Gaz. hebd., 1865, p
do «pi jour,), rnitd yMow fever (lièvre jaune bénigne), laie pVrXvolr éfé
MALADIES INFECTIEUSES
Dans un article communiqué au Derliner klinische Wochenschrift, et publié le 2G décembre 1864, M. le professeur Botkin s’était rattaché déjà à celte interprétation de l’épidémie russe 1 ; mais, en raison de leur petit nombre, les observations sur lesquelles il s’appuyait ne pouvaient pas prétendre à fixer l’opinion d’une manière définitive. Depuis lors, les faits se sont singulièrement multipliés de toutes parts. Aussi un médecin attaché à l’un des hôpitaux de Saint-Pétersbourg, M.le docteur Herrmann, a-t-il pu donner dernièrement une description de la fièvre récurrente fondée sur la comparaison de plus de 700 cas2, et conforme, d’ailleurs, à celle que le professeur Botkin avait produite avant lui.
La relation du docteur Herrmann est, du moins à notre connaissance, le document le plus complet que nous possédions, quant à présent, sur l’épidémie de Saint-Pétersbourg; à ce titre, elle nous a paru digne d’être signalée à l’attention des lecteurs de la Gazette hebdomadaire . Nous la reproduisons, d’après l’abrégé qui en a été donné par le docteur Leyden dans le Cenlralblatt fur die medicinischen Wissenschaften (numéro du 25 mars 1865), l’article original n’étant pas parvenu jusqu’à nous s.
remarquée pour la première fois à Dublin, lors d’une épidémie qui a sè\i dans cette ville, en 1739. En 1817 et 1818, elle a régné à Edimbourg, où elle a été décrite par Welsh et Christison. Elle y a reparu ensuite, en 1842 et 1843, et c'est surtout à l’étude qui en a été faite à cette époque, par Mackenzie, Cormack, Craigie et autres, qu’elle doit avoir pris rang dans les cadies nosologiques. Elle s’est montrée à Londres, en 1847, où elle a été soigneusement observée et décrite par le docteur Jenner, qui s est eflorcè de a distinguer du typhus fever et de la fièvre typhoïde, avec lesquels elle règne de concert (voy. l’art, consacré à l’histoire de cette affection, dans le Bntisli and Foreign Medico-chirurgical-Rcview, (juillet 1831). On doit à M. Tholozan, qui l’a observée en Crimée, lors du siège de SébasLopol, une élude interes-
^ n n f p mil' p p f f P fi p V r p
TyorLufige Mittheilung über die Epidémie der febris recurrens in Petersburg ( Berlin . klinische Wochenschrift , 18*4, n° 33).
2. F. Herrmann.— Die Febris recurrens in St-Petersburg ; Beobachtungen a us dem Obucho/f’schen Hospitale { Petersburger med. Zeitschrift , 1861, 1-1-29), travail analysé dans Centratblalt fürmedic. Wissenschaften, 24 Mærz 130a,
3. 'Voici, quant à plus de détails, ce qu’on peut extraire de télégrammes
FIÈVRE A RECHUTE
La fièvre à rechute simple ou de forme bilieuse s’est montrée à Saint-Pétersbourg, pour la première fois, pendant l’été de 1864. Les premières observations qui ont été recueillies par M. Herrman, à l’hôpital d’Obuchoff, datent du mois d’août 1864; depuis celte époque, les faits analogues se sont multipliés de toutes parts. La maladie mérite d’autant plus de fixer l’attention des médecins, que, dans sa forme bilieuse, c’est une affection grave et qui fait de nombreuses victimes.
Considérée dans son type d’entier développement, elle est constituée par une série de deux, plus rarement de trois accès fébriles, séparés par une période de rémission très accusée. Le
moment où se termine chaque accès est marqué par un brus-
que apaisement du mouvement fébrile. Les localisations les plus constantes se font sur la rate qui acquiert des dimensions parfois considérables et sur l’appareil biliaire.
