‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 4)Chapitre 27 sur 73 · DIVISION DU PÉDONCULE EN TROIS RÉGIONS · texte numérisé non relu

DIVISION DU PÉDONCULE EN TROIS RÉGIONS

Il nous importe, au contraire, de considérer attentivement l'étage inférieur des pédoncules, le pïed des pédoncules. Chez

Fig. 54. — Coupe horizontale de l'hémisphère droit, parallèle à la scissure deSylvius. — Ne, noyau caudé. — Sa, segment antérieur de la capsule interne. — NI, noyau lenticulaire. — G, genou de la capsule. --Sp, segment postérieur delà capsule interne. — Go, couche optique. — F, Foyer circonscrit dans le segment postérieur de la capsule et occupant une partie du trajet intra-héraisphériquedu faisceau pyramidal.

l'adulte, cette partie est nettement séparée du tegmentum par une bande transversale de substance grise qui n'est au-

âOS KTAdR INPÉniKUK DU PKDONCULE

tre que le locus niger de Sœmmering. Les cellules nerveuses de cette région ne sont pas encore pénétrées de matière pigraentaire à l'époque de la vie, que nous considérons. Quoi qu'il en soit, c'est au-dessous de cette bandelette que se trouve la région àyipied; et c'est-là qu'il nous faut rechercher la trace des faisceaux pyramidaux.

La section de l'étage inférieur pédonculaire peut être divisée en trois segments, de dimensions à peu près égales (segments interne, externe et moyen). Dans les deux premiers, les tubes nerveux ne sont pas encore recouverts de leur enveloppe médullaire et apparaissent sur les coupes comme des espaces clairs. Il n'en est pas de même du segment moyen. Celui-ci se présente sous la forme d'un espace de forme rhomboïde et opaque, parce qu'en ce point, les fibres nerveuses ont acquis leur développement complet. Or, c'eut précisément cet espace de substance opaque qui, d'après M. Flechsig, représente les prolongements reconstitués des faisceaux pyramidaux (Voy. la légende relative à la figure précédente).

Ainsi, vous le voyez, tandis que dans la moelle et le bulbe du nouveau-né les faisceaux pyramidaux se distinguaient des parties voisines en raison même de l'état rudimentaire auquel ils devaient leur coloration claire, c'est le contraire qui a lieu dans les pédoncules.

Les fibres nerveuses qui composent les faisceaux pyramidaux de l'étage inférieur sont déjà recouvertes de myéline ; elles portent, par conséquent, la marque d'un développement avancé, et c'est cette circonstance qui les fait contraster avec les parties avoisinantes.

. Voilà,. Messieurs, un fait incontestablement remarquable, puisqu'il semble indiquer que le développement des faisceaux pyramidaux procède du cerveau proprement dit. M. Flechsig n'a pas manqué de le relever. 11 a môme été conduit par ses observations, à émettre l'hypothèse que c'est dans la substance

CAPSULK INTKRNE 209

grise de Técorce ou, autrement dit, dans les cellules ganglionnaires qui s'y trouvent, que les fibres nerveuEes des futures pyramides prennent leur origine; là, elles commenceraient à apparaître sous forme de bourgeons. Ceux-ci, se développant progressivement, descendraient peu à peu dans les pédoncules, et, après avoir traversé la protubérance et le bulbej arriveraient dans la moelle épinière, dont ils atteindraient en dernier lieu Fexlrémité inférieure. Je laisse, bien entendu, à M. Fleclisig la responsabilité do son hypothèse, et je vais désormais me borner à exposer les données sur lesquelles elle s'appuie n'ayant pas encore eu l'occasion de contrôler de visu cette dernière partie de ses recherches.

3" Suivant M. Flechsi°', vous l'avez prévu, le faisceau pyramidal peut être suivi au-delà du pied dans la profondeur de l'hémisphère. On peut tout d'abord reconnaître sa présencé au milieu des masses ganglionnaires opto-striées, dans la région qu'on appelle la capsule interne ei qui, en somme, pour une assez bonne partie au moins, n'est autre que l'expansion des faisceaux qui forment l'étage inférieur des pédoncules. A l'égard delacapsuleinterne, quelques indications topographiques ne seront pas superflues.

