SYSTÈME ALLEMAND
des sujets qui lui sont confiés. Ainsi se trouvent constituées côte à côte, deux spécialités bien tranchées, séparées, quoi qu’on en dise, par une barrière quelquefois infranchissable, car, ainsi qu’on pouvait le pressentir, \'Ànat07n et le Khnikei , cela est dans la nature des choses, ne sont pas nécessairement toujours en bonne intelligence. Et cependant, Messieurs, personne ne songe à contester que dans le pays où règne cette discipline, l’anatomie pathologique brille actuellement d un vif éclat.
Mais il ne faut pas se laisser prendre aux apparences, et il y aurait lieu de rechercher si les progrès accomplis en anatomie pathologique sous le régime en question, sont bien réellement, comme on le soutient volontiers, l’effet de l’application . de ce régime ou s’ils ne relèvent pas plutôt de causes extrinsèques.
L’influence toute-puissante de quelques chefs d’école,^ personnalités de premier ordre, exceptionnelles, et qu’il ne sera peut-être pas facile de remplacer un jour, pourrait certainement être invoquée tout d’abord, pour une part, dans le succès obtenu. On doit tenir compte aussi du nombre relativement considérable des Universités qui existent dans le pays dont il s’agit et auxquelles répondent autant de foyers d’études autonomes : conditions particulièrement favorables à multiplier les travailleurs et à stimuler l’émulation. Il convient de tenir compte enfin du génie spécial à la race, de ses aptitudes vraiment particulières aux recherches patientes d’anatomie délicate.
11 ne faudrait pas croire, d’ailleurs, que les inconvénients du système n'aient pas été plusieurs fois déjà ressentis et signalés par nos voisins et que « tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles », même en Allemagne. L un des rédacteurs d’une des feuilles médicales les plus estimées de 1 autre côté des Vosges, s’écriait tout récemment;
INSTITUTS l’ATllOLOGtOUES
L’universalilé de noire science s’en va, hélas ! se dissolvant chaque jour ; elle se résout en un nombre de plus en plus grand de spécialités étroites!... Qui pourrait cependant tracer la limite qui sépare l’anatomie pathologique de la clinique' !. Je crois savoir, de source certaine, que l’un des professeurs éminents auxquels je faisais allusion tout à l’heure, ne voulant pas se soumettre à l’obligation si dure pour un pathologiste habitué aux vues d’ensemble de n’avoir à contempler jamais les phénomènes que par un seul côté, a réclamé et obtenu qu’un service de médecine interne fut annexé à sa chaire. J’ignore si son exemple a été suivi.
Enfin, il ne serait peut-être pas fort difficile de reconnaître, en y regardant d’un peu près, que bon nombre de nos collègues de l’étranger, privés du stimulant de l’observation clinique, en arrivent peu à peu à se désintéresser du point de vue pathologique, et sont entraînés, par une pente naturelle, à s’attacher surtout aux études d’anatomie pure, lesquelles, dans la situation qui leur est faite, leur offre nécessairement plus d’attrait scientifique.
Je n’insisterai pas davantage, car une étude en règle de ces questions nous entraînerait fort loin, et d’ailleurs, j’ai voulu seulement, aujourd’hui, indiquer d’une façon sommaire les fondements multiples sur lesquels doit, à mon avis, s’établir l’enseignement de l’anatomie pathologique. Puissent ces vues prévaloir dans l’organisation actuellement en voie d’exécution de nos nouvelles Facultés provinciales ! Autant que personne, peut-être, je me suis montré et je suis resté partisan déclaré des importations étrangères, dans ce qu’elles ont de légitime et j’admire sur plus d’un point le fonctionnement de ces Instituts jjathologiques dont nos voisins de l’Est se montrent fiers, à bons droits. Je ne suis pas, tant s’en faut, sous de certaines
* Berliner Klin. Wochensch., p. 470, n° 39, 1873.