‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 16 sur 101 · SYNONYMIE · texte numérisé non relu

SYNONYMIE

Autrefois fièvre pétéchiale ( febris petec/iialis, morbus cum petechiis ).

Aujourd’hui, en Angleterre : fever, pétéchial typhus, macalated typhus; quelques auteurs appellent encore le typhus fever du nom de famine fever (fièvre de famine) ; mais cette dénomination est très impropre, car la fièvre de famine (1422) paraît mériter de constituer une maladie bien distincte. — En Allemagne : Typhus , exanthematicus , lorsque l’éruption est très prononcée ; Pneumo-typhus , lorsqu’il y a prédominance des symptômes bronchiques.

SYMPTOMATOLOGIE.

; A- Prodrome. Invasion. — L’invasion du typhus fever peut s’opérer lentement, d’une manière insidieuse, et il est souvent difficile de préciser l’époque de son début; maisle plus souvent à la suite d’un prodrome qui n’a rien de particulier, ou encore après un certain temps d’incubation latente, il commence brusquement, quelquefois par un ou plusieurs frissons parfois

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très violents. Dès les premiers jours, on voit ensuite apparaître, dans toute leur intensité, un certain nombre de symptômes qui caractérisent la première période de la maladie.

B. Première période. — Céphalalgie frontale plus ou moins vive, avec vertiges et tintements d’oreille ; insomnie. La prostration des forces est immédiatement très prononcée, et les malades sont forcés de garder le lit. En général, la fièvre est, dès le début, assez intense, mais peu résistante. La physionomie exprime la stupeur; la face semble recouverte d’une teinte vineuse : les conjonctives sont vivement injectées. La perturbation des fonctions intellectuelles s’annonce d’abord

par un certain degré d’embarras, de confusion dans les idées,

puis il y a de la somnolence ; la typhomanie se prononce enfin beaucoup plus promptement, en général, que cela n’a lieu dans la fièvre typhoïde. La langue se dessèche rapidement et

se couvre d’un enduit noirâtre.

Pendant ce temps, les symptômes abdominaux sont à peine accusés, ou même tout à fait nuis. Le ventre est souple, indolent ; il n’y a pas de météorisme, pas de gargouillement iliaque, pas de diarrhée, à moins qu’elle ne soit provoquée par l’administration d’un purgatif. 11 peut arriver que les signes

de bronchite latente, qu’on rencontre si souvent dès le début

même de la fièvre typhoïde et qui ne contribuent pas peu a faire reconnaître cette dernière maladie pendant le cours de sa première période, fassent ici complètement defaut ; mais il est loin d’en être toujours ainsi, et, dans ces dernières années par exemple, le typhus fever d’Irlande s’est montré, dans la plupart des cas, accompagné dès les premiers jours de symptômes bronchiques des plus manilestes (Stokes).

On pourrait en dire autant des épistaxis du début; lors de certaines épidémies, elles ont manqué piesque toujoui. , d’autres fois, au contraire, on les a observées assez commune

TVPilUS FEVEU : SYMPTÔMES

nient. Un exanthème sui generis , bien plus expéditif que ne J'est l’exanthème papuleux de la lésion typhoïde, apparaît habituellement du quatrième au cinquième jour, quelquefois plus tôt, rarement plus tard. Il constitue, suivant les auteurs, un signe diagnostique de la plus haute importance ; il sera plus bas l’objet d’une étude toute particulière (D.) Il peut arriver, principalement en temps d’épidémie, que la mort survienne dans le cours ou dès le commencement de cette première période, avant même que l’éruption se soit manifestée. Lorsque le cas est aussi grave, à la suite du frisson initial, paraissent les symptômes suivants ; la face est pâle ou livide ; les extrémités sont froides ; la respiration est difficile, irrégulière; il y aune anxiété extrême, l’abattement des forces est porté à son comble; le pouls est fréquent, petit, serré, inégal ; bientôt il devient formicant, presque insensible, et le malade meurt, sans qu il se soit présenté aucun indice de réaction.

G. Deuxième période, — a. Apparition de quelques symptômes nouveaux, et aggravation de la plupart de ceux qui constituent la première période. Yers le commencement du

deuxième septénaire, la céphalalgie s’amende, en général ; mais, en revanche, du dixième au douzième jour (Jenner), la stupeur et la typhomanie se prononcent de plus en plus. La somnolence se change parfois en un coma profond, ou, au contraire (mais ce dernier cas est beaucoup plus rare), le subdelirium fait place à un délire des plus violents. Surdité ; on l’observe ici à peu près aussi souvent que dans la fièvre typhoïde. La prostration des forces est portée à l’extrême ; il y a des soubresauts des tendons et des tremblements des membres ; rétention ou écoulement involontaire des urines. La langue est recouverte d’un enduit d’une coloration très foncée et paraît comme grillée. - Yers la fin de cette période, il est assez commun d’observer du météorisme et une diarrhée plus

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ou moins abondante. Le docteur Jenner a noté Tentéro-hémorragie, chez un tiers des malades atteints de fièvre typhoïde, jamais il n’a vu survenir ce grave épiphénomène dans les cas de typhus fever.

6. Les vaisseaux de la conjonctive sont fortement injectés; les pupilles très resserrées. La face présente une coloration livide; il survient quelquefois des épistaxis. Les taches de l’éruption prennent d’abord une teinte violette, puis elles deviennent presque noires, principalement sur les parties les plus déclives du corps, qui paraissent, en outre, uniformément congestionnées. — En même temps, le pouls est devenu faible, misérable; quelquefois il est très fréquent; d’autres fois, au contraire, il est lent, plus lent même qu’à l'état normal. Le cœur a une impulsion peu énergique, et qui souvent même n’est plus perceptible; ses bruits ressemblent à ceux d’un fœtus (Slokes). On observe des tendances à la syncope; la température des extrémités s’abaisse. — Des escharres se forment, surtout à la région sacro-coccygienne, tout comme dans la fièvre typhoïde (Jenner). On les a vues se produire à l’occiput, aux talons, à la région trochantérienne, à la région des omoplates, aux parties du dos qui correspondent aux angles des côtes, etc. Si pendant le cours de la première période, l’examen de la poitrine a permis de constater l’existence de râles ronflants et sibilants, ils sont remplacés dans la seconde par des râles sous-crépilants et muqueux; puis, le murmure respiratoire s’affaiblit de plus en plus dans les régions qui correspondent aux parties les plus déclives des deux poumons, et la percussion fait reconnaître alors qu il y a dans ces mêmes régions une obscurité du son parfois très marquée. Tous ces symptômes (lividité des téguments, de 1 éruption, faiblesse du cœur, splénisation pulmonaire, etc.), sont considérés par les docteurs Stokes et Corrigan, comme placés en grande par-

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