Si l'on pratique la section horizontale de l'un des hémisphères cérébraux, suivant une ligne parallèle à la fissure latérale postérieure (de Henle) et un peu au-dessus de cette Tissure, le segment inférieur de l'hémisphère que nous avons sous les yeux nous offre surtout à considérer les particularités suivantes.

En arrière et en dedans, au voisinage de la ligne médiane, est la couche optique ; en avant de la couche optique, la tête du noyau caudé : en dehors, le noyau lenticulaire dont les bords internes forment par leur réunion, comme une sorte de coin qui s'avance dans l'angle formé par le noyau caudé et

CiiAucoT. Œuvres complotes, t. iv, Localisations. 14

210 ZONE HOLANDlgUK

la couche optique. Mais les masses ganglionnaires internes (couche optique et corps strié) sont séparées de la masse externe (noyau lenticulaire) par un gros tractus blanc coudé qui n'est autre que la capsule interne, c'est-à-dire pour une certaine partie, l'expansion pédonculaire.

Vous reconnaissez. Messieurs, d'après la disposition topographique de ce tractus, que deux parties bien distinctes le composent : i° une partie antérieure comprise entre la face interne et antérieure du noyau lenticulaire et la tête du noyau caudé ; 2° une partie postérieure, intermédiaire à la face externe de la couche optique et au bord postéro-interne du noyau lenticulaire. Ces deux parties se réunissent sous la forme d'un angle obtus que l'on pourrait appeler, avec M. Flechsig, le « genou de la capsule interne».

Eh ! bien, Messieurs, c'est dans la partie postérieure de la capsule qu'il faut, d'après M. Flechsig, chercher l'origine du trajet intra-hémisphérique du faisceau pyramidal.

Dès l'époque à laquelle nous le considérons, ce faisceau pourrait être reconnu là, dans le segment postérieur sous l'aspect d'un espace elliptique, tranchant par son opacité sur les parties voisines ; composé par conséquent de fibres nerveuses déjà très développées, il n'affecterait aucune relation de continuité avec les masses ganglionnaires adjacentes ; et si, par la pensée, vous partagez cette partie postérieure de la capsule interne en trois régions d'égale étendue, c'est la régioa moyenne qui occuperait précisément le faisceau pyramidal.

Mais ce n'est pas tout : plus loin encore que la capsule interne, le faisceau pyramidal peut être poursuivi jusque dans l'épaisseur du centre ovale, et môme jusqu'à la couche grise corticale.

4° Pour rechercher les fibres pyramidales dans cette dernière

7A)m nOI.ANDIQUK 211

partie de leur trajet, il nous faut considérer une coupe frontale. Cette coupe, faite un peu en arrière de la scissure de Rolande et parallèlement à sa direction divise, par le milieu, la circonvolution pariétale ascendante (dans le système topographique de M. Pitres, c'est la coupe pariétale proprement dite). Elle permet de voirie segment postérieur de la capsule interne dirigé obliquement en haut et en dehors ; — le noyau lenticulaire accolé à son bord externe, la couche optique coupée

tig. 55. — Coupe pariétale de r hémisphère (Pitres). ~ 8, corps calleux. -- 9, queue du noyau caudé. — 10, couche optique. — 11, capsule interne (segment postérieur). — 12, noyau lenticulaire.— 1.3, capsule externe. — 14, avant-mur.

en travers, par le milieu, la bordant du côté interne et surmontée par la section de la queue du corps strié. Voilà bien la région où passe, suivant M. Flechsig, le faisceau pyramidal. Parvenais dans le centre ovale, les fibres de ce faisceau commencent à se dissocier, à s'éparpiller on tous sens et il devient impossible de les suivre. Cependant, une portion du faisceau

reste cohérenle, et continue ?on chemin vers l'extrémité supérieure des circonvolutions centrales. Donc, en sortant delà région capsulaire, elles se portent en dehors, de manière à contourner la paroi du ventricule ; puis elles se recourbent légèrement en dedans, et, à partir de ce moment, poursuivent leur trajet vertical vers le but que nous venons de signaler.

