SYN0N1M1E
A. Glcules inguinama , mnorbus ingidnarius. — Grande mono, (grande peste). — Par ces dénominations et d’autres necore, les historiens et les annalistes du Moyen-Age ont implicitement distingué la peste proprement dite, ou peste à bubons es autres alléchons épidémiques qui sévissaient dans le même temps qu’elle, et qui, en raison du nombre des individus
MALADIES INFECTIEUSES
qu’elles enlevaient, constituaient une calamité publique et méritaient ainsi de porter le nom de peste, pris cette fois dans l’acception commune.
B. Bnbonici peslis (Schenck, Zacutus, Lusitanus). — Ver a pestis (Schenck). — Pestilens febris comilcita ; P.f. incomilata (Forestus), etc. — Ces dénominations prises pour exemple, font voir comment quelques auteurs du XVI0 et du XVII0 siècle, cherchaient à distinguer la peste des fièvres malignes et pétéchiales pestilentielles avec lesquelles on la confondait habituellement, à cette époque.
C. Peslis, de Sauvages (class. III, ord. i, Phlegmasiæ exanthematicœ, gen. i), de Sagar (class. X. Exanthemata, ord. i, Exanthema contcigiosa, gen. i), et de Culien (ord. ni, Exanthemata, gen. xxix).
D. Dans la Nosographie philosophique, de Pinel (66): Fièvres adéno-nerveuses (classe I ; fièvres, ordre vi). Cet ordre comprend à son tour un seul genre, et ce genre comprend trois espèces : 1° la peste du Levant; 2° la peste avec symptômes gastriques ; 3° la peste avec symptômes inflammatoires.
E. Peste bubonica (quelques médecins italiens). — Beulenpest (quelques [auteurs allemands) ; peste à bubons, Toutes ces dénominations sont synonymes ; elles désignent la maladie par un des symptômes qui la caractérisent. — Peste d’Orient. — Typhus d’Orient (Aubert-Roche).
SYMPTOMATOLOGIE.
A. Les descriptions des loïmographes se rapportent, poui la plupart, à la peste épidémique ; elles présentent souvent entre elles, à cause de cela même, des dissemblances marquées qui
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justifient en quelque sorte le. surnom de protée qu’on a parfois donné à cette maladie. Cependant, si on a le soin d’élaguer les épiphénomènes et les affections deutéropathiques qui donnent à chaque épidémie nouvelle un cachet particulier, une physionomie a part, on retrouve toujours dans ces descriptions un cei tain nombre de types fondamentaux, auxquels il est aisé de rattacher ensuite toutes les formes secondaires que peut revêtir la peste, quelque variées qu’elles puissent paraître. Nous distinguerons trois formes principales, savoir: 1° la peste foudroyante pestilens febris incomitata, de Foreest; lre classe, de Clncoyneau ; pestis interna , de Sauvages ; 6e et T classe, de Chenot ; 3e variété , de Clot-Bey). - 2° La peste grave (pestil. feb. comitata, de Foreest ; 2e, 3e, 4e classe , de Chicoyneau ; pestis vulgans, de Sauvages ; 3e, 4e classe, de Chenot ; 2e variété, de Clot-Bey). — 3° La peste bénigne (5e classe, de Chicoyneau ; pestis benigna , de Sauvages; lre, 2e classe, de Chenot ; lro variété , de Clot-Bey).
B. Prodrome commun aux diverses formes de la peste. — Pendant le cours des épidémies de peste, un grand nombre d individus éprouvent soit un simple sentiment de gêne soit e véritables douleurs dans les régions des aines et des aisselles qui présentent en même temps quelquefois une légère tuméfaction due au développement exagéré d’un certain nombre de ganglions lymphatiques. Souvent la santé n’est pas à proprement parler, altérée, et beaucoup de gens ressentent pendant longtemps cette première manifestation de l’influence épidémique, sans être jamais atteints de peste. Chez d'autres i survient en outre, du malaise, de l’inappétence, des nauces , la physionomie s’altère visiblement ; il y a des étourdis se, ne, Us, de rabattement, des frissons errati/ues ou, lu e„m a„c, bien marqués et revenant par accès, de manière à simuler queiquefois une fièvre intermittente (Clienot, de Mer-
r. vu;, lü«, infeclkmes.
tens). Ces derniers phénomènes, lorsqu’ils se joignent aux premiers, annoncent communément l’apparition prochaine de la peste ; celle-ci, toutefois, ne leur succède pas encore nécessairement, et ils peuvent disparaître soit par le seul bienfait de la nature, soit par l’intervention de l’art. Il arrive fréquemment, d’ailleurs, que la maladie éclate à l’improviste, sans avoir été précédée d’accidents prodromiques.
