AHTEHES DES MASSES CENTRALES
c) Quant à \-à cérébrale postérieure, son rôle est plus important et assez caractéristique. Cette artère dont la distribu-
Fig. 21. — Coupe verticale et transversale du cerveau faite en arrière des tubercules mamillaires ou en avant des pédoncules. — S, commissure grise ; — 0, 0, couches opUque.s ; — "V, vcnlricule latéral ; — V, sa corne sphénoïdale ; — P, P, capsule interne ou pied de l'expansion pédonculairc ; — L, L, noyau lenticulaire ; — K, capsule externe; — M, M, avant-inur; — R, troisième vcnlricule; — A, corne d'Ammon.
Territoires vasculaires. — I, artère cérébrale antérieure; — II, arlcre sylvienne ; — III, artère cérébrale postérieure.
tion est très étendue, puisqu'elle envoie des branches aux plexus choroïdes, aux parois ventriculaires, etc., fournit, en
AHTlhtliS STHIKICS 95
ce qui concerne les masses cenlralcvS, aux régions suivantes : 1° à la partie externe et postérieure de la couche optique ; 2° aux tubercules quadrijumeaux ; 3° à l'étage supérieur du pédoncule.
Les planches que je fais passer sous vos yeux {Fig. 20 et et sur lesquelles les territoires vasculaires sont séparés par des lignes ponctuées, vous rendront plus facile la compréhension de tous ces détails.
Seule, la description àe,?, artères striées néces^ïie quelques développements. Quand elle sera faite, nous pourrons vous exposer brièvement les notions qu'il est essentiel de connaître relativement aux artères centrales issues soit de la cérébrale antérieure, soit de la cérébrale postérieure.
Emanées du bord supérieur de la sylvienne, les artères striées pénèirent dans les trous de l'espace perforé antérieur 011 bientôt on les perd de vue. Mais une préparation fort simple permet de les suivre dans la première partie de leur trajet intra-cérébral. J'appelle votre attention sur la disposition que je vais décrire, parce qu'elle est indispensable à l'intelligence de faits importants à savoir pour la théorie de l'hémorrhagie cérébrale vulgaire.
Cette préparation consiste à détruire successivement-l'écorce grise de l'insula, la substance blanche sous-jacente, l'avantmur et enfin la capsule externe. On met ainsi à nu la surface externe du noyau lenticulaire dans toute son étendue. Si la préparation a été faite avec quelque soin, sur un cerveau bien mjecté, — et cette préparation est facile parce que, dans sa partie frontale au moins, le noyau lenl,icalaire est, pour ainsi dire, naturellement détaché delà capsule externe, — on peut suivre la première partie de la distribution des principales artères striées. On voit, grâce à cet artifice, qu'elles forment comme un éventail à la surlace du noyau gris. Mais, à une assez courte distance de leur oi-igine,- elles s'enfoncent dans
96 ARTÈHKS LENTIGULO-OPTIQUKS
l'épaisseur même du troisième segment oîi on les perd de vue.
Maintenant, Messieurs, c'est sur des coupes transversales qu'il faut suivre la distribution ultérieure des artères striées.
Une première coupe, pratiquée en arrière du chiasma {Fig. 20)^ nous montre seulement le noyau caudé et le noyau lenticulaire, la couche optique étant plus postérieure. On retrouve sur cette coupe, dans leur trajet plus profond, les artères que nous avions tout à l'heure sous les yeux. En outre, ou découvre d'autres artérioles plus petites à lasurface externe du noyau lenticulaire, et qu'on peut appeler internes ; après s'être déachées du tronc de la sylvienne, ils s'élèvent presque verticalement dans les deux premiers segments du noyau lenticu- Itiire et dans les parties attenantes de la capsule interne.
D'un intérêt plus grand sont les artères striées externes, celles qui, dans la première partie de leur trajet, rampent sur la face externe dunoyau lenticulaire. Elles doivent être divisées en deux groupes : le premier groupe est antérieur et les artères qui le composent sont les artères lenticiclo-s triées ; le second groupe est postérieur ; les artères qui le constituent sont les artères lenticulo-optiques.
L'une des artères du groupe antérieur est surtout importante à cause de son volume et de son rôle prédominant dans l'hémorrhagie intra-encéphalique : on serait, en quelque sorte, autorisé à lui imposer le nomà' artère de fhémorrhagiecéréhrale. Après avoir pénétré dans le troisième segment, elle traverse la partie supérieure de la capsule interne, puis arrive dans l'épaisseur du noyau caudé. Elle se continue ensuite jusqu'aux régions les plus antérieures de ce noyau,- en se dirigeant d'arrière en avant.
La distribution de cette artère striée, ainsi que celle des artères lenliculo-slriées, doit être étudiée sur des coupes pratiquées en avant de celle qui a jusqu'ici servi à notre démonstration.
autkhiîs optiques 97
Les artères lenticulo-optiques sont disposées sur le même modèle ; seulement, après avoir traversé la partie la plus postérieure de la capsule interne, elles abordent la partie externe et antérieure de la couche optique oii elles se répandent.
