‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 32 sur 101 · SYNONYMIE · texte numérisé non relu

SYNONYMIE

а. Typhus icterodes de Sauvages (cl. II, ord. I, gen. IV, 7); de Sager (cl. XII, Febres, ord. I, gen. IV, 7); de Cullen (ord. i’ sect. II, Febres continuée, gen. V).

б. Fièvre jaune d’Amérique , dans la Nosographie philosophique de Pinel (classe I, ord. V, Ataxiques malignes , genre XII, Fièvre ataxique contagieuse , espèce 2e).

y. Mal de Siam. — Fièvre de Bulam ou de Bulama. — Cette dénomination a été assignée par Chisholm à la fièvre jaune pestilentielle qui a ravagé une partie du nouveau monde en 1793, parce qu'il la croyait originaire de l’île de Bulama, île située sur la côte occidentale de l’Afrique, près de l’embouchure du Rio-Grande. L’opinion singulière de Chisholm, embrassée plus tard par le docteur Lym, se trouve réfutée tout au long dans l’ouvrage cité du docteur Bancroft.

8. Vomito negro , Vomito prieto , Fiebre amarilla des Espagnols. — Yellow Fever , Blacli vomit Fever des Anglais. — La maladie épidémique qui a sévi à Barcelone, en 1821, a été désignée sous le nom de typhus amaril , par Rochoux, qui s’est efforcé de la distinguer de la fièvre jaune des Antilles. Elle n’en diffère cependant par aucun caractère important.

SYMPTOMATOLOGIE.

A. Prodromes. — Les individus qui vont être pris de la fièvre jaune ressentent, pendant les quelques jours qui pré-

FIÈVRE JAUNE : SYMPTOMATOLOGIE jqxj

cèdenl son invasion, des douleurs plus ou moins vives siégeant à la tête, à la région lombaire, dans les membres. Ils ont de l'inappétence, des nausées; leurs yeux sont rouges et brillants; ils éprouvent un sentiment de fatigue plus ou moins prononcé. Ces phénomènes prodromiques peuvent d’ailleurs faire défaut; la maladie éclate, en effet, assez souvent à l’improviste, principalement dans les cas graves.

B. Pi eiruei e période. L invasion se fait quelquefois par un frisson unique et violent; mais, en général, ce sont des frissons légers revenant par intervalles et alternant par des bouffées de chaleur qui ouvrent la scène. Un mouvement fébrile, à type continu, mais présentant, vers le soir, des exacerbations souvent assez bien marquées, s’établit ensuite et jusqu’à la fin de la période. Le pouls est régulier, vite, tendu, plein et fort, au moins pendant l’exacerbation, il bat 90 à 100 fois par minute. La peau est brûlante, sèche et fait éprouver à la main qui l’explore une sensation d acreté loule particulière. Elle présente bientôt, surtout à la face, une coloration rouge acajou, plus ou moins foncée, lorsque la réaction fébrile est violente, rosée seulement quand la fièvre

est peu marquée. Les yeux sont injectés, brillants, humides, douloureux; les malades y éprouvent une sensation de graviers. Le regard rappelle ce qu’on observe dans l’ivresse, et la physionomie exprime la stupeur. - Il y a une céphalalgie orbitaire, gravative, intense, mais qui cède rapidement aux premiers moyens de traitement; des douleurs qui siègent aux lombes ou sous les membres inférieurs, et qui, parfois, sont tellement violentes, qu’elles arrachent des cris aux malades C’est à ces derniers symptômes que la fièvre jaune doit le nom de coup de barre , sous lequel le vulgaire l’a autrefois désignée. La douleur lombaire peut s’irradier vers l’ombilic Je long des cuisses, ou encore, par en haut, le long de la Ciiai.cot. Œuvres complètes, t. vm, Maladies infectieuses. 9

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colonne vertébrale jusqu’à la région du cou; la douleur arthritique occupe surtout les genoux, les chevilles, les orteils, les mollets, et s’accompagne quelquefois de conlractions involontaires siégeant dans les muscles fléchisseurs de la jambe. — La prostration des forces est, dès le début, le plus souvent très marquée; le malade éprouve un sentiment de débilité générale. En même temps, il est dans un état de jactitation continuelle et ne sait quelle position prendre dans son lit. — Les accidents gastriques se montrent les premiers. D’abord peu prononcés, ils acquièrent une grande intensité vers la fin du premier ou dans le courant du deuxième jour. La langue, humide, est couverte d’un léger enduit blanchâtre ; elle est un peu rouge à la pointe et sur les bords. La déglutition est souvent difficile. 11 y a dès l'origine quelques nausées; bientôt toutes les boissons ingérées sont aussitôt rejetées; puis il se manifeste des vomissements d’un mucus clair ou d’un liquide vert de mer et d’une saveur très amère. Quelquefois, principalement dans les cas légers, c’est de la bile qui est ainsi rendue. Cependant la région de l’estomac est comme distendue, le malade y éprouve une douleur brûlante qui s’exaspère par la moindre pression, une sensation de constriction très pénible qui augmente encore l’anxiété et qui prend quelquefois les caractères delà cardialgie la plus violente. D’ailleurs, il existe une soif ardente et les urines sont rares, d’une coloration rouge foncée et sédimenteuses. — Le ventre est habituellement resserré: les selles expulsées naturellement ou provoquées par des lavements, sont en général molles, grisâtres, rarement bilieuses. — Le délire et le coma sont des symptômes qu’on observe rarement dans le cours de celte période ; une vive anxiété, un sentiment d’effroi, ou, au contraire une apathie profonde, une certaine confusion dans les idées, Lels sont les seuls désordres qui se manifestent dans l'exercice- des fonctions cérébrales durant cette première phase

