‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 77 sur 101 · Rostan, Cours de mèd, clin., t. I, p · texte numérisé non relu

Rostan, Cours de mèd, clin., t. I, p

thérapeutique

quelle que soit la puissance des moyens d’investigalion dont nous disposons aujourd’hui, il y a encore, dans l’état actuel a science, et il y aura probablement toujours, un trop grand nombre de cas où le diagnostic restera nécessairement inceitam. Cela est surtout vrai pour les maladies épidémiques, ou la connaissance non-seulement du genre, mais encore du caiaclère de 1 affection, est souvent si difficile à apprécier, et cependant si importante à connaître lorsqu’il s’agit d’instituer e traitement. « L’art de connaître une maladie naissante, dit Sarcone, n’est que trop semblable à celui de savoir reconnaître es plantes, quand celles-ci ont pris de l’accroissement et sont devenues adultes, elles se manifestent d’elles-mêmes, et es moins experts peuvent facilement les reconnaître ; mais quand elles ne font que de naître, et qu’elles sont à peine sorbes de leur enveloppe, il n’y a, disait Galien, qu’un habile erbonste qui puisse alors les distinguer *. » Cette obscurité, qui couvre le diagnostic au début des maladies épidémiques, réclame en général une sage expectation. Se trop hâter, en pareil cas, est une pratique dangereuse. Les épidémies catarrhales observées pendant le cours des XVIIe et XVIIIe siècles, en, sont un exemple frappant. Les saignées, qui paraissaient d abord indiquées par les symptômes, étaient souvent dangereuses, et bientôt l’on apprit, par une fâcheuse expérience, à s en abstenir 2. C’est sans doute ici le lieu de rappeler 1 aphorisme de Stoll : « Febre nondum ^déterminât a, abnsu remediorum heroïcorum abstineto : utere methodo solum indirecta, generali, adversus sijmptomata generalia, eminentiora febris incognitæ 3. »

106* i&805COne’ HiSL raisonnée des ^ladies observées à Naples , t. II, p.

2. Saillant, Tableau des épidémies catarrhales, Paris, 1780. o. M. Stoll, Aphor., 832.

DE L’EXPECTATION

11 peut, entre autres cas particuliers, se rencontrer dans le cours d'une même maladie, aiguë ou chronique, alors même qu’elle se montre avec des symptômes plus ou moins sérieux, des moments donnés où il ne se présente aucune indication d’agir, et où l’expectation doit trouver son application ; c’est ce que nous observons tous les jours, dans le cours de certaines fièvres typhoïdes, alors que les signes d’hypersthénie du début ont été combattus par une médication appropriée, et que cet ensemble de symptômes qui annonce qu’il y a lieu d’administrer les toniques ne s’est pas encore manifestement prononcé. Un autre cas est celui où il y a coexistence d’indications qui se contrarient, comme on le voit dans certaines pneumonies à tendance adynamique. Il arrive fréquemment alors que le médecin hésite entre l’indication qui plaide en faveur des émissions sanguines, et la contre-indication fournie par les symptômes d’adynamie. « Au lit des malades, en présence des cas particuliers où les indications se croisent et s’entrecroisent si souvent, c’est à la sagacité du praticien, du praticien qui s’est formé en lisant et aussi en observant, à faire la part aux unes et aux autres, dans une appréciation exacte de toutes ces circonstances individuelles, et à discerner les indications certaines, qu’il est tenu de suivre sans hésitation et avec persévérance, les indications probables , auxquelles il est en droit de se confier, à moins de contre-indications prépondérantes, enfin même les indications problématiques, qui lui permettent des tentatives, mais jamais hors des limites d’une sage prudence *. »

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