DÉVELOPPEMENT DU FAISCEAU PYRAMIDAL
faisceaux ne sont pas encore développés. Ce sont : 1" les deux faisceaux dits pyramidaux directs; 2° les deux faisceaux pyramidaux croisés. Et précisément ces faisceaux correspondent aux régions occupées par la lésion, dans une des formes les plus intéressantes des affections systématiques que nous nous proposons d'étudier en détail. G''est assez vous dire l'intérêt qui s'attache pour nous à l'étude anatomique de ces faisceaux.
Ils n'appartiennent pas exclusivement à la moelle épinière; on peut en suivre anatomiquement le parcours et en reconnaître les principales dispositions dans le bulbe rachidien, dans les pédoncules cérébraux et jusque dans la profondeur des hémisphères. Dans cette description, nous serons guidés par les travaux commencés à Paris par M. Pierret et surtout par ceux de M. Flechsig. Enfin, nous mettrons à profit une étude de M. Parrot, fondée sur une centaine d'observations et dont les résultats doivent être présentés demain à la Société de Biologie.
1° Voyons donc, Messieurs, quel trajet parcourent ces quatre faisceaux pyramidaux, et commençons, si vous le voulez bien, par les faisceaux croisés {Fig. 48 et 49).
Immédiatement au-dessus de l'entrecroisement bulbaire ils occupent une situation qu'ils ne quitteront plus, attendu qu'on peut les suivre dans la partie inférieure de la moelle épinière jusqu'à la deuxième ou troisième paire sacrée. Sur cette grande étendue, ils occupent la moitié postérieure du cordon latéral 011 ils sont représentés par un faisceau compact de forme triangulaire, touchant en arrière à la substance gélatineuse, tandis que. en dedans, un petit espace sépare le sommet de ce triangle du processus réticulaire. Quant à la base du triangle, dirigée en dehors, elle est séparée de la pie-mère par une zone de substance nerveuse lui formant une sorte de manteau et cens-
ii^O FAISCEAUX PYRAMIDAUX ANTÉRIEURS
tituée par les faisceaux cérébelleux directs. Mais cette disposition n'occupeque la moitié supérieure du cordon médullaire; au-dessous de la région dorsale, les faisceaux cérébelleux s'épuisent, et, dans la région lombaire, oii il n'en reste plus trace, les faisceaux pyramidaux croisés touchent à la pie-mère. Sur les coupes transversales, le diamètre de ces faisceaux triangulaires diminue régulièrement de haut en bas, comme si les fibres qui les composent s'épuisaient elles-mêmes chemin faisant ; mais c'est surtout au niveau du renflement cervical et du renflement lombaire que cette diminution de diamère est le plus appréciable.
2° Pour les faisceaux pyramidaux antérieurs ou directs, désignés aussi sous le nom de cordons de Tûrck, ils siègent à la face interne des cordons antérieurs, et présentent là une forme ellipsoïde, à grand axe antéro-postérieur. En général, on peut les suivre jusqu'au milieu de la moelle dorsale ; mais cette disposition souffre de nombreuses exceptions ; tantôt, ils ne dépassent pas la région cervicale, tantôt, au contraire, ils descendent jusqu'à la région lombaire.
Ces quatre faisceaux sont composés de fibres à direction parallèle, et, lorsqu'ils sont développés, ils renferment des tubes nerveux de toutes dimensions. Comment se comportent-ils à leurs extrémités ? Puisque leur diamètre diminue à mesure qu'ils descendent plus bas dans la moelle, on est en droit de conclure que les fibres nerveuses qui les composent s'arrêtent successivement en chemin. Les cornes antérieures de substance grise paraissent naturellement désignées comme étant le point vers lequel ces fibres convergent. Mais, pénètrent-elles dans les racines antérieures? Non, caries racines antérieures et les cellules nerveuses sont déjà très développées alors que les faisceaux pyramidaux ne le sont pas encore ; elles ne passent