En somme. Messieurs, cette partie de l'écorce grise dans laquelle vont se perdre les extrémités terminales du faisceau pyramidal appartient, vous le voyez, à la région que l'on désigne sous le nom de zone motrice. (Lobule paracenlral, extrémité supérieure des circonvolutions frontale etpariétale ascendantes.)

Tels sont les résultats des recherches de M. Flechsig en ce qui concerne le trajet intra-encéphalique du faisceau pyramidal. Surplus d'un point, ces résultats semblent avoir besoin de confirmation et l'auteur lui-même ne paraît pas leur accorder une confiance absolue. Mais ce qu'il faut en retenir, c'est l'ensemble du trajet que nous avons successivement étudié dans les diverses régions du névraxe. L'hypothèse à laquelle Fauteur en question paraît avoir été conduit d'après la somme des faits par lui observés, est que les fibres pyramidales prendraient naissance dans la substance corticale de la zone motrice ; là, commencerait leur développement, et de là elles descendraient, comme nous l'avons dit tout à l'heure, par bourgeonnement, pour former les faisceaux pyramidaux dans la capsule d'abord, puis dans le pédoncule et la protubérance, puis dans le bulbe, et successivement, suivant les progrès de l'âge, dans les parties plus inférieures du névraxe.

5° Mais c'est ici. Messieurs, qu'il convient de faire intervenir les recherches de M. le professeur Parrot, auxquelles je faisais allusion dans la leçon précédente. Ces recherches, communiquées tout récemment à la Société de biologie, ne visent pas

FAITS ClIROMOLOCiyUKS

■précisément le sujet traité par M. Flechsig, mais elles y louchent cependant et peuvent contribuer à y faire la lumière. Si, d'une façon générale, elles confirment les résultats annoncés par M. Fleclisig, elles tendent toutefois à les modifier sur un point important, je veux parler du trajet intra-encéphalique au sujet duquel l'auteur allemand formulait l'hypothèse dont je viens de vous parler.

Les recherches de M. Parrot sont fondées sur 96 autopsies d'enfants nouveau-nés n'ayant pas dépassé un an d'âge ; le cerveau a été examiné à l'aide de coupes méthodiques sur lesquelles il s'agissait de reconnaître, à l'œil nu, les différences de couleur qui correspondent aux diverses régions de la masse cérébrale suivant l'âge de ces nouveau-nés. 11 est certain que les faits chrooyiologiques, ainsi que les appelle M. Parrot, peuvent fournir des indications relatives au développement des différentes parties des hémisphères. Les parties grises, transparentes en effet, peuvent être considérées comme les parties fœtales, embryonnaires, tandis que les parties blanches sont développées, adultes. La coloration blanche, en un mot, correspond à la structure achevée des tubes nerveux (cylindre-axe recouvert de sa gaîne de myéline). Or, au point de vue que nous envisageons, voici ce qu'il me paraît intéreS' sant de relever surtout dans les importantes recherches de M. Parrot.

Cette figure que M. Parrot a mise très obligeamment à ma disposition, représente une coupe verticale d'un hémisphère; c'est une coupe antéro-postérieure, parallèle au plan médian, et pratiquée à un centimètre et demi environ de la scissure inter-hémisphérique. Il s'agit d'un enfant de 17 jours. Vous voyez qu'à Cette époque les régions antérieures et postérieures ont une coloration grise très foncée^ ce qui signifie qu'elles sont encore ii l'état fœtal; ce n'est qu'au bout d'un mois que la substance du lobe occipital commencera à blanchir; et,

214 Omr.lNK CKHKiniAI-K DU FAIgCKAU PYIIAMIDAI.

quatre mois après seulement, c'est-à-dire vers le cinquième mois, les régions antérieures commenceront à se développer ; encore ce développement ne sera-t-il achevé que vers le neuvième mois.