L’invasion est brusque ; elle s’annonce tantôt par un frisson violent qui peut se répéter une deuxième fois, tantôt, et plus souvent, par des frissons erratiques. La céphalalgie, une soif vive, l’anorexie, des vomissements, une prostration plus ou moins profonde se déclarent ensuite. A ces symptômes, il se joint tantôt de la diarrhée, tantôt de la constipation. Un senli-
envoyes de Russie aux journaux de France, d’Angleterre et d’Allemagne • d un rapport adressé au gouvernement anglais par son ambassadeur ang aïs a bt-l’étersbourg ; d’informations parvenues au gouvernement français et de communications diverses. — L’état sanitaire de Saint-Pétersbour" ne serait pas, en somme, beaucoup plus fâcheux que les autres années\ la merneepoque. Le 15 mars 1864, il y avait dans les hôpitaux 2744 malades-
iour%n|isS 1863’ 11 ?" ?n,avaiL 3812‘ ,ia mortalit6 générale s’est élevée un joui a 118 ; mais généralement elle a été de 70 à 80. Quant à la mortalité par fievre récurrente spécialement, elle a été, dans les hôpitaux , de 25 à 80 par jour ; cest à peu près KO pour 100. On fait remonter le début de l’éni deirne, les uns au mois d’août 1864, les autres au mois de novembre 1 , Uvor inedecin du gouvernement à Perm, assure qu’il a vu 40 cas H» la maladie épidémique qu’il rapproche d’une affection observée par fui Amérique, en 1857 et 1858. lin Pologne, V épidémie se seraif hlnL : “ ques cas de typhus à Kolo. Nulle part on n’a observé la peste dite de Sih|UG " avec bubons. Enfin, lord Napier annonce de Berif Pen date du s qu une maladie inconnue a paru dans la vallée de la Vistulc et surlnn/ï
maladie vienne ““ W
MALADIES INFECTIEUSES
ment de brisement des membres, des douleurs musculaires ou articulaires simulant celles du rhumatisme, se manifestent parfois, dès celte période, et persistent ensuite, pendant toute la durée du cours de la maladie.
Au bout d’environ vingt-quatre heures apparaissent les symptômes de la maladie constituée. La face est rouge, la physionomie s’altère ; fréquemment il se manifeste, dès le troisième ou le quatrième jour, une légère teinte ictérique. Céphalalgie gravative ; la peau est chaude et sèche ; quelquefois cependant, on observe une certaine tendance à la moiteur. La température s’élève à 39, 40 ou même 41 degrés centigrades, et l’on compte de 20 à 12 inspirations à la minute. Fréquemment il y a du météorisme ; le foie est légèrement tuméfié, et à peu près constamment le volume de la rate s’accroît. Soif vive, anorexie complète ; selles habituellement molles, abondantes, et d’une coloration jaune clair. L’urine rare présente une réaction fortement acide et contient, de temps à autre, des traces d’albumine; son poids spécifique est de 1,016, 1,024; dans les rémissions, il descend à 1,007, 1,009. Les douleurs musculaires persistent sans discontinuer ; il y a un sentiment de prostration profonde et une sorte d’apathie. Le pouls, dès le premier jour, bat de 100 à 120 fois par minute, plus tard, il donne jusqu’à 1 00 ou même 140 pulsations. Jactitation, insomnie et quelquefois délire. Cet étal dure sept jours en moyenne (quatre jours au moins, dix au plus); puis, au moment où tous les symptômes paraissent avoir atteint leur plus grande violence, ils s’amendent ou même disparaissent tout à coup, le plus souvent à la suite de sueurs copieuses ; après quoi survient un sentiment de bien-être. Le malade, faible encore et anémique, paraît cependant entrer en convalescence. Mais ce n'est là toutefois qu'un temps d’arrêt, du moins le plus souvent ; car, en règle générale, de quatre à dix jours après la cessation de ce qu’on pourrait appeler le premier
FIEVRE A RECHUTE
accès, il survient tout à coup, et sans cause apparente, une rechute dans laquelle tous les symptômes caractéristiques se montrent de nouveau, mais généralement avec une intensité moindre. Ces deux accès constituent habituellement toute la maladie ; on a vu cependant les rechutes se produire une seconde et même une troisième fois.
Dans les cas les plus graves, la mort peut avoir lieu dans le premier accès. Une prostration profonde, l'état hydrémique, l hydropisie générale, le délire suivi de coma, tels sont les symptômes qui annoncent la terminaison fatale. Les convulsions n’ont été obsèrvées que dans un seul cas.