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de la maladie qui s’accomplit dans l’espace de deux ou trois jours.

C. Deuxième période. — Elle est signalée par une grande atténuation et parfois une cessation des principaux symptômes qui survient brusquement, vers le troisième ouïe quatrième jour. Le pouls tombe soudain et descend à 80, 70. Quelquefois, et c’est là un signe presque toujours funeste, on ne compte même plus que 50, 40, ou même 30 pulsations à la minute. (La Roche, loc. cit.)\ la peau devient fraîche ; en même temps les douleurs lombaires et arthritiques disparaissent, les forces reviennent comme par enchantement, la langue se nettoie, l’épigastralgie, les nausées et les vomissements cessent ; l’esprit est serein, et le malade, qui éprouve un sentiment de mieux-être, se croit hors de danger. Il se peut faire en réalité que tout se borne là et que la convalescence se déclare à la suite de quelques phénomènes critiques, tels que sueurs profuses, diarrhées bilieuses, etc. Mais, le plus souvent, cette amélioration est illusoire, et l’on voit se manifester bientôt les sinistres avant-coureurs de la troisième période : les douleurs épigastriques, la soif, les nausées, les vomissements reparaissent; la respiration devient lente et suspirieuse; la température s’abaisse, le pouls devient très rare; il survient des épistaxis; les conjonctives, la peau du front, puis celle de la face, du cou, commencent à prendre une coloration jaune plus ou moins foncée; les urines, enfin, présentent une teinte brune qu’elles doivent, ainsi qu’on s’en est assuré à l’aide des réactifs, à l’existence d’une certaine quantité du principe colorant de la bile (La Roche). — Cette deuxième période de la fièvre jaune dure environ vingt-cinq ou trente heures.

R. Troisième période. — Le pouls devient d’une faiblesse extrême; il fuit sous le doigt, et il faut exercer une forte

MALADIES INFECTIEUSES

pression pour en percevoir les battements. Le plus souvent, il reste lent; d’autres fois, au contraire, il acquiert une fréquence extrême; en tous cas, la peau est froide, quelquefois comme glacée et recouverte d’une sueur gluante. — La jaunisse se prononce de plus en plus; souvent, les malades prennent une coloration orangée, cuivrée, acajou, ou encore comme bronzée. — La langue se sèche à sa partie centrale, elle devient quelquefois noire, fendillée et croûteuse. Les vomissements se rapprochent et surviennent toutes les fois que le malade veut changer de position ; ils sont entremêlés de hoquets. Les liquides et les matières rejetés par l’estomac, acquièrent peu à peu une teinte de plus en plus foncée, l’oesophage et la gorge sont souvent cruellement affectés du goût âcre et caustique qui les accompagne. Bientôt, on voit nager au milieu d’un liquide transparent et visqueux des flocons noirâtres qui ressemblent à du marc de café ou à de la suie délayée dans l’eau. Puis enfin, la matière rendue devient tout à fait noire ; elle peut être mêlée de sang coagulé et contenir des masses fibrineuses décolorées. — Les selles elles-mêmes sont liquides, sanguinolentes, noirâtres ou tout à fait noires, on les a comparées à de la mélasse ou de la poix, ou encore à de la suie. — Il se manifeste des hémorrhagies passives, sous forme d’épistaxis, de ménorrhagie, d’hématurie, d’hémoptysie même, mais ce dernier cas est assez rare. Les gencives, la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx, la conjonctive, les ulcères, les surfaces dénudées par un vésicatoire, les piqûres de sangsues, peuvent aussi être le siège d’écoulements sanguins. Des pétéchies apparaissent sur les diverses parties du corps, principalement au cou et sur la poitrine. — Les urines deviennent très rares, elles sont rendues goutte à goutte: il peut même y avoir anurie complète. — Tantôt, l'intelligence reste intacte ; d’autres fois, les malades présentent une sorte d’hébétude, de langueur, et leurs idées n’ont

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