Bazin, Cours de séméiotique cutanée, p. 89, 1S
2. ld., Recherches sur ta nature et le traitement des teiq?ies, p. 78, 1853.
DE L’EXPECTATION
guérir. Raymond 1 en a fait le sujet d’un livre intéressant, mais où l’auteur montre, malheureusement trop souvent, peu d’esprit critique. M. Michel Lévy a consacré à leur étude un des chapitres les plus remarquables de son Traité d'hygiène 2. « Nous les appelons, dit-il, habitudes morbides , parce qu’elles constituent des dispositions acquises à l’organisme qui s’y accommode par une sorte de tolérance. Invétérées par une longue suite d’années supplémentaires d’une fonction qui s'est éteinte, ou qui est devenue insuffisante, elles peuvent devenir une condition nécessaire de l’équilibre fonctionnel, et doivent alors être respectées. » Il serait facile de puiser aux sources les plus respectables un nombre assez imposant d’observations qui démontrent qu’en effet les maladies et les indispositions habituelles appartiennent à la médecine expectante ; mais nous devons nous borner ici à choisir quelques exemples parmi les plus authentiques. « Une femme d’environ cinquante ans, dit M. Rostan 3, portait un ulcère chronique à la jambe droite; elle était d’ailleurs convalescente d’une légère irritation gastrique, lorsqu’elle me demanda à sortir pour affaires pressantes. Elle se fatigua beaucoup, et revint le soir à l’infirmerie dans un grand état de malaise. Le lendemain à la visite, elle me présenta tous les signes locaux et généraux d’une pleurésie des plus intenses. Je voulus voir l’ulcère que je trouvai complètement desséché. J’ordonnai un traitement actif, pour combattre d’abord les phénomènes les plus graves, me proposant d employer promptement les révulsifs indiqués; mais la nature prévint mon intention, la suppuration avait reparu, et la pleurésie s’était dissipée. » Les faits de ce genre ne sont pas extrêmement rares, et j’ai vu pour mon propre
18l6.Raym°nd’ TraUé dCS maladies c‘u'iL est dangereux de guérir , Paris, ParisMlC8h57. d>hygiène Pudique et privée, 3® édit., p. 170,
Paris fÏÏÎe!’ EXP°Siti0n deS Principes de l’organisme, 2° édit., p. 215, Charcot. Œuvr. comp). t. viii, 5» partie : Thérapeutique.
THÉRAPEUTIQUE
compte, chez un de mes parents, sexagénaire, une hémoptysie abondante succéder immédiatement à la guérison d’un ulcère variqueux siégeant à la partie interne de la jambe droite, guérison que j’avais obtenue à grand’peine et dont je me félicitais, mais qui faillit m’inspirer d’amers regrets. C’est chez les vieillards surtout que l’on rencontre ces maladies, devenues infirmités habituelles, et dont il serait dangereux de provoquer la suppression. « Chez les vieillards, dit M. Rayer *, les inflammations chroniques de la peau, indépendantes des causes externes, doivent êtr,e souvent respectées, quelquefois modérées, rarement guéries. » Mondière 2 a rapporté des faits qui démontrent que les transpirations partielles, limitées par exemple aux pieds ou aux aisselles, ne doivent pas être combattues, et à plus forte raison supprimées, principalement lorsqu’elles sont fétides. Le vomissement habituel, certaines diarrhées, certaines épistaxis, le plus grand nombre des hémorrhoïdes 3, pourraient encore être cités comme exemples de ces affections qu’il est dangereux de guérir, ou dont il faut se garder tout au moins de déterminer la brusque disparition.
YI.
Les maladies de prédisposition, héréditaires, celles que Portai appelait maladies de famille, ne sont guère susceptibles d’être heureusement modifiées par l’emploi des agents de la médecine agissante. Ce n’est pas sans raison que Raymond s’écrie, en parlant de la goutte héréditaire : « Comment guérir un vice local héréditaire ? Comment effacer une mauvaise disposition dans les viscères et dans les articulations, née avec