‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 52 sur 101 · COLORATION BRONZÉE CE LA PEAU · texte numérisé non relu

COLORATION BRONZÉE CE LA PEAU

au microscope par l’un de nous ( Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1850, p. 135 *), le pigment se trouvait exclusivement dans la

couche muqueuse de 1 épiderme.

Nous ne terminerons pas cette observation sans faire deux remarques importantes. La coloration bronzée de la peau a été constatée sur notre malade à un moment où il était tellement affaibli qu’il a été impossible d’obtenir de lui des renseignements précis sur le moment où s’était développée cette coloration, dont l’apparition devait remonter à une époque fort éloignée du début de la maladie et qui pouvait être même congénitale. En second lieu, nous devons dire que, quelques jours après la séance de la Société de Biologie où nous avions montré les capsules surrénales de ce malade, nous avons pu faire l’examen des capsules surrénales provenant d’une femme morte de phlegmon diffus des parois abdominales, et que ces capsules offraient une altération graisseuse tout aussi prononcée, sans que la malade, qui a pu être longtemps observée à l’hôpital Beaujon, eût jamais présenté la moindre teinte bronzée de la peau.

Vulpian, Note sur les réactions propres aux capsules surrénales chez les reptiles.

AFFECTIONS DU TÉGUMENT EXTERNE

VH.

Purpura hemorragica symptomatique'.

M. Charcot fait observer, à l’occasion d’une communication de M. Hayem, sur deux cas de purpura hcmorrhagica , que le purpura est un symptôme qui peut être lié à des états morbides très différents. D’autres altérations vasculaires que celles indiquées par M. Ilayem peuvent se rencontrer dans certains cas, et à ce propos, on peut citer une observation de Fox, dans laquelle il existait une dégénérescence amyloïde des vaisseaux de la peau. Relativement à l’hémorragie cérébrale, M. Charcot fait remarquer que, lorsque cette lésion se rencontre dans le purpura, elle ne produit que peu ou pas de phénomènes cliniques et constitue ainsi une trouvaille d’amphithéâtre. C’est ce qui a lieu aussi pour les hémorragies liées à la leucocylhémie et signalées par MM. Ranvier et Ollivier. Dans ces divers cas, on ne trouve pas, en effet, de véritables foyers hémorragiques, mais de simples hémorragies capillaires ou des ecchymoses. MM. Charcot et Bouchard ont donc eu raison de dire que la véritable hémorragie cérébrale, telle qu’on la connaît en clinique, est toujours liée à la lésion spéciale des artérioles qu’ils ont décrite sous le nom d’anévrismes miliaires.

). Comptes rendus de la Société de biologie, 1870, p. 26.

ICnïUYOSE CORNÉE

Sur une observation de M. Gurlt (de Berlin) intitulée . « Ichthyose congénitale chez un veau

M. le président, à l’occasion d’une communication de M. Houel, avait annoncé qu’il existait dans le Magasin de médecine vétérinaire de Berlin , une observation de M. Gurlt, ayant trait à un fœtus de veau né à terme, présentant sur la peau des sillons fort analogues à ceux qu’on voyait chez le fœtus humain dont il s’agit. M. le président m’a chargé d’analyser l’article de M. Gurlt, et d’en rendre compte à la Société. Cet article est intitulé : Ichthyose cornée congénitale chez un veau.

Voici ce qu’il m’a paru renfermer de plus intéressant pour le sujet qui nous occupe : 1° le veau atteint d’ichlhyose congénitale est né vivant et à terme ; mais il est mort au bout de vingt-quatre heures. Il n’a puni se tenir debout, ni prendre le mamelon. Sa mère n’a pas cessé de se bien porter pendant tout le temps de la gestation ; elle avait vêlé, l’année précédente, d’un premier veau actuellement bien portant et destiné à l’élevage. Pendant tout le temps, sa nourriture a été fort convenable. Tous les viscères du jeune veau ont été examinés avec le plus grand soin : ils étaient sains.

1. Comptes rendus de la Société de biologie, 1852, p. 178 .Magasin fiirdie 249. Gesammte Thierlieilkunde, von Dr Gurlt und Dr Ilertwig, Berlin, 1850, p.

Charcot. Œuvres complètes, t. viii, 2° p. Affections de la •peau . 14

210 AFFECTIONS du tégument externe

2° C’est là le premier cas düchlyose cornée que M. Gurlt ait eu l’occasion d’observer chez les animaux ; mais il indique que, dans le journal de médecine vétérinaire d’Utrecht ( Maguzin voor vee-artsenij-kunde s'huck), il existe un cas toutàfait semblable. Il en existe, en outre, un second dans la collection de l’École vétérinaire de la même ville. Le cas de M. Gurlt serait donc le troisième qu’on ait observé chez le veau. De plus, le docteur Steinhausen a décrit et représenté, dans sa dissertation soutenue en 1848, un enfant présentant des lésions tout à fait identiques à celles dont le veau peut être atteint. Le corps de cet enfant fait aujourd’hui partie du musée anatomique de FUniversité de Berlin. Ce cas d’ichthyose cornée, chez le fœtus humain, n’est d’ailleurs pas le seul qui soit arrivé à la connaissance de M. Gurlt.

3° L’examen de l’altération des téguments externes du jeune veau fait voir qu’elle consiste surtout : 1° en des sillons et en des fentes de l’épiderme; 2° en l’absence apparente de poils.

Les sillons et les fentes sont disposés dans un certain ordre. Au cou et au tronc, ils affectent une direction verticale et se portent parallèlement, les unes vers la partie antérieure du cou, les autres vers la région abdominale. Ils sont réunis entre eux par des sillons plus ou moins obliquement dirigés. Aux membres antérieurs et aux membres postérieurs surtout, ils se dirigent obliquement d’avant en arrière et de haut en bas. La direction de tous ces sillons rappelle, d’ailleurs, Indisposition normale des plis de la peau des fœtus de veaux sains et encore dépourvus de poils, telle que Numan (d’Utrecht) 1 a décrite et représentée. Les crevasses paraissent s’être faites au niveau de ces plis, à une époque plus ou moins récente, ce dont on s’assure en cherchant à rapprocher leurs lèvres 1 une de l’autre.

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