Telle est la forme simple de la üèvre à rechute ; la forme bilieuse (febris recurrens biliosa, biliôse typhoid ) en diffère seulement par la prédominance des symptômes hépatiques. Dès 1 oiigine, on observe des vomissements bilieux presque incessants, l’ictère est plus prononcé; il s’y joint de bonne heure des accidents cérébraux ; un état de collapsus, en même temps que des hémorragies s’opèrent par diverses voies, et ainsi se trouve reproduit le tableau symptomatique de l’ictère grave. Le pronostic, en pareil cas, est des plus sérieux, mais il ne faut encore désespérer de rien ; alors même que le coma persiste depuis plusieurs jours, on peut voir, sous l’influence des moyens irritants, et surtout des affusions froides, la guérison survenir. Les cas les plus graves sont ceux dans lesquels le malade rend des selles liquides, noirâtres, et vomit une matière noire, semblable â du marc de café ou du sang moins altéré. La teinte ictérique est alors poussée à l’extrême ; le coma et 1 état de collapsus (algidité, cyanose des extrémités) sont aussi prononcés que possible, et la terminaison fatale a lieu, en général, du dixième au douzième jour de la maladie. Dans la forme bilieuse, l’étude méthodique des symptômes fébriles a donné des résultats qui méritent d’être signalés.
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Après la période prodromique, qui, en général, esl de courte durée, la température s’élève à 40, 41, ou môme 42 degrés centigrades ; dans la matinée, on observe habituellement une rémission marquée par un abaissement d’un demi-degré à 1 degré centigrade. Pendant les inlermissions, la température reprend le niveau normal ou môme descend plus bas. Le pouls, durant l’accès, oscille entre 100 et 160; dans les inlermissions, il donne seulement de 45 à 72 battements à la minute ; il est presque toujours petit, et sa fréquence s’accroît, sous l’influence des moindres excitations ; jamais il ne s’est montré dicrote. La durée de la période d'intermission varie entre quatre et dix jours.
Maintes fois on a essayé, mais toujours sans succès, de prévenir par l’administration du sulfate de quinine l’apparition des rechutes.
L’accès se termine en général brusquement, et sa terminaison est marquée par des phénomènes critiques, le plus souvent par des sueurs profuses qui persistent pendant douze, vingt-quatre et même trente-six heures. Dans le même temps, le pouls descend rapidement de 100, 120, à 60 ou 40 pulsations. La température s’abaisse de 1, 5 à 3 ou 4 degrés centigrades ; après cela Fapyrexie est complète. Rarement le retour à l’état normal s’opère lentement, progressivement, par lysis, et cela n’a lieu que dans les cas où il existe quelque complication.
Parmi les symptômes les plus caractéristiques de la fièvre à rechute, il faut citer l’état de collapsus (algidité, cyanose), les douleurs rhumatoïdes et surtout la tuméfaction de la rate ; celle-ci est appréciable dès le deuxième ou le troisième joui de la maladie. La détumescence de l’organe s’opère au contraire très lentement ; les vomissements de sang, plus ou moins altéré, appartiennent surtout à la forme bilieuse.
FIEVRE A RECRUTE
La durée totale de la maladie varie de 21, 23 jours à 30, 40 même 32 jours. Elle dépasse, comme on voit, la durée moyenne du typhus. La mortalité a été, pour les faits observés à l’hôpital d’Obuchoff, de 10,77 pour 100. La forme bilieuse est de beaucoup la plus redoutable, surtout lorsqu’elle s’accompagne de symptômes urémiques et cholériformes, car alors les malades succombent dans la proportion de 2 sur 3.
Yoici l’indication sommaire des faits nécroscopiques les plus importants ; la rate est à peu près toujours (toujours suivant le docteur llerrmann) augmentée de volume ; son poids peut s’élever jusqu’à 3 livres. Le parenchyme splénique est friable, remarquablement granulé ; les corpuscules de Malpighi présent habituellement des dimensions considérables. Le foie est tuméfié comme la ra^e, mais à un degré bien moindre. Les cellules hépatiques ont perdu leur transparence et renferment d’abondantes granulations graisseuses, bans certains cas, suivant le docteur llerrmann, on trouve, en outre, au milieu des acini, des dépôts constitués par une matière grasse qui présente ce caractère particulier, qu’elle ne se divise pas sous forme de gouttelettes et qu’elle ne se dissout pas dans l’éther. La vésicule biliaire est distendue par une bile épaisse. Jamais il n’existe d’obstruction dans le trajet du canal cholédoque, mais l’orifice duodénal de ce conduit et la membrane muqueuse du duodénum elle-même, ainsi que la muqueuse gastrique, portent habituellement les traces d’une inflammation catarrhale intense, avec accompagnement d’hémorragies capillaii es dans certains cas j dans 1 intestin grêle, la membrane muqueuse est aussi parfois injectée, mais, d’ailleurs, on n’y rencontre aucune altération des glandes de Peyer ou des follicules isolés.
