Sabatier, Propos , sur l'érysipèle, in-4, Paris
DE L’EXPECTATION
diminuer considérablement les quintes de la coqueluche, et quelquefois même les faire cesser complètement \ etc. Le nombre des maladies médicatrices n’est certainement pas très grand, mais leur existence ne saurait être révoquée en doute. Et il se peut faire qu’on ail quelquefois à mettre en pratique le précepte de Jaubert : Quotiescumgue morbus superveniens altéra graviori libérât , hune sanare celle impmdens et periculosum est \
Il y a des maladies qui, lorsqu’elles sont franches et légitimes, tendent habituellement vers la guérison: elles ne réclament alors aucune thérapeutique active, et peuvent souvent être abandonnées à elles-mêmes. Mais c’est souvent aussi chose fort difficile que de prédire, au début d’une affection, quelle sera exactement, soit sa durée, soit encore sa gravité, lorsqu’on l’abandonne ainsi à elle-même. M. le professeur Velpeau a eu soin de le faire remarquer, à propos de l’érysipèle : celui qui était fixe devient ambulant, celui qui était ambulant s’arrête et devient fixe. Le plus léger en apparence sera peut-être fort grave, et celui qui s’annonce d’abord d’une manière effrayante peut se terminer le plus heureusement 3. Cependant, dans un certain nombre de cas, cette tendance peut être assez exactement appréciée, et elle peut devenir le point de départ d’une expectation raisonnée. — La fièvre intermittente vulgaire, par exemple, dans notre climat de Paris, finit, même sans le secours d’aucune médication, par s’éteindre naturellement au bout de plusieurs accès, dont le nombre, contrairement à l’opinion des anciens, ne saurait être
1. Trousseau Lettre à M. Bretonneau sur la coqueluche \(Journ. de médecine, 1. 1, p. 8. 1843).