‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 33 sur 101 · FIÈVRE JAUNE : VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

FIÈVRE JAUNE : VARIÉTÉS

aucune suite; d’autres fois enfin, il y a des rêvasseries alternant avec de longs intervalles d assoupissement, du coma, ou, au contraire, un délire violent. Des soubresauts des tendons, des contractures, des tremblements partiels des mains et de la langue, ont été observés dans un certain nombre de cas. — C’est du cinquième au septième jour qu’a lieu, le plus communément, la terminaison fatale. Si l’issue doit être heureuse, la maladie dure un peu plus longtemps et se prolonge au-delà du huitième ou du onzième jour.

E. Convalescence. — Elle s’établit brusquement, lorsque la maladie s’arrête à la fin de la première période ou au milieu de la seconde ; dans le cas contraire, il se peut faire qu’elle traîne en longueur. L’ictère peut persister pendant plusieurs semaines, plusieurs mois même ; il y a pendant longtemps encore des vertiges, de l’insomnie, des nausées, des diarrhées bilieuses.

F. Variétés principales de la fièvre jaune. — a. Telle est la fièvre jaune lorsqu’elle parcourt régulièrement toutes les phases de son développement et qu'elle se présente sous la forme qui lui est le plus habituelle; elle se présente avec les mêmes caractères essentiels, en Europe et en Amérique, dans les régions tempérées et sous les tropiques. Mais à titre de pyrexie, et surtout à titre de pyrexie pestilentielle, elle est susceptible d’éprouver dans ses allures et dans sa physionomie des modifications profondes et variées, sans rien perdre toutefois de son indépendance nosologique. Delà, des variétés pathologiques qui s’éloignent plus ou moins du type qui a servi de base à notre description et dont le nombre est presque indéfini. Toutes ces variétés cependant peuvent rentrer assez naturellement dans les deux genres qui suivent, et dont l’existence est admise par la plupart des épidémiographes

MALADIES INFECTIEUSES

anglais et américains: 1° fièvre jaune inflammatoire, 2° fièvre jaune congestive (J. Wilson). La première est remarquable surtout par l’intensité des phénomènes fébriles de la période initiale ; le pouls est résistant, la peau est chaude et sèche, haute en couleur; les douleurs lombaires et arthritiques sont violentes, il y a indication évidente d’employer les émissions sanguines. Dans la forme congestive, l’action du poison paraît être, dès l’origine, portée à un tel degré, qu’elle entrave la réaction de l’organisme. Le début peut être alors marqué par des convulsions ou des syncopes. La prostration des forces est immédiatement portée à son comble ; la face est pâle ou d’une teinte livide, l’œil aviné, la respiration haute, inégale et anxieuse. La température du corps est naturelle, si ce n’est à la région précordiale où elle est très élevée, brûlante. Le pouls est accéléré ou, au contraire, ralenti, mais toujours dune faiblesse extrême; il peut même être filiforme à peine perceptible ou encore tout à fait nul. lin pareil cas, la peau froide comme du marbre et recouverte d’une sueur gluante et d une pâleur cadavéreuse, la voix est brisée comme dans le choléra asiatique, et l'on a sous les yeux un exemple de celte variété de la fièvre jaune que le docteur Gillkrest a appelée variété algicle ( Rapp . du cons. gènér. de santé d’Angleterre, p. 145). Lorsque le malade ne se relève pas promptement de l’état de collapsus qui caractérise la forme congestive, la mort survient nécessairement dans un bref délai. Dans les cas heureux, il s’opère une réaction salutaire et la maladie reprend son cours; mais, le plus souvent, la réaclion reste incomplète, faible, partielle, irrégulière, et elle aboutit à une terminaison funeste.

S. On rencontre dans la fièvre jaune épidémique, comme aussi dans la peste (p. 95), et dans le typhus des cas d’une bénignité extrême qui réclament à peine les secours de l’art;

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