‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 53 sur 101 · IC11TUY0SE CORNÉE · texte numérisé non relu

IC11TUY0SE CORNÉE

4° L’absence des poils n’est qu’une apparence. Et d’abord, il est des points où ils ont acquis leur développement normal : c’est ce qu’on voit aux lèvres, au voisinage des sabots de devant et de derrière, à la face externe du milieu de la cuisse et de l’articulation du genou. De plus, en examinant avec soin le reste de la peau, surtout avec une loupe, on y rencontre partout des poils formant une légère saillie au-dessus du niveau de sa surface externe. L’état morbide de la peau consiste surtout en un trop grand développement de l’épiderme, développement qui a gêné dans sa marche l’éruption des poils. L’épiderme est en effet, dans quelques points, d’une épaisseur de 2 lignes, et il paraît composé de plusieurs couches stratifiées. Au fond des sillons et des fentes, le derme n’est pas à nu, mais bien recouvert par une très mince couche épidermique.

5° Le derme lui-même ne présente aucune modification notable dans sa texture. Les follicules et les bulbes pileux qu’il contient paraissent tout à fait normaux : mais la tige de la plupart des poils qui en partent est trop courte, et leur pointe ne fait qu’à peine saillie au-dessus de la surface de l’épiderme. Les glandes sébacées qui s’abouchent dans les follicules pileux sont saines, mais d’un très petit volume. Quant aux glandes sudoripares, M. Gurlt n’a pu en reconnaître l’existence, ce qu’il attribue à la macération prolongée qu’a subie la pièce.

6° Enfin, on a fait une analyse chimique comparative (Van Stetten) de l’épiderme épaissi du veau atteint d’ichthyose et de l’épiderme d’un fœtus de veau sain, âgé de 7 à 8 mois. Voici les résultats de cette analyse : sur 1.000 parties de cendres, l’épiderme du fœtus normal a donné 250 parties de phosphate calcaire ; l’épiderme du fœtus atteint d’ichthyose a donné 600 parties du même sel calcaire. L’auteur conclut en attribuant, avec Numan, à la prédominance des matériaux inorganiques,

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et spécialement du phosphate de chaux, la plus grande dureté et la plus grande friabilité de l’épiderme du veau atteint de ce qu’il nomme l 'ichthyose cornée congénitale.

Quoi qu’il en soit de l’interprétation et de la dénomination adoptées parM. Gurlt, il n’en est pas moins constant que son observation s’accompagne, ainsi qu’on l’a vu, de détails importants et bien circonstanciés. Il serait donc fort intéressant de répéter, sur une partie de la peau du fœtus présenté par M. Houel, les observations qui ont été faites par M. Gurlt sur celle de son jeune veau, afin de rechercher les analogies ou les différences qui peuvent exister entre les deux cas.

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