Les médecins statisticiens, etc,, Paris
THÉRAPEUTIQUE
[Der Aderlass in de r Lwigenentzûndung . Wien, 1849). a fait paraître un travail basé sur des documents plus étendus dans le Wien. Mëdic. Woch. Schr., 1852. De 1847 à 1850 750 pneumoniques ont été traités sans qu’on ait pratiqué une seule saignée. Sur ce nombre, 681 sujets ont guéri, savoir : 384 hommes et 297 femmes, 69 sont morts, 28 hommes et 41 femmes. La mortalité a donc été d’un peu moinsid’un onzième. Ici l’ expectation triompherait assurément, si l’on pouvait comparer une statislique aussi étendue aux statistiques restreintes publiées par les partisans de la médecine active.
De ces faits, il paraît résulter que la pneumonie abandonnée à elle-même ne tend pas nécessairement à une terminaison luneste : loin de là, sa marche naturelle paraîtrait la diriger, en général, vers la guérison. La méthode expectante a donc dans ces faits sa raison d’être, sa logique. Est-ce à dire qu il faille, à cause de cela, lui reconnaître une supériorité inattaquable? La conviction ne saurait être entière à cet égard ; car si M. Dieth affirme que, dans les cas où l’on s’abstient de saignées, le rétablissement est plus prompt; s’il prétend que la saignée, loin d’arrêter l’hépatisation, ou d’en raccourcir la durée, en favorise l’extension, qu’elle détermine la coagulation de la fibrine dans le cœur, dans les vaisseaux, qu’elle ralentit la résorption, amène plus rapidement la période de fonte purulente, résultats qui ne nous paraissent rien moins que définitivement établis ; il convient lui-même que, dans la pneumonie abandonnée à l’expectation, l’oppression est souvent portée à un degré vraiment intolérable. D’autre part, M. Grisolle, comme nous l’avons déjà vu, a reconnu que les moyens actifs suppriment plusieurs phénomènes locaux,
surtout la douleur, ou du moins en abrègent beaucoup la durée.
Des lésultals importants sur le sujet qui nous occupe ont élé obtenus par les auteurs suivants;
de l’expectation
M. Yiglaa fait, en 1852, à la Société des hôpitaux, un rapport sur un mémoire de M. Laboulbène, contenant cinq observations de pneumonie aiguë traitées avec succès par le
régime. . .
M. Ruehle ( Günsb . Zeits., t. III, p. 5, 1852), cité par la
Gazette hebdom. (août 1855), a vanté les avantages de l’expectation, et M. Thierfelder a recueilli de nombreux matériaux qui’tendent pour le moins à rassurer contre les dangers de la temporisation.
Dans le même numéro de la Gazette hebdom . , nous trouvons l’analyse de deux mémoires qui sont faits à peu près dans le même sens. Dans l’un, le docteur J.-T. Metcalfe (. New-York Med. Times , mai 1855) rapporte onze observations de pneumonies traitées par l’expectation, et conclut à l’inutilité d une thérapeutique active. Dans l’autre, le docteur C.-H.-F. Routh expose des idées qui se rapprochent beaucoup de celles de M. Dieth ; mais son mémoire est surtout dirigé contre 1 emploi de la saignée, et il ne met pas en pratique l’expectation
simple.
Nous citerons encore comme favorables au traitement de la pneumonie par l’expectation, des données fournies par M. Niemeyer (de Greisswald, in Journ. de Prague , 1855, tome XII, et Schmidt’ s Jahr., 1856, t. LXXXIX) et Schmidt (Journ. des Pays-Bas , 1854, et Schmidt’s Jahr., 1856, t. LXXXIX). Ce dernier même rapporte ce résultat singulier, que sur 52 cas de pneumonie observés par lui, et dont 12 se seraient terminés par la mort, la saignée ne fut employée précisément que dans ces 12 cas.