Je vous rappellerai. Messieurs, qu'il s'agit là à'artères terminales, et que, si les injections sont poussées trop fort, il s'opère de petites ruptures sur les différents points du trajet des vaisseaux, imitant ainsi tant par le siège que par la forme les foyers d'hémorrliagie qui se produisent dans l'état pathologique.
Nous n'avons rien de spécial à dire sur la branche ou les branches de la cérébrale antérieure, si ce n'est qu'elles n'existent pas constamment et qu'elles peuvent donner lieu à des hémorrhagies très circonscrites, mais d'une gravité réelle, en ce sens que le foyer s'ouvre souvent dans les ventricules.
Quant à Vartère cérébrale postérieure, elle mérite dans l'espèce, je le répète, qu'on s'y arrête plus minutieusement. Toutefois, je ne veux m'occuper ici que des artères qu'elle envoie à la couche optique.
Ces artères sont de deux ordres : 1° Vartère optique postérieure interne, née de la cérébrale postérieure, tous près de son origine au tronc basilaire, qui fournit à la face interne de la couche optique, et est capable, dans son trajet ultérieur, d'occasionner des hémorrhagies, peu étendues à la vérité, mais sérieuses comme étant fréquemment suivies d'inondation ventriculaire ; — 2" Vartère optique postérieure eccterne, qui vient de la cérébrale postérieure, quand elle a déjà contourné le pédoncule cérébral et dans lequel elle monte obliquement, avant d'entrer dans la portion postérieure de la couche optique. I^cs ruptures de ce vaisseau déterminent des hémorrhagies CiiAucoT. Œuvres complètes, t. iv, Localhations. 7
98 OBMTÉllATION TOTAI.I'; DK lA SYlA'IKiNNK
qui fusent souventdans l'épaisseur du pédoncule cérébral. Elle mérite toute votre attention, car, comme nous le verrons plus tard, les lésions dans son territoire produisent un cortège de symptômes tout à fait spécial.
Nous venons de recueillir chemin faisant des faits intéressants au plus haut degré, pour la théorie des localisatio.;.; cérébrales pathologiques. Ces faits, nous allons maintenant les serrer de plus près, en commençant par ceux qui concernent les masses ganglionnaires centrales.
A. — a) Le système tout entier des artères centrales, émanant de la sylvienne, peut être oblitéré en conséquence de la thrombose ou de l'embolie du tronc artériel principal. Alors, le ramollissement porte sur la masse des noyaux gris tout entière ou peu s'en faut, — les districts répondant à la distribution des artères c érébrales antérieures et des artères optiques postérieures étant seuls épargnés. C'est là une localisation très sommaire, en général d'une gravité extrême,, et qui résume, si l'on peut ainsi dire, cliniquement;, toute lapathogie des centres ganglionnaires. Le syndrome qui se rattache à ce ramollissement total des corps opto-striés, — ainsi a-t-on désigné quelquefois l'ensemble des masses centrales — n'est autre que V hémiplégie cérébrale vulgaire, avec accompagnement de Vhéfnianesthésie cérébrale.
h) L'analyse peut pénétrer dans cet ensemble coniploxe. Il ne faudrait pas croire, toutefois, que nous soyons en mesure
IlÉMOniUlAGlK INTHA-ENCÉPHALlQUIi 99
aujourd'hui de reconnaître à des symptômes particuliers les destructions de la couche optique, celles du noyau caudé, celles du noyau lenticulaire et^ à plus forte raison, celles de ses divers segments.
c) Mais il est possible, cependant qu'il survienne, en raison même du mode de distribution artérielle que nous avons fait connaître, telle localisation anatomique, susceptible de se décéler par des symptômes spéciaux, et permettant, par conséquent, un diagnostic régional. Cette condition se réalise quand le ramollissement affecte toute ou presque toute l'étendue soit du territoire des artères lenticulo-striées, soit du territoire des artères lenticulo-optiques. Nous verrons, en effet, que les symptômes sont différents dans les deux cas : présents dans le second cas, les symptômes de l'hémianesthésie cérébrale font défaut dans l'autre.
B. — Ce qui vient d'être dit relativement au ramollissement ischémique, est applicable h Vhémorrhagie intra-encéphalique. Celle-ci est, vous le savez, fréquente, prédominante dans ces régions; les artères striées sont, en effet, très sujettes à la forme spéciale de sclérose artérielle qui produit les anévfysmes miliaires. On extrait communément, d'un foyer hémorrhagique récent, une artère striée ou optique dont les prolongements portent de petits anévrysmes (1).
Le plus souvent, contrairement à l'opinion généralement répandue, l'épanchement de sang, — ainsi que M. Gendrin l'avait depuis longtemps bien reconnu (2) - se fait tout d'abord, en pareil cas, non dans l'épaisseur môme du corps strié, mais en dehors de lui, et, pour préciser davantage, au contact
m ^ '^^'^ Archives de Physiologie, 1868.
[l) A. N. Gcncinii. — Traîlé philusophi</ue de nuhh'cine praiique, l, 1, 1838- Voir page /./ili, 789 ; p, 4G5, n- 808 ,801), 810, el. p. 478, n" 830.