Mais, déjà, vous le voyez, vers le dix-septième jour, laparlie médiane ou sous-rolandique du cerveau est marquée par la présence de fibres nerveuses revêtues de myéline. En ce point, les faisceaux du centre ovale se présentent sous la forme de deux tractus blancs qui semblent marcher h la ren-

Fif), 56.— Coupe veviicale antéro-poslérieure, un peu en dehors de la face in lerne de rhéinisplicre. On y rcconnait des parties diversement colorées, les unes blanches, les autres grises. — AR représente l'anse rolandlque sous-jnccnlc fi la scissure do Rolaudo,HR.— G, capsule interne émergeant de la masse grise cenirulo,

contre l'un de l'autre. L'un, le premier en date (ce dont on peut juger d'après l'étude du cerveau d'enfants moins âgés), repose sur les masses ganglionnaires centrales, où il paraît avoir son centre de formation, et s'avance dans la direction du sillon de Rolando, I^autre forme une espèce d'anse blan-

RKr.lONS MOTHICES

clie circonscrivant la dépression du sillon de Rolando au-dessous de l'écorce grise (M. Parrot l'appelle cm.se rolancUque), et se porte au-devant du faisceau précédent.

Ces tractus blancs, vous le voyez bien, répondent tout à fait par leurs rapports anatomiques à la description que donne M. Flechsig du trajet intra-hémisphérique des faisceaux pyramidaux ; seulement, et c'est ici que l'opinion risquée par M. Flechsig se heurte aux résultats obtenus par M. Parrot, il existerait pour cette partie du faisceau pyramidal, deux centres de formation : l'un siégerait dans un point quelconque des noyaux centraux, il s-erait le premier par l'âge ; l'autre aurait son point de départ dans la substance grise des circonvolutions rolandiques, autrement dit des zones motrices. Somme toute, je vous le répète, il n'y a guère que ce seul objet de dissidence entre les deux observateurs, et Ton peut, dès à présent, conclure des recherches de M. Flechsig, que de toutes les régions du manteau de l'hémisphère, ce sont 'les régions dites motrices qui se développent les premières, se mettent en rapport avec le système bulbo-spinal par l'intermédiaire des faisceaux pyramidaux.

Ici se terminent. Messieurs, les considérations que j'ai voulu vous présenter concernant Tanatomie du système des faisceaux pyramidaux, faite d'après les documents fournis par l'examen du développement des centres nerveux. Cet exposé préliminaire, un peu long peut-être, était indispensable pour entreprendre l'étude des lésions systématiques des faisceaux pyramidaux, connues sous le nom de dégénérations secondaires. Ces lésions ne sont pas intéressantes ou seul point de vue de l'anatomie pathologique pure ; il s'y rattache un ensemble de faits cliniques qui les rendent dignes de toute l'attention des médecins,

QUATRIÈME LEÇON

Dégénérations secondaires. — Dégénération du faisceau pyramidal dans le pédoncule, la protubérance, le bulbe, la moelle épiniére. — Dégênération exceptionnelle du faisceau interne du pédoncule. — Division de l'étage inférieur du pédoncule en trois régions

Sommaire. — Iiilroduction à rétiide des dégénérations secondaires. — Dégénérations de cause cérébrale; elles sont deirccndantes. — Dégénérations de cause spinale; elles sont tantôt descendantes, tantôt ascendantes. — Dégénérations de cause périphérique.

Conditions de la dégénération descendante de cause cérébrale. — Une question de localisations domine la situation. — La nature de la lésion importe peu pourvu que cette lésion soit destructive. — Lésion consécutive du pédoncule; elle divise l'étage inférieur en trois régions. — Dégénération dans la protubérance, dans le bulbe, dans la moelle épiniére.

Localisation de la lésion dégénérative dans la région opto-striée. — Etudes de M. Flechsig. — Le faisceau pyramidal proprement dit n'est pas seul capable de dégénération descendante. — Dans la capsule" interne, il occupe au moins les deux tiers antérieurs du segment postérieur. — Le faisceau postérieur (fibres sensilives de Meynert) ne dégénère jamais.

Messieurs^

Après les préliminaires qui nous ont jusqu'à présent occupés, no'js pouvons entrer aujourd'hui dans le domaine de l'anatomie pathologique. Je me propose de traiter devant vous des lésions systématiques de la moelle épiniére.

