable, se développe dans les parois thoraciques et vient modifier le cours naturel des choses.
‘ Wuntlerlicli. — Paiholog. u. Thérapie, 3 Bd., p. 305.
\bO
DE LA PNEUMONIE LllRONlQUE
jii Observation de pneumonie chronique succédant à une pneumonie aiguë. — Carie de plusieurs côtes, abcès ossifluenls.— Mort quatre mois après le début de la maladie. Autopsie. Induration grise dans toute l' étendue du poumon droit. — Pas traces de tubercules.
Le nommé Champion, bonnetier, âgé de soixante et un ans, est admis à l'hôpital de la Pitié, le 30 mars 18o0, salle Saint-Raphaël, no C’est un homme d’une constitution moyenne, d’apparence assez chétive. Cependant il dit se porter bien habituellement. Toutefois il tousse depuis quelques mois et il a un peu maigri. Il
y a cinq jours, frisson, point de côté, crachats rouillés. Le jour
de l’entrée on constate : au sommet du poumon droit, de la matité en avant sous la clavicule et en arrière au niveau de la fosse sus-épineuse. A l’auscultation, souffle bronchique mêlé de râle sous-crépitant. Le murmure vésiculaire paraît affaibli au niveau de la partie postérieure du lobe inférieur; on le perçoit cependant et il paraît mélangé de râles muqueux fins. Réaction fébrile de moyenne intensité ; prostration, pas de délire ; crachats rouilles caractéristiques. — Le avril, même état local : 100 pulsations ; délire la nuit. — Le 2 avril, état adynamique très prononce, crachats rouillés très foncés ; le souffle bronchique gagne le lobe inférieur. — Le 3, l'état typho'ide persiste ; dans les deux tiers supérieurs du lobe inférieur on perçoit du souille bronchique très prononcé mêlé de ronchus secs très rudes; matité dans les points correspondants; râles sous-crépitants dans le tiers inférieur.
Le 4 92 pulsations, amendement prononcé de l’état general ; crachats muco-puriilents, non rouillés. - Le 5, le pouls tombe a 84. — Le 6 râle crépitant de retour; dans la partie supérieure du lobe inférieur, plus de souffle bronchique ; le souffle persiste au
sommet. — Le 7, soixante-huit pulsations, la température de la peau tout à fait normale. - Du 8 au M, même état général. Cependant le souffle persiste au sommet du poumon. -Le 12, quan on fait tousser le malade, du râle crépitant rediioi ? se jnele au souffle bronchique à la fin de l’inspiration. Du 12 au 17, meme
OBSERA^ATION
état général, môme état local ; le souffle et la matité persistent au sommet; bronchophonie intense et malité an niveau du lobe inféiieur, on n y pe7'çoit pas de souffle, mais le mw^mure vésiculaire ne se perçoit pas non plus distinctement ; il y a comme un silence. Cependant point d’égophonie. — Le 18, le malade, qui jusque-là n avait pris que des bouillons et des potages, assure avoir très faim. On lui accorde une portion d’aliments. — Du 18 au 29, le malade se lève, mais il a peu de force, il mange à peine; un peu de fièvre le soir ; toujours même élat local ; le 29 le malade a eu du frisson le matin. Il y a eu de la dyspnée, la respiration est redevenue fréquente, la fièvre reparaît, râle crépitant mélangé au souffle bronchique ; une épistaxis. — Le 30, application d’un vésicatoire sur la partie postérieure et moyenne de la poitrine à
droite. — 6, 7, 8, 9 mai, le malade se dit mieux, mais il a toujours des frissons erratiques, le soir les yeux sont injectés, les pommettes rouges ; il a peu d’appétit et mange à peine: les signes d induration pulmonaire persistent. - Le 9 mai, la pointe de l’omoplate droite est soulevée par un abcès profond. Une incision pratiquée au sommet de la tumeur donne issue à 500 grammes environ de pus bien lié. -Du 6 mai au 1- juin, on ouvre plusieurs fois 1 abcès, l’orifice s’étant refermé. Le pus est toujours abondant, mais il devient de plus en plus séreux; pendant ce temps l’état général est toujours fâcheux; fièvre hectique, amaigrissement