‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 81 sur 159 · MÉLANÉMIIÎ : ÉTAT DU CERVF.AU ET DES REINS · texte numérisé non relu

MÉLANÉMIIÎ : ÉTAT DU CERVF.AU ET DES REINS

Les corpuscules colorés que renferme le sang desmélanémiques sont doués, comme on l’a vu, de tous les caractères anatomiques ou chimiques qui distinguent les diverses variétés de la matière pigmentaire ; ils appartiennent donc à ce groupe de substances qui tirent leur origine de la dissolution, ou, comme on dit encore, de la métamorphose régressive que subissent les globules rouges du sang dans certaines circonstance pathologiques. De plus, habituellement, ces métamorphoses, qui aboutissent à la formation des granules de pigment, s’opèrent aux dépens du sang extravasé dans l’épaisseur d’un tissu, d’un parenchyme ; mais, dans les cas qui nous occupent, c’est au sein même du système vasculaire qu’elles doivent avoir lieu, puisque l’élude anatomique ne permet pas de reconnaître l’existence d’infiltrations, de foyers hémorragiques^ où se formeraient d’abord les corpuscules de pigment, pour passer de là dans le torrent circulatoire. Il paraît peu probable, loutefois, que la destruction des globules rouges s’opère indistinctement et au même degré dans tous les points du système vasculaire. Il est des organes qui, comme la rate et le foie, par exemple, réunissent les conditions les plus favorables à cette destruction. La rate, en particulier, est creusée de vastes sinus vasculaires qui permettent la stagnation et favorisent sans doute les métamorphoses des globules du sang ; elle renferme souvent, même dans l’état physiologique, des corpuscules de pigment analogues àceuxqui s’y accumulent en si grand nombre, en cas de mélanémie. L’observation a fait voir, enfin, que les altérations pigmentaires y sont généralement plus prononcées et plus constantes que partout ailleurs. Ainsi, la rate, peut être profondément altérée alors que le foie, les reins et le cerveau ne le sont pas ou le sont à peine, et ceux-ci ne sont jamais lésés sans que celle-là ne le soit en même temps et à un plus haut degré h Ces argu-

* Frerichs a rapporté un cas exceptionnel dans lequel la rate ne présen-

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