Dlic.KNKUATIONS SKOONDAIUKS

Je commencerai l'élude des formes diverses qui composent celte classe, par les alLéralions connues généralement sous le nom de clé générations secondaires.

Les lésions dont il s'agit sont dites secondaires parce qu'elles se produisent consécutivement à une autre lésion, lésion en foyer le plus souvenl, développée primitivement dans différentes parties du névraxe, cerveau proprement dit, bulbe, moelle épinière, ou même dans les nerfs périphériques. Une fois nées, ces lésions consécutives peuvent acquérir une individualité, une autonomie réelle, et il s'y rattache quelquefois loule une hisLoire clinique qui se surajoute à l'histoire de la maladie originelle el qui parfois même la domine.

A ce poinl de vue, les plus intéressantes des lésions secondaires sont celles qui affectent le système des faisceaux pyramidaux. Je relèverai par avance, Messieurs, que toutes jes lésions systématiques des faisceaux pyramidaux ne sont pas secondaires ; il est des lésions de ce genre (et c'est là un point sur lequel j'aurai à insister par la suite), qui se développent à titre d'affections primitives, protopathiques, c'est-à-dire en dehors de toute influence d'une lésion primordiale.

Je ne saurais trop insister, Messieurs, sur ce point que l'histoire des dégénérations spinales secondaires est tout-à-fait digne de fixer l'attention du médecin. Si, en effet, ces lésions ont pu pendant longtemps être considérées comme un objet de pure curiosité scientifique, comme propres seulement à intéresser le physiologiste ou l'anatomiste, on peut affirmer qu'il n'en est plus de même aujourd'hui. Les travaux récents ont suffisamment mis hors de doute que ces affections-là tiennent

I)K(î|i:NKIlATl()NS SPINALRS KN (ilîNKlUL

à tous égards une place importante dans la pathologie des centres nerveux (1).

Les dégénérations secondaires de la moelle épinière forment un ensemble assez complexe et il importe d'abord d'y établir des divisions.

1° Dans un premier groupe sont réunies les dégénérations secondaires de cause cérébrale, c'est-à-dire celles qui procèdent d'une lésion en foyer occupant certaines parties de l'encéphale. Ainsi les lésions de ce groupe peuvent résulter : a) soit d'une lésion primitive du cerveau proprement dit, h) soit de lésions siégeant dans les diverses régions de l'isthmé (a les pédoncules, 6 la protubérance, yJe bulbe rachidien). Les dégénérations qui ont une semblable origine sont communément dites desc3)idantes, parce qu'elles semblent, en réalité, descendre de l'encéphale, où elles ont pris naissance^ vers les parties périphériques.

2" Dans son second groupe, on doit placer les dégénérations secondaires de cause spinale, c'est-à-dire celles qui sont consécutives à la formation d'une lésion en foyer dans un point quelconque de la moelle épinière . Nous verrons pour-

(i) Il est inulilc do rovcnir une fois do plus sur Fliislorique dccello question. Nous rappellerons seulemenl qu'après les travaux de L. Turclt, Cliarcot et Vulplan, e'csl dans le mémoire classique de M. le prol'osseur Bouchard qu'on trouvera les documents les plus intéressants relatifs aux dégénéralions secondaires. M. Bouchard a, le premier, mis en usage les procédés de durcissement et de coloration dans l'investigation dos lésions médullaires, et le premier aussi a cherché à établir la symplomalologie de la lésion dôgônoralivc (B.l.

i)r;(ïknkhations diîscrndantks 219 quoi ces lésions consoculives peuvent être dites descendantes pour une part, et ascendantes pour une autre part.

3° Une troisième catégorie réunit un petit nombre de faits, fort curieux du reste, mais qui n'ont pas encore trouvé place dans la pratique. La dégénération est ici de cause périphérique et siège dans les faisceaux postérieurs de la moelle épinière. Les exemples connus sont au nombre de cinq ou six à peine ; mais toujours ce sont les nerfs de la queue de cheval, et là, plus expUcitement, les racines postérieures, qui ont dû être considérées comme le point de départ de la lésion spinale.