rapide ; cependant il n’y a pas de dévoiement; tous es signes d’induration pulmonaire persistent. Pendant ce temps, peu de toux, expectoration muco-purulente peu abondante, pas de sueurs nocturnes. -Pendant le mois de juin, l’ouverture faite à 1 abcès devient fistuleuse, il s’en écoule constamment une petite quantité de pus séreux. Le poumon est examiné à plusieurs reprises les signes physiques indiquent toujours l’existence d’une induration. Le malade continue à maigrir, mais il n’y a ni toux ni oppression, il n’a pas de dévoiement, pas de sueurs la 7iuit H mange a peine la moitié de la portion d’aliments qui lui est âr cordée. -Dul«au 19 juillet, l’état général s’aggrave graduel' lement, la fievre hectique persiste, mais il n'y a pas de /
nuit. Pas de diarrhée, plutôt de la constipation, pas d'infJatill
DE LA PNEUMONIE CllUONlQUE
des membres inférieurs. L’expecloralion qui était depuia longtemps peu abondante, muco-puriilente, devient le 9 juillet très abondante. Les crachats ont jusqu’à un certain point la forme nummulaire et l’apparence du pus, ils n’ont point d’odeur fétide. Yoici le résultat de l’examen de la poitrine fait ce jour-là: poumon gauche, rien à la percussion non plus qu’à l’auscultation, si ce n’e.st une rudesse assez prononcée du murmure vésiculaire avec mélange de râles vibrants. Poumon droit : en avant, sous la clavicule, matité assez prononcée ; murmure respiratoire éloigné, difficile à percevoir. En arrière, matité dans toute l’étendue de la poitrine par l’auscultation au niveau du lobe supérieur, murmure indistinct, faible et lointain, résonnance de la voix au niveau du lobe inférieur ; souffle tubaire très prononcé dans toute l’étendue du lobe, mêlé de râle muqueux à grosses bulles, à timbre métallique et simulant le gargouillement. Cependant, il y a bronchophonie et non pectoriloquie. L'auscultation, pratiquée depuis à plusieurs reprises, ne donne pas toujours le meme résultat, ainsi, tüniôl il paraît y avoir silence complet dans tonte l étendue des lobes inférieurs et supérieurs ; tantôt, au contraire, on perçoit du souffle tubaire mélancfé de raie muçueux a timbre métahiQue. On a omis de noter si, à cette variation dans les symptômes, correspondaient quelques variations dans l’abondance de 1 expectoration. Le malade succombe le 19 dans le dernier degré du marasme.
Yoici d’une manière sommame le traitement suivi pendant la maladie. Pendant la période d’acuité, c’est-à-dire du 30 mars au 6 avril, le tartre stibié à la dose de 0,30 centigrammes a été administré à deux reprises; quinquina en potion et kermès, pendant la durée de l’état typhoïde. - Le 11 avril, on applique un vésicatoire. Lors de la rechute, le 30 avril, on applique un nouveau vésicatoire ; toniques et corroborants pendant mai, juin et juillet.
Autopsie. — Dernier degré du marasme ; un orifice fistuleux existe à droite, au-dessous et en dedans de la pointe de 1 omoplate. Un stylet introduit par cette fistule pénètre très prolondement par en haut, tandis qu’en dehors et en bas le stylet touche des os dénudés ; on incise la peau dans diverses directions et apres
0BSEHVAT10N
1 ouverlure du loyer clonL la face iiiLeriie est recouverte d’une membrane pyogénique tomenteuse, assez épaisse; on voit que les muscles inlercostaux, au niveau des troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes, sont dénudés, disséqués, verdâtres, détruits en plusieurs points. La face externe des côtes est elle-même mise à nu çà et là, et on y observe par places, tantôt les caractères de la carie, tantôt ceux de la nécrose. La face interne des côtes n est d ailleurs point altérée. Il n’existe mire la cavité de l'abcès et celle de la poitrine aucune communication . La plèvre pariétale, très épaissie, remplit les espaces intercostaux dans les points ou les fibres musculaires sont dissociées.
