F1YDATIDES DU CERVEAU ET DU CŒUR
tricule. La couche optique droite et le corps strié lui correspondant sont légèrement comprimés et refoulés vers la ligne médiane. Cette grande cavité paraît revêtue intérieurement par une fine membrane celluleuse ; elle renferme trois hydalides parfaitement sphériques, dont la plus grosse dépasse le volume d un œuf de poule et la plus petite atteint celle d’un œuf de pigeon. La substance cérébrale, au pourtour de la cavité, n’est point ramollie; elle paraîtrait plutôt avoir augmenté de consistance et être comme tassée; elle n’offre aucune injection anormale.
Les méninges sont dans un état d’intégrité parfaite.
Organes thoraciques. — Le cœur paraît être un peu augmenté de volume, principalement dans les parties voisines de la pointe ; on y voit une tumeur hémisphérique d’un faible relief, située dans la paroi postérieure du ventricule gauche. A l’intérieur du cœur, dans la cavité ventriculaire gauche, cette tumeur fait une saillie beaucoup plus considérable; elle a 4 centimètres et demi de hauteur et 2 de largeur; elle occupe la base de l’une des colonnes charnues de la valvule mitrale, colonne charnue qui paraît avoir triplé de volume. La tumeur consiste dans un kyste hydatique ayant envahi toute l’épaisseur de la paroi du ventricule gauche. La cavité de ce kyste a 4 centimètres en hauteur et 3 en profondeur; elle est formée de cinq loges séparées par des cloisons incomplètes. Sa surface interne est lisse et d’un blanc nacré; elle renferme plus de cent hydatides, pour la plupart affaissées et vides. La membrane du kyste est très complète, dure et d’une épaisseur très inégale, ayant en certains points jusqu’à i millimètre, en d’autres points étant mince comme de la baudruche; elle est formée d’un tissu fibreux très serré. A la surface extérieure du cœur, le kyste est apparent, à travers une lame du tissu musculaire atrophié et décoloré, lame à peine épaisse comme une feuille de papier. A la surface interne du ventricule, il offre deux bosselures très saillantes, l’une de la dimension d’une lentille, l’autre plus petite, dont fa paroi très amincie ne paraît guère être constituée que par l’endocarde.
A l’intérieur du même ventricule, existe un second kyste hydatique tout à fait indépendant du précédent et beaucoup plus pe-
KYSTES HYDATIQUES
tit. Il a un centimètre et demi dans son plus grand diamètre; il contient douze hydatides vides ayant depuis le volume d’une tête d’épingle jusqu’à celui d’un gros pois (en les supposant pleines). Ce kyste est situé sous l’endocarde, et l’épaisseur de sa paroi ne va pas au-delà de celle d’une feuille de papier.
Les poumons sont parfaitement sains.
Organes abdominaux. — La raie, très volumineuse, contient huit ou dix kystes hydatiques plus ou moins grands, et dont plusieurs sont comme appendus à cet organe. Le foie a son volume et sa consistance ordinaires; il ne renferme point d’hydalides; il n’existe point non plus de ces vers vésiculaires dans le tissu cellulaire sous-péritonéal ni dans le petit bassin.
Examen des hydatides.— Les hydatides du cerveau ne contenaient point d’échinocoques. Ce fait a été constaté par nos propres recherches et par celles de notre ami le docteur Vulpian, qui a examiné ces vésicules avec beaucoup de soin. Leur surface interne offrait un aspect particulier que nous avons assez souvent rencontré et qui mérite d’être signalé. Cette surface était recouverte de nombreuses plaques d’apparence verruqueuse, ovales ou arrondies, opaques et d’un blanc laiteux, dont les plus grandes atteignaient à la dimension d’une pièce de 1 franc; elles étaient constituées par des saillies papilliformes agglomérées et parfaitement comparables pour l’aspect à certains groupes de végétations syphilitiques ; leur saillie et leur opacité les rendaient très distinctes sur la membrane hydatique translucide ; elles occupaient, sur cette membrane, la couche superficielle interne qui se détache des couches sousjacentes en formant une pellicule très mince qu’on eût pu confondre, sauf sa structure, avec une membrane germinale. Nous avons vu dans des hydatides du foie des plaques végétantes, tout à fait semblables qui avaient été prises pour des agglomérations d’échinocoques. Ainsi que nous le fit remarquer notre ami Yulpian, dans les hydatides du cerveau, ces vé-