Nous nous occuperons en premier lieu des dégénérations du premier groupe, de celles qui ont une origine encéphalique ; et même, pour restreindre encore notre premier champ d'étude, nous n'envisagerons d'abord que les lésions fasciculées secondaires, engendrées par un foyer siégeant dans le cerveau proprement dit.

Avant d'entrer dans le détail, indiquons les caractères les plus généraux du groupe.

i" La lésion originelle existe dans le cerveau proprement dit, cela est bien entendu. Mais elle n'intéresse pas indistinctement tel ou tel point de l'hémisphère. En d'autres termes, il y a dans les hémisphères des régions très-étendues où les lésions en foyer sont impuissantes à provoquer des dégénérations secondaires; et il en est d'autres, par contre, où ces altérations déterminent h coup sûr des lésions descendantes consécutives. Vous le voyez, Messieurs, une question de localisation domine en quelque sorte la situation,

2° Qaanl h la nature de la lésion originelle, rien n'est plus variable. Tumeurs intra ou exlra-encéplialiques, foyers d'hémorrhagie ou de ramollissement, toutes les altérations possibles auront le même caractère, pourvu toutefois — et c'est là une condition sine quâ non — pourvu que la lésion soit destructive c'est-à-dire qu'elle produise, dans le lieu où elle s'établit, une véritable perte de substance aux dépens des éléments nerveux. Aussi les anciens foyers d'hémorrhagie ou de ramollissement figurent-ils beaucoup plus communément parmi les lésions qui causent les dégénérations secondaires que ne font la plupart des tumeurs, celles-ci pouvant déprimer ou refouler les éléments nerveux sans les détruire.

3° En dehors d'un cas particulier qui sera mentionné en temps et lieu, les dégénérations de ce groupe ont pour caractère général d'affecter exclusivement le système des faisceaux pyramidaux et de se limiter, de se cantonner dans ce système.

Si la lésion primordiale n'occupe qu'un des deux hémisphères, la dégénération se propage dans le faisceau pyramidal croisé du côté opposé ; si, au contraire, il existe un foyer dans chacun des deux hémisphères, les deux moitiés du système pyramidal peuvent être simultanément envahies.

Et je le répète à dessein, Messieurs, il s'agit là d'une lésion systématique par excellence. Les faisceaux voisins restent toujours indemnes, et (à moins de circonstances particuHères que nous aurons à relever) la substance grise et les racines des nerfs périphériques demeurent également intactes.

4° Pour ce qui est de la nature de la dégénération au point de vue anatomique, c'est là une question que je réserve. Est-elle le résultat d'un processus purement passif comme le veulent quelques auteurs, ou, au contraire, irritatif, comme

dk<;k:nkhation pyuamidaliî 221 d'autres le prétendent? Ou bien les deux opinions doiventelles être combinées, en ce sens que, passif dans une première période, le processus deviendrait actif dans une deuxième? Voilà dés questions intéressantes sans doute, mais,

Fif/. 57. — A, dégénéi'alion dans le pédoncule cérébral (faisceau pyramidal). — B, faisceau pédonculaire inlcrnc, dégénérant quelquefois, mais exceptionnellement. — C, faisceau externe (centripète ?), ne dégénérant jamais. — D, protubérance ; elle est asymétrique déprimée du côté de la lésion. ~ E, pyramide dégénérée, grisâtre, atrophiée, s'enlrecroisant en F avec celle du côté opposé.

je vous le répète, nous ne les aborderons que par la suite. Pour le moment, je veux me borner à considérer la topographie des dégénérations secondaires, et vous allez voir, ainsi que je vous l'annonçais tout à l'heure, qu'il s'agit bien là de lésions systématisées dans le domaine des faisceaux pyramidaux.

I)K(iHIXKUATI()N PKrx^iNCULAlHK

JV.

Prenons la lésion secondaire au moment où elle émerge, en quelque sorte, de la profondeur de l'encéphale. Elle apparaît d'abord dans le pédoncule ; nous la suivons ensuite dans la protubérance, puis dans le bulbe, enfin dans les diverses régions de la moelle épinière.