C. Peste foudroyante (À.). — a. Au début de l’épidémie, et çà et là pendant son cours, l’intoxication pestilentielle est parfois telle, qu’elle foudroie, pour ainsi dire, les malades, et prévient toute réaction de l’organisme. Dans cette forme terrible de la maladie, les pestiférés succombent, le plus souvent, avant que les bubons et les charbons aient pu se manifester , la peste commence alors brusquement par un frisson violent et unique, ou par une série de frissonnements alternant avec un sentiment de vive chaleur; puis il survient une céphalalgie intense, des vertiges, des bourdonnements d oreilles , 1 oeil est injecté, languissant, terne, le regard comme voilé ; la face est pâle, plombée, parfois cadavéreuse ; la physionomie exprime la stupeur ou l’épouvante ; la parole est embarrassée, la voix sourde ; la langue large, humide, blanchâtre, est tremblotante. La démarche est titubante, comme dans l’ivresse, puis, en raison de l’extrême prostration des forces, la station devient tantôt impossible. Le malade conserve toute son intelligence et il se sent frappé à mort, ou par moment déjà il délire ; la respiration est courte, accélérée, inégale, il y a une anxiété inexprimable. Il survient, dès l’origine, des nausées, des vomissements bilieux ou muqueux, une soif inextinguible; plus taid des selles rendues involontairement, parfois sanglantes , de larges pétéchies d’une couleur livide apparaissent quelquefois sur la peau du cou, de la poitrine ou même des membres. Le pestiféré éprouve à l’intérieur une ardeur excessive, et cepen-
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dant Ja température du corps paraît à peu près naturelle, si ce n’est à Ja région précordiale, où la main du médecin perçoit un sentiment de vive chaleur (Forestus). Le pouls est tantôt à peine accéléré ou môme rare, tantôt, au contraire, d’une fréquence extrême, il est, en tous cas, petit, inégal, concentré. — Tous ces symptômes effrayants se succèdent avec une rapidité singulière, et la lutte entre la vie et la mort n’est jamais de longue durée ; l’anxiété s’accroît encore, le pouls s’affaiblit de plus en plus, le délire fait place à la somnolence ou au coma, et le malade succombe quelques heures, un jour, ou tout au plus deux jours après le début, parfois subitement, sans agonie, ou encore au milieu des convulsions.
6. Dans certains cas, l’intoxication se révèle au médecin, uniquement d abord par l’altération profonde des traits, la faiblesse, la lenteur, ou, au contraire, l’extrême fréquence du pouls; les malades conservent pendant plusieurs heures assez de force pour se tenir debout et marcher ; puis, tout à coup, éclatent inopinément lçs plus graves symptômes: tels que vertiges, prostration extrême des forces, aphonie, tendance à la syncope, coma. Cette forme ataxique par excellence , est toujours des plus graves ; elle se termine habituellement ’par la mort dans un bref délai (Chenot, p. 76. — Pruner).
Quelquefois, mais rarement, tous les fâcheux symptômes de la peste foudroyante (a.) s’amendent pour faire place à une période de réaction plus ou moins bien dessinée ; des bubons apparaissent dans les lieux ordinaires ; le pouls se relève la peau devient plus chaude. On peut croire, un instant, que la guérison est encore possible ; mais bientôt la face s’anime et les yeux s’mjectenl outre mesure, la langue se dessèche et noncit, les bubons s'affaissent ; il survient un délire frénélioue ou, au contraire, de la typhomanie, puis du coma ; on observe
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des convulsions générales, ou Lien des soubresauts, des tendons, de la carphologie ; le malade, enfin, succombe le plus souvent au milieu d’un état typhoïde des plus prononcés.
D. Peste grave (A.) — a. Quelquefois il y a des préludes (B); d’autres fois, au contraire, on n’observe pas de phénomènes avant-coureurs. L'invasion se fait, en général, comme dans la forme précédente, par un frisson unique et violent ou par des frissons répétés; puis, on observe une chaleur vive de la peau, accompagnée de sécheresse; parfois, cependant, ce qui est toujours de mauvais augure, les extrémités restent froides ; le pouls est fréquent, concentré, souvent irrégulier, inégal. Il y a de la prostration, un abattement extrême ; de la céphalalgie, des vertiges, des douleurs lombaires, des douleurs contusives des membres. L œil est injecté, terne, le regard vague, la face vultueuse; a 1 insomnie, aux rêves taligants succède bientôt un délire habituellement tianquille, plus rarement rccompagné d’agitation ; la bouche estamèie, la soif est vive ; la langue, d abord blanche et humide, se dessèche rapidement et devient noirâtre à son centre. Dès le début, nausées, vomissements, diarrhée plus ou moins abondante ; les urines sont rares, quelquefois supprimées, parfois sanguinolentes. — Vers le troisième, le quatrième jour au plus tard encore, les bubons apparaissent aux aines, aux aisselles, quelquefois au cou, rarement au jarret; puis, se développent les charbons, alors commence une deuxième période où va se décider le sort du malade.
6. Dans les cas les plus heureux, l’éruption des bubons est le signal d’un amendement de tous les symptômes; la fièvre et les phénomènes graves qui l’accompagnaient disparaissent rapidement, et la convalescence s’établit du sixième au huitième jour; les bubons entrent en résolution, s indurent ou