CONCRÉTIONS CARDIAQUES DITES SUPPURÉES
à l’examen microscopique, ne pas contenir de globules purulents, mais seulement des cellules d’épithélium à cylindres et pavimenteux du bassinet des reins et des uretères. (Vogel. Traité d'anat. path. gén. p. 13b). La plupart des anatomopathologistes modernes ont cité des cas analogues aux précédents.
Tout ceci étant pesé, nous sommes portés à penser que parmi les concrétions polypiformes du coeur dites suppurées, il en est un certain nombre (cas de la première catégorie) où le liquide contenu est, en effet, du pus; on les rencontre dans diverses maladies : la phlébite, la pneumonie au troisième degré, etc., etc. Dans d’autres cas, au contraire, ces concrétions renfermeraient non pas du pus, mais bien un amas de globules blancs du sang mêlé à de la fibrine désagrégée. Je fais allusion ici, aux cas de la deuxième catégorie, lesquels présentent cette particularité remarquable qu’on ne les a rencontrés jusqu’à présent que chez des phtisiques porteurs de tubercules pulmonaires en général très avancés dans leur évolution.
Ce n"est là, bien entendu, qu’une hypothèse probable, et il serait imprudent de généraliser en s’appuyant sur un seul fait ; mon but, dans cette note, a été d’appeler l’attention des observateurs sur un point fort intéressant d’anatomie morbide, lequel demande à être élucidé.
KYSTES FIBRINEUX ET ANÉVRISME DU CCKUR
Remarques sur les kystes fibrineux renfermant une matière puriforme, observés dans deux cas d’anévrisme partiel du cœur.
Dans un travail lu à la Société de Biologie^ en 1851 j'ai cherché à établir que les productions morbides du ventricule droit du cœur, désignées par la plupart des auteurs® sous le nom de kystes purulents, et par Laënnec sous le nom de végétations globuleuses^ ne renferment pas, au moins dans un bon nombre de cas, du pus véritable, mais bien un liquide d’apparence purulente, composé de granulations protéiques, de globules graisseux, de globules blancs du sang plus ou moins altérés, et enfin, d’un détritus amorphe résultant probablement de la désagrégation de la fibrine. Je trouve la confirmation de mes recherches sur ce sujet dans les publications récentes de M. le professeur Lebert [Atlas d'anatom. pathologigue , P® livr., kystes puriformes du cœur), du professeur Rokitansky, {Lehrbuch der Pathol, anatom. 3 aüflage, band 1, p. 378,
‘ Charcol. — Cas de Tumeurs fibrineuses multiples contenant une matière puriforme, etc. (Comptes rendus et mémoires delà Société de Biologie, 1851, p. 189. — Voir plus haut, p. COO.)
* Cruveilhier. — Atlas d'anat. pathoL, 23° livraison.
W. Stokes. — The diseuses of ihe Heart, etc. Dublin, 1853. Purulent cysts of the heart.
Hughes. — Guy's Hospital Reports, vol. IV, 1839.
liasse. — Anatornical description of the diseuses of circulation and respiration. Sviaine's Trans. London, 1846.
Forget. — Précis des maladies du cœur. Strasbourg, 1849.
^ Laënnec. — Traité d'auscultation, t. JII, 3° édit.
ANÉVUISME PAUTIEL DU COEUR
Vien., 1855). (Voyez aussi Virchow, Bandbuch dcr Speciell. palhoL und therap. 1 band., 1 lielft, Propfbildungen, etc. Erlangen, 1854.)
Depuis la publication de mon travail, j’ai eu l’occasion d’observer deux faits qui démontrent que la matière liquide qu’on rencontre dans certains kystes de la cavité ventriculaire gauche du cœur peut également offrir, à l’œil nu, les apparences du pus, sans en présenter toutefois les caractères anatomiques.
Le sac des anévrismes partiels du cœur se trouve parfois en partie rempli par une sorte de tumeur fibrineuse de forme régulièrement ovoïde, à surface légèrement rugueuse, libre et immédiatement en contact avec le sang artériel dans la plus grande partie de son étendue ; adhérant par une de ses extrémités au fond du sac anévrismal, à l’endocarde, en ce point plus ou moins épaissi et rugueux. Ces tumeurs, dont le volume peut dépasser celui d’un œuf de poule, sont parfois pleines, compactes, homogènes, formées de fibrine coagulée et disposée par couches concentriques. On peut voir des figures représentant des exemples de ce genre dans V Atlas de M. Cruveilhier et dans la 1“ livraison àe.'S, Annales de l'anatomie et de la physiologie pathologiques, publiées par J. B. Pigné (PI. I, fig, 1). D’autres fois ces tumeurs sont molles, fluctuantes, et, quand on les incise, il s’en écoule un liquide épais, trouble, d’un vert plus ou moins franc, mélangé çà et là de particules rougeâtres, et tout à fait semblable, au moins par l’aspect, à du pus phlegmoneux.
Cette deuxième variété paraît correspondre à un degré plus avancé de la maladie : il est probable que la tumeur, d’abord solide dans toute son étendue lors des premiers temps de sa
KYSTES FIBRINEUX
formalion, s’est ramollie par la suite, d’abord dans ses parties centrales; puis le ramollissement a gagné de proche en proche, et le liquide ainsi produit ne se trouve bientôt plus séparé de la cavité ventriculaire que par une sorte de coque fibrineuse molle, d’une épaisseur souvent très peu considérable. C’est ce qui se présentait dans les deux observations que je rapporte plus bas avec détails.
Dans ces deux cas, le contenu des kystes avait, ainsi que je l’ai fait pressentir, l’aspect physique du pus : par l’examen microscopique, on lui trouva la composition suivante : 1° Matière amorphe disposée en grumeaux (produit de la désagrégation de la fibrine) ; 2“ granulations moléculaires en quantité énorme ; 3“ globules de graisse libres, de volumes divers et en très grand nombre; 4° globules très nombreux à membrane extérieure très mince, très transparente remplis pour la plupart de granulations graisseuses et semblables pour l’aspect et le volume à des globules blancs du sang altérés; S° cristaux aciculaires dont la nature n’a pu être déterminée [fig. 44 et 45). On peut comparer ces résultats avec ceux qui ont été obtenus par MM.Lebert, Rokitansky et par moi-même dans l’analyse microscopique du contenu des végétations globuleuses du ventricule droit.