INSUFFISANCE DES DOCUMENTS
un jour ou l’autre, principalement dans les contrées où les fièvres intermittentes régnent d’une manière endémique. C est pourquoi nous avons cru utile d’exposer, de coordonner les plus importants des documents qu’on possède sur la question, nous réservant d’en faire, chemin faisant, la critique, autant du moins que cela est possible, lorsqu’il s’agit d’un sujet sur lequel on ne possède aucune expérience personnelle.
Le pigment qp,' on trouve mêlé au sang, dans la mélanémie, se montre sous plusieurs aspects. Ce sont d’abord des granulations arrondies, de couleur noire, plus rarement de couleur brune, brun jaunâtre ou même rouge. Ces granulations existent quelquefois à l’état de liberté; mais, le plus souvent, elles s agglomèrent au nombre de 2 ou 3, ou même plus encore, et paraissent alors enveloppées d’une substance hyaline, transparente, soluble dans les alcalis et dans les acides. Il en résulte des corpuscules de forme arrondie ou ovale, généralement très irrégulière, et dont le volume varie de 0'"“,003 à 0““,012. En raison de l’irrégularité même de leur forme et de 1 absence habituelle d’un noyau distinct, ces corpuscules ne paraissent avoir avec les cellules proprement dites que des analogies éloignées. Ainsi pensent le professeur Meckel et le docteur Planer. Toutefois, dans un cas observé pai M. le professeur Virchow, les granules de pigment étaient contenus dans de véritables cellules, dont les unes étaient allongées en manière de fuseau, tandis que les autres rappelaient par leur forme et par leur aspect les globules blancs du sang. Cette observation de Virchow a été confirmée par les recherches de Frerichs, qui a rencontré aussi, dans un certain nombre de cas, et, en particulier, dans le sang de la veine porte, des corpuscules pigmentaires qui présentaient tous les caractères des cellules à noyau. Le pigment se rencontre en-
NATUni5 ET ASPECTS Ijü PIGMENT
core sous forme de fragments, ou, si l’on peut ainsi dire, de petits blocs (Scholle) dont le volume peut atteindre 0““,0o. La configuration de cette variété de corpuscules est toujours des plus irrégulières ; ils ont des contours anguleux et prennent les formes les plus variées : on dirait des fragments violemment détachés d’une masse primitivement plus considérable. Ils ont une coloration uniformément noire ou brune, ou bien encore ils sont mi-partie bruns et noirs. Enfin, on les voit assez souvent enveloppés d’une substance hyaline qui forme à leur pourtour une sorte d’aréole transparente. — Planer a rencontré deux fois, dans le ventricule gauche du cœur, des corpuscules transparents qui renfermaient à leur centre, outre les granules de pigment, de deux ou trois cristaux d’hématoïdine d’une belle couleur rouge, d’une configuration géométrique très nette.
Parmi les corpuscules pigmentaires, il en est un certain nombre qui pâlissent alors qu’on fait intervenir les acides ou les alcalis caustiques : ce sont sans doute ceux dont la formation est la plus récente ; les autres, apparemment de date plus ancienne, résistent, au moins pendant fort longtemps, à l’action de ces mêmes agents. Meckel est parvenu, dans certains cas, à produire à l’aide du chlore des décolorations complètes ; mais Planer a répété cette expérience sans arriver au même résultat.
Le nombre des corpuscules de pigment varie singulièrement, suivant les cas. Le plus souvent on en compte de dix à quinze au plus sous le champ du microscope. Ces particularités peuvent être, pour la plupart, aisément constatées, alors qu’on extrait, pendant la vie, une petite quantité de sang, par le moyen d’une légère piqûre ou d’une scarification superficielle.
Outre les corpuscules de pigment, on trouve encore, dans
CARACTÈnES RU PIGMENT
le sang des mélanémiques de petits caillots hyalins qui ne renferment pas de matière colorante. Leur Iransparence complète fait qu’ils peuvent aisément passer inaperçus. — Les globules rouges du sang ont diminué de nombre ; ils ne présentent, d’ailleurs, aucune altération. — Meckel a observé dans certains cas, une augmentation de proportion des globules blancs du sang. Mais cela est loin d’être constant, et, dans la plupart des cas, le nombre de ces globules reste dans les limites normales.
On ne sait rien de positif relativement au mode de répartition des corpuscules pigmentaires dans les diverses parties des systèmes artériel et veineux. Frericbs a cru remarquer cependant que, dans le système de la veine porte, ces corpuscules sont habituellement plus abondants qu’ailleurs ; ils s^y rencontrent aussi plus souvent avec les caractères de véritables cellules. Pour ce qui concerne les vaisseaux capillaires, c’est d’une manière générale, dans la cavité même de ces vaisseaux, et non pas en dehors d’eux, dans les cellules des parenchymes, par exemple, ou dans les intervalles des cellules, que paraissent siéger surtout les corpuscules pigmentaires qui donnent aux organes une coloration brune d’autant plus foncée qu’ils s’y amassent en nombre plus considérable. D’après cela, on peut admettre que la répartition du pigment dans les différentes régions du système capillaire est fort inégale ; caries divers organes sont loin de présenter tous au même degré l’altération mélanémique. La rate présente les lésions les plus prononcées et les plus constantes; viennent ensuite le foie, le cerveau, et enfin les reins, les ganglions lymphatiques, etc.
La est volumineuse, d’une consistance molle et friable, principalement lorsque l’affection est de date récente , elle est