SCLÉROSE CONSÉCUTIVE
nous le savons, chez de très jeunes animaux, on voit^ huit mois iaprès l'ablation des parties antérieures d'un hémisphère, — les masses centrales, couche optique etcorps strié, étant demeurées intactes, — on voit, dis-je, après cette mutilation, la capsule interne du c ôté correspondant s'atrophier d'une façon remarquable. 11 est clair que cette atrophie n'aurait pas lieu, si la capsule interne, comme le veulent quelques anatomistes, était exclusivement composée de fibres pédonculaires indirectes, c'est-à-dire se terminant dans l'épaisseur des noyaux gris centraux.
Chez le chien, le hasard a fait rencontrer à MM. Carville et Duret (1), une lésion qui avait détruit la substance blanche de toutes les parties frontales d'un lobe, sans affecter directement les noyaux gris centraux non plus que la capsule interne. Dans ce cas, il y avait une atrophie très accusée du pied du pédoncule, de la protubérance et de la pyramide bulbaire du côté correspondant à la lésion cérébrale.
La réalité, chez l'homme, de ces fibres pédonculaires directes, semble être, à son tour, attestée par la production même de ces dégénérations qui, ainsi que nous l'avons dit, se développent en conséquence des lésions étendues et profondes de la substance grise corticale.
Ces fibres pédonculaires directes, après leur épanouissement dans la couronne rayonnante, se répandent-elles indistinctement dans toutes les régions de l'hémisphère? sont-elles, au contraire, affectées à des départements particuliers de l'écorce grise ? Les ftiits que j'ai réunis dans le but d'étudier cette question plaident en faveur de la seconde hypothèse. Ces observations, recueilHes dans mon service à l'hospice de la Salpêtrière, pendant le cours des quinze dernières années, sont relatives à des cas de ramollissement ischémique an-
{\) Archives de physiologie, 1875.
172 SCLliuOSES CONSÉCUTIVES A UNE LÉSION CORTICALE
ciens(l). La lésion, dans ces cas, se présentait sous la forme de plaques j aunes, ou moins étendues en largeur, intéressant plus ou moins profondément la substance blanche subjacente, et occupant les régions les plus diverses de la surface des hémisphères. Dans toutes les observations, il est expressément mentionné que le ramollissement avait complètement respecté les masses centrales : couches optiques, noyau caudé, noyau
Fiq. 45. — Fa, vaste foyer de ramollissemenl cortical ayant détruit la circonvolution pariétale ascendante, une bonne partie de la circonvolution frontale ascendante, et la plus grande partie de la circonvolution de l'insula. Lés masses centrales étaient indemnes.
lenticulaire, capsule interne. Mes observations peuvent être ramenées à deux groupes.
Le premier comprend les cas dans lesquels, pendant la vie, il n'avait pas existé d'hémiplégie permanente, et oii, à l'autopsie, la dégénération consécutive faisait défaut. Dans tous, les
(1) La plupart de ces observations sont accompagnées de dessins faits d'après nature : ceux-ci permettent, ou le comprend, de préciser le siège et l'clendue des lésions et suppléent, par conséquent, à l'insuffisance malheureusement très •habituelle des descriptions.