La dégénération graisseuse des cellules épithéliales du rein est chose fréquente. — En général, les centres nerveux, ainsi
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que les nerfs périphériques, ne présentent aucune altération appréciable. — Les fibres musculaires du cœur sont, au contraire, souvent le siège de la dégénéralion granuleuse, et, en même temps, les muscles de la vie animale, ceux des bras et des mollets, en particulier, présentent des traces évidentes de dégénération graisseuse.
En ce qui concerne V étiologie, il faut signaler, au premier rang, le caractère contagieux de la maladie : plusieurs médecins et plusieurs personnes attachées au service des hôpitaux ont été atteints. En général, on compte peu de victimes dans les classes moyennes, et principalement dans les hautes classes ; elles ont été, au contraire, surtout nombreuses parmi les ouvriers jeunes et vigoureux. L’épidémie s’est développée pendant l’été de 1864 (juin et juillet), elle a continué à sévir pendant l’automne et l’hiver de 1864-65 ; elle n’est pas encore éteinte aujourd'hui. Parmi les circonstances qui paraissent avoir concouru à son développement, il faut citer l’encombrement, l’usage des pommes de terre malades et d’un pain altéré par la présence de l’ergot de seigle. L'abus des boissons spiritueuses prédispose à contracter la maladie.
Suivant le professeur Bollrin, il ne se serait présenté aucun cas de typhus ou de fièvre typhoïde dans le service de la clinique^ depuis le début de l’épidémie.
La fièvre à rechute était, paraît-il, inconnue à Saint-Pétersbourg, avant le développement de l’épidémie actuelle, mais au rapport du docteur Bernstein (d’Odessa), elle aurait régné dans celte dernière ville pendant l’année 1863. ( Petersburger Medicinalbote , n° 29, Jahrg. 1864; citation du professeur Bolkin.)
A. en juger par la description qui précède, l’identité paraît complète entre la maladie de Saint-Pétersbourg etl erealpsmg
FIÈVRE A RECRUTE
fever des auteurs anglais. Les seules différences qu’on pourrait relever seraient toutes fondées sur des caractères de second ordre et telles qu’on doit s’attendre à les rencontrer, lorsqu’il s’agit d’épidémies diverses d'une même maladie. C’est ainsi que la léthalilé plus grande de l’épidémie russe paraît devoir être rapportée surtout à la prédominence de la forme bilieuse (syndrome ictère grave : — ictère intense, hémorragies gastro-intestinales. dégénération graisseuse des éléments cellulaires du foie et des reins, accidents cérébraux, etc., etc.), qui ne se trouve pour ainsi dire qu’indiquée, dans la plupart des épidémies d Irlande et d Ecosse. L’existence concomitante, presque obligatoire, du typhus exanthématique dans un cas, son absence dans l’autre cas, — si toutefois elle est bien établie, pourraient encore être citées comme un trait distinctif, bous regrettons de ne pouvoir, faute d’espace, accorder, pour le moment, à l’étude de cette question tous les développements qu elle comporte. Qu’il nous soit permis seulement de reproduire ici, à litre de renseignement, une description très succincte du relcipsincj fever , que nous avons tracée ailleurs (Kequin, Eléments de pathologie médicale, t. IV, p. 123 M, d’après les documents anglais. Tout imparfaite qu’elle est, cette description permettra cependant, nous l'espérons, de reconnaître, dès à présent, la similitude frappante sur laquelle nous insistons.
« L’invasion est brusque et s’opère le plus souvent par un nsson ; puis céphalalgie vive, douleurs musculaires et articulaires simulant celles du rhumatisme; fièvre intense - le pouls bat de 100 à 120 fois par minute ; la peau est chaude et sèche ; anorexie, souvent épigastralgie, nausées et vomissements bilieux ; jactitation, insomnie et quelquefois délire • absence habituelle de symptômes abdominaux, tels que météo-