‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 64 sur 101 · HYDATI DES DU CERVEAU ET DU COEUR · texte numérisé non relu

HYDATI DES DU CERVEAU ET DU COEUR

Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses, p. 651). Ce qui frappe le plus dans l’observation que nous avons rapportée, c’est l’époque à laquelle sont arrivés les premiers accidents cérébraux, par comparaison avec le grand volume de la poche hydatique. Les premiers symptômes ne se rencontrent qu’à quarante jours après la mort, et, dix jours avant cette terminaison fatale, le malade a fait un long trajet à pied. Doit-on croire que les hydatides étaient de date assez récente et qu’elles avaient pris tout à coup un accroissement rapide ? Il est impossible de répondre à cette question ; toutefois, il est bien probable que ces vers vésiculaires étaient contemporains de ceux du cœur, et ceux-ci, en considérant leur nombre, leur état d’affaissement, et surtout la constitution du kyste, qui était compacte, dure, dataient sans doute de plusieurs années. C’est un nouvel exemple de ces tumeurs à marche très lente, qui laissent intactes les fonctions cérébrales tant qu’ elles n’ont pas occasionné d’inflammation ou d’irritation dans leur voisinage. On voit qu’ici le cerveau et les méninges étaient d’une intégrité parfaite. Quant aux symptômes, ils n’ont point différé de ceux qu’on observe ordinairement dans des cas semblables; comme dans ces cas, la marche de la paralysie nous a- offert quelque chose de spécial.

Les cas d’hydatides développées dans les parois du cœur sont plus rares encore que ceux du cerveau. M. Griesinger, à propos d’une observation qui lui est propre, dit en avoir relevé quinze cas dans divers recueils [ Arck . für physiol. Heilfcimde, 1846); mais plusieurs de ces faits concernent évidemment des kystes séreux ou des cysticerques. Neuf cas seulement nous paraissent authentiques: dans la plupart de ces cas, comme dans le nôtre, on n’avait rien observé pendant la vie qui eût attiré l’attention sur quelque affection. Six fois le kyste a été trouvé intact ; trois fois il s’était ouvert, et l’invasion des hydatides dans les cavités du cœur ou dans les vais-

kystes u yda tiques

seaux avait déterminé une mort rapide. Il résulte de l’ensemble de ces observations et de la nôtre, qu’un kyste hydatique, même volumineux, peut exister longtemps dans le cœur, sans altération notable, des fonctions de cet organe.

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