A ce qu’il nous semble, ce n’est pas par une statistique faite sur tous les cas de pneumonie, traités indistinctement par une même méthode, que la question peut être jugée. Il faudrait commencer par établir des catégories, et se poser ensuite le problème sous cette nouvelle forme . û a-t-il des
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pneumonies qu’il est avantageux de traiter par l’expectation? Y en a-t-il, au contraire, qui exigent l’emploi d’une médication active et énergique? Il faut le dire : les documents nécessaires pour arriver à une solution sont peu nombreux ; mais ils ont semblé de nature à permettre l’affirmative, au moins sur l’un des deux points. Il y aurait donc des pneumonies que l’on peut traiter par l’expectation; il ne s’agirait plus que de les reconnaître : ce serait là pour ainsi dire une question de diagnostic. M. Marrotte, dans un mémoire inséré dans les Archi ves générales de médecine [De la fièvre synoque péripneumomque, juillet et août 1855), rapporte dix observations, dont sept lui sont personnelles et trois empruntées à la pratique de M. Teissier. Dans ces dix cas, l’expectation a été mise en usage, et tous ont guéri, quoique dans quelques-uns la pneumonie eût une assez grande étendue. - Ces pneumonies, envisagées par M. Marrotte sous un nouveau point de vue ont été jusqu’à présent, et sont bien certainement encore maintenant, inscrites sur le même catalogue que les autres: elles comptent dans la statistique, soit de la médecine expectante soit de la médecine agissante. Dans l'opinion de M. Marrotte,’ elles devraient être considérées à part, sous tous les rapports’, et en particulier sous celui du traitement à employer. « L’inflammation du poumon participant de la nature bénigne de la maladie (la fièvre synoque), c’est-à-dire atteignant bien rarement les limites extrêmes du second degré et jamais le troisième ; occupant, en général, une étendue limitée; étant d une solution facile: l’expectation est permise dans cette espèce pathologique. L’expérience, plus puissante que le raisonnement, me l’a surabondamment prouvé. J’irai presque jusqu’à dire qu’elle y est commandée. » Voici un autre document d’une grande importance :
Ayant appris que M. le docteur Legendre, médecin de l’hôpdal Sainte -Eugénie, se livrait à des études propres à déter-
DE L’EXPECTATION
miner quelle est la valeur de l’expectation dans le traitement de la pneumonie franche chez les enfants, j’ai été demander quelques renseignements à ce médecin sur les faits qu’il avait observés. Voici la note que je dois à son obligeance :
« Depuis le mois de mars 1856 jusqu’à ce moment, mars 1857, j’ai soumis à l’expectation tous les enfants atteints de pneumonie franche, légitime, qui sont entrés dans mon service ; ce nombre s’élève à 12 et porte sur des enfants de trois à treize ans, moyenne sept ans et demi. J’ai soumis également à l’expectation deux cas que j’ai observés en ville, l’un chez un enfant de onze ans et demi, l’autre chez un adulte de trentehuit ans. Je n’ai pas choisi les cas, j’ai appliqué l’expectation aussi bien aux cas légers qu’aux cas graves, dont j’ai observé cinq exemples. Le seul soin que j’ai pris, mais il est de la plus haute importance, a été de ne soumettre à l'expectation que des enfants atteints de pneumonie franche, c’est-à-dire débutant brusquement, au milieu d’une bonne santé, par un frisson, souvent des vomissements, du point de côté, de la fièvre, de la toux, de l’oppression, des crachats rouillés, quand les enfants étaientassez intelligents et assez âgés pour pouvoir cracher, et caractérisée physiquement par du râle crépitant, bientôt suivi de souffle tubaire et par de la matité. Tous les malades, sans exception aucune , ont guéri, la période de déclin s’étant manifestée en moyenne le septième jour, et la disparition complète des signes physiques ayant eu lieu en moyenne le onzième jour et une fraction (3/10). Dans plusieurs de ces cas, la période de déclin était annoncée ou au moins s’accompagnait de phénomènes qu’on appellera critiques si l’on veut, et qui consistaient en selles diarrhéiques, sueurs profuses, épistaxis ou groupes d 'herpès labialis. Cette période de déclin se manifestait le plus souvent brusquement; ainsi, bon nombre de malades, que j’avais laissés la
