‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 45 sur 159 · LYMPUATIQUES DE LA PLÈVRE · texte numérisé non relu

LYMPUATIQUES DE LA PLÈVRE

facilement compte d’un certain nombre de faits pathologiques peu compréhensibles sans cela.

Certaines pleurésies, en général de mauvaise nature, observées chez l’homme, et sur lesquelles M. Moxon ' a l’un des premiers appelél’attention, s’accompagnent d’une angioleucite pulmonaire généralisée: il en est de même des pleurésies puerpérales, ainsi que l’ont fait voir Heiberg, Longuet. Très fréquemment, les lymphatiques du poumon sont affectés, lorsqu un cancer du sein s’est étendu à la plèvre costale (Charcot et Dehove). Dans les conditions expérimentales, l’injection de pus putride ou de produits tuberculeux dans la plèvre du cochon d’Inde ou du lapin produit, pour ainsi dire, à coup sûr, a ymphangite pulmonaire. Or, dans tous ces cas, le tissu de la plèvre ne paraît pas sérieusement affecté: faut-il admettre qu 11 y ait là inhibition de proche en proche à travers l’épaisseur rdativement considérable de la plèvre et du tissu sousp eural, ou n’existe-t-il pas en certains points des bouches absorbantes, analogues à celles que le génie de Bichat avait imaginées? Des recherches récentes ont établi qu’une semblable disposition existe sur la plèvre pariétale: elles sont dues a M. Dybkowsky et ont été faites dans le laboratoire de Ludwig, sous la direction du maître, et les résultats qu’il a obtenus sur le chien et le lapin s’appliquent à l’homme, chez lequel les lymphatiques de la plèvre présentent les mêmes dispositions. Au niveau des espaces intercostaux, l’injection montre un réseau lymphatique très riche, aboutissant à des vaisseaux à valvules qui suivent les bords inférieur ou supérieur de la côte pour aller se rendre, dans les parties antérieures, aux lymphatiques qui accompagnent les vaisseaux mammaires et dans les parties postérieures, aux vaisseaux qui t le long de la colonne vertébrale (voir la figure du Mé moire de Dybkowsky). Ces lymphatiques sont disposés en deux ' Moxon. - Pal/i. Transactions, 1876, p. 46, et 1872. p. 20.

RÔLE PAïnOLOGIQUE DES LYMPDATIQUES

réseaux : l’un, profond, est situé dans l’épaisseur du tissu conjonctif pleural ; l’autre, superficiel, est disposé au milieu d’un lacis de faisceaux conjonctifs qui constitue la membrane fondamentale de la plèvre. En certains points, le vaisseau lymphatique superficiel est immédiatement en contact avec le revêtement endothélial dont il n’est séparé que par l’épaisseur de sa propre paroi, composée elle-même d’une couche endothéliale. En certains points, des orifices réservés entre les cellules feraient communiquer directement la cavité séreuse avec ces lymphatiques superficiels. Cette disposition n’est pas admise par tous les anatomistes; mais, quoi qu’il en soit, on obtient avec une grande facilité la résorption des liquides introduits dans la plèvre (bleu de Prusse, par exemple), et par suite des injections lymphatiques aussi complètes que par les autres procédés.

Ces dispositions anatomiques observées sur le lapin et sur le chien ont été constatées chez l’homme par M. Wagner {Arch. de Heilkunde, 1870), qui a même vu, dans la pleurésie fibrineuse, aiguë ou chronique, les lymphatiques superficiels contenant de la fibrine se continuer immédiatement avec le dépôt fibrineux de la fausse membrane. MM. Cornil et Ranvier ont fait des remarques analogues. Ces faits expérimentaux et pathologiques établissent, d’après M. Charcot, que la résorption du contenu pleural se fait aisément en certains points de la plèvre costale, par la voie des lymphatiques, et probablement par l’intermédiaire de trous ou pertuis préformés.

D’après Klein, les mêmes données sont applicables à la plèvre pulmonaire ; il a reconnu l’existence d’orifices remplis à l’état normal par quelques cellules lymphatiques, et il a même pu voir, assure-t-il, à l’élat pathologique, les filaments fibrineux de la surface pleurale pénétrer par ces orifices jusque dans le réseau lymphatique sous-pleural. M. Troisier a également retrouvé, dans l’épaisseur de la plèvre, des particules de

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