MÉLANÉMIE : ÉTAT DE LA DATE ET DU FOIE
restées ignorées. Cette coloration anormale, ainsi que Meckel et Planer l’ont démontré, dépend de l’accumulation dans les très petits vaisseaux ^ qui composent le réseau capillaire, de la substance grise, d’une quantité plus ou moins considérable de corpuscules de pigment; elle peut se montrer non-seulement dans la couche corticale, mais encore, bien qu’à un degré moins prononcé, dans toutes les autres parties de l’encéphale et de la moelle, qui contiennent des cellules ganglionnaires. Elle se répand en teintes uniformes, ou produit des taches, des marbrures, ou bien encore un pointillé très lin et très serré. La substance blanche, à part les cas d’une intensité exceptionnelle, est généralement respectée. L’entassement des corpuscules de pigment dans les capillaires est quelquefois porté à un tel point,, que la lumière de ces vaisseaux est littéralement oblitérée, et que leurs parois sont fortement distendues, comme cela arriverait par le fait d’une injection heureuse. Il n’est pas rare de rencontrer alors, dans les diverses parties de l’encéphale qui présentent la teinte ardoisée, de nombreux foyers d’apoplexie capillaire (Meckel, Planer, Frerichs). L’hémorragie cérébrale proprement dite n'a pas été rencontrée en pareil cas; il n’en est pas de même de l’hémorragie méningée, dont l’existence a été quelquefois signalée.
Lorsque les reins sont altérés, les vaisseaux de la substance corticale et des glomérules de Malpighi sont oblitérés, par suite de l’agglomération des corpuscules de pigment; les pyramides sont habituellement intactes. L’altération pigmentaire se rencontre assez fréquemment dans les glandes lymphatiques, les membranes muqueuses, le poumon ; mais elle ne paraît pas y exister jamais à un degré très marqué.
' Suivant Küllikcr, les plus petits capillaires de l’encéphale ont seulement de 0“,0Ü21 à ü“,002 de diamètre.