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veille dans un état des plus inquiétants, offraient le lendemain une amélioration des plus remarquables et dont ils avaient eux-mêmes conscience; ainsi, souvent les enfants nous disaient qu’ils notaient plus malades, et demandaient à manger. Comme traitement, mon seul soin a été de mettrô les enfants dans les meilleures conditions possibles pour guérir par les seules forces de la nature. Ainsi je faisais tenir les enfants chaudement au lit et je leur faisais donner de la mauve sucrée chaude , tous les jours un looch blanc de 120 grammes, additionné de 8 grammes de sirop diacode, était prescrit, ainsi qu’un cataplasme laudanisé quand le point de côté était trop violent. De saignée, sangsues, émétique, ipécacuanha, vésicatoire, purgation, il n’en fut employé dans aucun de ces 14 cas. Ces faits si intéressants ont eu pour témoins les élèves de mon service, et, comme moi, ils ont pu apprécier la puissance médicatrice de la nature dans une maladie qui passe généralement pour réclamer d’une manière impérieuse une médication active et énergique. »
Quelle est la conclusion générale à tirer des faits contenus dans ce résumé ? Faut-il proclamer la supériorité de la méthode expectante appliquée au traitement delà pneumonie? Ce serait, selon nous, franchir à tort les bornes d’une sage réserve. Il n’y a de prouvé jusqu’ici qu’une seule proposition, à savoir que la pneumonie guérit souvent sans médication active ; mais il y a en même temps des questions soulevées, et qui ne paraissent pas encore définitivement résolues. Nous l’avons déjà dit, il s’agit de savoir s’il y a lieu de faire pour la pneumonie des catégories distinctes de cas qui guérissent par l’expectation, et de cas qui exigent l'intervention active de l’art; si ces catégories sont différentes au point de vue nosographique et fournissent en même temps des indications thérapeutiques différentes; ou bien, si c’est dans l’intensité plus
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ou moins grande de l’affection, dans la forme qu’elle revêt, dans l’influence de la constitution médicale, ou enfin dans les conditions personnelles des malades, telles que l’âge, le sexe, etc., qu’il faut chercher la raison des divers résultats obtenus?
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Sur l'Anaphrodisie produite par l'usage prolongé des préparations arsenicales *.
Les préventions injustes qui naguère faisaient redouter outre mesure l’emploi prolongé des préparations arsenicales dans le traitement de certaines affections chroniques, se sont aujourd hui en partie évanouies à la lumière des faits rigoureusement observés, et il semble même qu’elles aient fait place, dans quelques esprits, à un optimisme qui n’est sans doute pas exempt de dangers. En effet, s'il est vrai, comme l’ont affirmé bon nombre d’auteurs, que l’administration méthodique de l’arsenic puisse être, le plus souvent, longtemps soutenue, sans qu’il en résulte pour le malade aucun inconvénient sérieux, il est vrai également que dans un certain nombre de cas, on peut voir se produire, sous l’influence de cette médication, des accidents plus ou moins graves. Ces accidents, pour la plupart, ont été, dans ces derniers temps, indiqués et décrits commeil convient; l’un d’eux cependant a été, je pense, à peine remarqué, bien qu’il mérite à tous égards d’être connu, et c’est pourquoi j’ai cru utile de fixer sur lui l’attention, je veux parler de V anciphrodisie arsenicale .
Mon maître, M. Rayer, est, du moins à ma connaissance, le seul auteur qui l’ait signalé d’une manière expresse, et 1. Bulletin général de thérapeutique, 30 juin 1864.