Jaubert Dissert, citée, p
3. Velpeau Généralités sur la chirurgie clinique, p. 21, 1840.
TnÉJUPEUT'QUE
fixé à l’avance. Quoi qu'il en soit, celle solution spontanée de la fièvre intermittente vulgaire s’opère, le plus souvent, sans laisser après elle d’autre reliquat qu’un léger étal anémique \ C’est ce qui résulte en particulier des recherches entreprises par Pinel sur l’évolution des fièvres tierces abandonnées en partie à elles-mêmes 2. Elles se terminaient au bout de quatre ou six accès en moyenne ; les rechutes étaient rares, et l’on n’observait jamais ni obstructions de la rate, ni hydropisies consécutives. 11 n’y aurait donc, à la rigueur, pas grand inconvénient à ne pas intervenir dans un cas de fièvre intermittente vulgaire, pourvu qu’on fût placé dans les conditions bien déterminées dans lesquelles les recherches, dont il s’agit, ont été entreprises. Mais le médecin ne peut guère, à moins de bonnes raisons, s’abstenir d’administrer le fébrifuge le plus tôt possible ; car il n’est plus de règle aujourd’hui, à moins de complications viscérales, de retarder son emploi, et de laisser la maladie livrée à elle-même pendant quelque temps, ainsi que le voulaient Hippocrate, Boerhaave et Yan Swiéten.
Une opinion qui pousse beaucoup de médecins à diriger contre les affections aiguës une thérapeutique très active, c’est que ces affections acquièrent une tendance prononcée à passer à l’état chronique, lorsqu’on les abandonne à elles-mêmes, ou qu’on les traite peu énergiquement. Cette opinion est évidemment quelque peu exagérée. Combien, par exemple, est rare la pneumonie chronique, et combien de fois n’arrive-l-il
U Il n’en serait plus de même dans certains lieux où la fièvre intermittente est endémique. « Lorsqu’on abandonne à elles-mêmes, dit le professeur Griesinger de Tubingue, les fièvres intermittentes de notre pays, même les plus légères, elles perdent leur rhythme, deviennent erratiques! et ne sont bientôt plus représentées que par une augmentation de chaleur appréciable au thermomètre. L’hypertrophie de la rate et l’état cachectique en sont la conséquence. » (Griesinger, Infektionskrankheiten, in Virchow’s Handft., B. II, A. 2, p. 34, 1837.)
2. Pinel, Med. clin., p. 459, 1815. — II administrait d’abord une boisson emetisee, et se bornait ensuite à l’emploi de quelque substance amère dans une infusion aqueuse.
DE L’EXPECTATION
pas cependant que les pneumonies aiguës soient abandonnées à elles-mêmes, ou traitées par des moyens qui équivalent à peu près à une expectation pure ! N’en est-il pas souvent de même du rhumatisme articulaire le plus intense? Il serait peut-être plus vrai de dire que la tendance à la chronicité des maladies est en raison inverse de leur acuité primitive. Celles des maladies chroniques qui sont le pins remarquables par leur longue durée et leur ténacité sont les affections qui débutent lentement, sourdement, progressivement; on pourrait, à l’exemple de quelques auteurs (Laënnec, Landré-Beauvais, Poilroux), les désigner sous le nom de maladies chroniques 'primitives ou primitivement chroniques, pour les distinguer de celles qui ne deviennent chroniques qu’après avoir passé par un état aigu. Celles-ci, faut-il ajouter encore, revêtent la chronicité, non pas tant, peut-être, parce qu’elles ont été mal traitées, que parce qu’elles ont rencontré dans la constitution des sujets qu'elles ont atteints, des conditions particulièrement propres à les fixer. Il nous semble, d’après cela, que si l’on se détermine à instituer une thérapeutique très active dans le cours d’une affection du genre de celles auxquelles nous faisons allusion ici, d’une pneumonie aiguë franche et primitive, par exemple, ce ne devfa pas être dans la crainte presque chimérique de la voir passer à l’état chronique, mais pour d’autres motifs véritablement fondés sur l’expérience.
Toute médecine rationnelle, dit M. le professeur Rostan, est fondée sur le diagnostic 1 ; il ne peut en exister d’autres ; les erreurs du diagnostic sont des plus funestes, ce sont celles qui font les plus nombreuses victimes. Malheureusement,