Poitrine. Poumon gauche, y olum'meux, crépitant, parfaitement sain dans toute son étendue ; on ny trouve pas traces de tubercules. Poumon droit. Il adhère de toutes parts tant au péricarde, qu aux parois thoraciques et au diaphragme. Les adhé-
rences sont anciennes, fortement organisées et le poumon ne s’enlève qu avec la plus grande difficulté. La plèvre, très épaissie, lui
constitue une sorte de coque fibreuse, de couleur jaunâtre et d’environ 4 millimètres d’épaisseur. Le poumon droit est environ d’un tiers moins volumineux que le gauche. Il est lourd, son tissu est très dense, nullement friable, le doigt ne peut y pénétrer. Une section y est pratiquée dans le sens de l’axe longitudinal qui le divise en deux parties à peu près égales. Le tissu résiste au scalpel comme le ferait un fibro-cartilage. On reconnaît sur la surface de section cjue les trois lobes sont pour ainsi dire réunis en un seul
et que 1 altération est exactement la même dans toute l’étendue du poumon. La surface de section est lisse, non granuleuse, d’une coloration grise tirant sur le bleu avec des marbrures noirâtres irrégulièrement disposées. Il ne s’en écoule qu’un peu de liquide jaunâtre, lequel paraît venir surtout des bronches. Celles-ci ne sont nullement dilatées.
Quand on examine plus attentivement la surface de section, on la voit divisée fort régulièrement par des traînées cellulo-fibreiises qui subdivisent le poumon en lobules manifestement plus petits qu’ils ne le sont dans l’état normal. Ces cloisons celluleuses sont pales, blanchâtres, peu vasculaires, très résistantes, d'aspect liga-
Dlî LA PNEUMONIE CUHONIQUE
menteux. Elles envoient dans l’intérieur des lobules des prolongements fibro-celluleux de même aspect, maisde plus en plus déliés, et qui subdivisent le lobule en lobules secondaires, puis en lobules tertiaires. L’aire polygonale de ces aréoles présente seule la coloration ardoisée et le piqueté mélanotique. Les derniers cloisonnements, visibles seulement à la loupe, paraissent marqués non plus par des tractus fibreux seulement, mais en outre par la matière noire du poumon disposée régulièrement sous forme de liséré le long de ces tractus. Ce poumon ne contient /las de tubercules. Le cœur est peu volumineux, flasque, non altéré. Les autres viscères, examinés avec soin, n’ont présenté aucune altération.
Symptômes locaux. — A. Lorsque l’état chronique est constitué, la douleur de côté est souvent à peine marquée. — La dyspnée est elle-même peu prononcée ; cependant elle constitue parfois un des phénomènes prédominants, dans le cas principalement où la maladie affecte les allures de la phtisie galopante (obs. 11). — La toux, en général peu intense, peut prendre le caractère convulsif L — L’expectoration habituelle est modérée | quelquefois elle devient momentanément abondante, et prend l’aspect purulent dans le cas où la cavité d’un abcès se met en communication avec les tuyaux bronchiques®. En dehors de cette circonstance, les crachats muqueux, mucopurulents, n’ont pas d’autres caractères que ceux de la bronchite chronique ; ils peuvent cependant prendre une couleur violacée ou une odeur fétide, quand les parois d’un abcès subissent la fonte gangréneuse (obs. 1). — D’après MM. Hardy et Béhier^, les crachats rouillés ou colorés en jaune qui se montrent parfois, doivent le plus souvent être attribués à la coexistence d’une pneumonie aiguë. Cette pneumonie n’est pas toujours accidentelle et semble être, dans certains cas, un indice de l’extension progressive du travail phlegmasique
' W’underlich, toc. cil., p. 365.
2 Idem.
^ Loc. cit., p. 645.