Remarquez d'abord, Messieurs, que si la lésion est très prononcée et très ancienne, passez-moi l'expression, elle vous sautera aux yeux. Du même -côté que la lésion hémisphérique, vous reconnaissez une atrophie réelle de l'étage inférieur du pédoncule, de la protubérance, de la pyramide correspondante, laquelle présente en même temps une teinte grise {Fiy. 57). Du côté opposé à la lésion, au-dessous de l'entrecroisement des pyramides, vous constaterez également une asymétrie de la moelle épinière résultant de l'atrophie du faisceau antéro-latéral. C'est sous cet aspect que la lésion a été connue des anciens auteurs. Mais notez bien ceci, Messieurs, que dans la grande majorité des cas, les choses ne vont pas aussi loin, et que l'intervention du microscope est indispensable.

l'' Dans le pédoncule, et c'est là un fait intéressani à relever, la partie dégénérée est grisâtre et se présente sous la forme d'un espace triangulaire, occupant la partie médiane de l'étage inférieur. La base de ce triangle est du côté de l'encéphale, tandis que le sommet est du côté de la protubérance. Ainsi, la surface du pied du pédoncule se trouve en quelque sorte divisée en trois régions : a) Une région médiane

DI'X.KNKRATION DANS LA PIIOTUHKIIANCK 22H

représentée par le faisceau pyramidal dégénéré ; — h) une région externe, qui jamais, sous aucune condition (autant que j'en puis juger, du moins d'après les nombreuses observations que j'ai faites à ce sujet), ne devient le siège de dégénérations, circonstance fort remarquable sur laquelle nous reviendrons ; — c) enfin, une région interne qui, parfois, mais exceptionnellement et dans des circonstances toutes spéciales que nous aurons également à envisager par la suite, est envahie par la dégénération du faisceau pyramidal, ou même peut dégénérer pour son propre compte, sans participation du faisceau médian.

Lorsqu'on a pratiqué des coupes minces de la région pédonculaire, on peut s'assurer immédiatement que le faisceau médian dégénéré correspond exactement au faisceau pyramidal, que l'anatoraie de développement permet de retrouver dans le pédoncule. A un faible grossissement, on voit que la lésion se présente sur une section normale, sous la forme d'un espace quadrilatère occupant la partie moyenne du pied, s'étendant depuis la substance grise de Sœmmering , qui forme sa limite supérieure et répond au côté le plus étroit du parallélogramme, jusqu'à la surface du pied, qui représente le côté le plus large.

Les fibres nerveuses étant pour une bonne partie détruites dans l'aire de ce parallélogramme ou remplacées par du tissu conjonctif, il en résulte sur les coupes colorées au carmin une teinte rouge bien franche contrastant avec l'aspect relativement paie des parties voisines, ce qui permet la détermina» tion topographique exacte de la lésion.

2° Dans la protubérance, le faisceau pyramidal dissocié est plus difficile à reconnaître au milieu des fibres transver^ sales propres à la région. Cependant on distingue encore assez facilement les faisceaux secondaires dégénérés, surtout

D KO m \i HAT I (JN SPINALE

par comparaison avec le côLé sain, dans les régions inférieures ou bulbaires de la protubérance, là où ces faisceaux secondaires commencent à se rapprocher et à se grouper de nouveau pour constituer un peu plus bas le faisceau pyramidal.

3" Dans toute l'étendue du ôulbe, la lésion se reconnaît

F if/. 58. — Coupe Lransversale de la moelle dans la région cervicale. ■- A, dégénération du faisceau pyramidal dans un cas de lésion des centres moteurs hémisphériques. — B, dégénéraiion du faisceau direct. — C, espace de substance blanche correspondant au faisceau cérébelleux. ~ D, région intermédiaire entre la corne postérieure et le faisceau pyramidal ; cette région est toujours respectée dans la dégénration descendante.

avéc une grande facilité ; vous pouvez en juger par l'examen d'une coupe pratiquée perpendiculairement au grand axe du bulbe rachidien et passant par la région moyenne des olives.

La lésion bulbaire est exactement circonscrite dans le faisceau pyramidal du côté de la lésion encéphalique primordiale.

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