HÉMIPLÉGIE INFANTILE
breiises en apparence qu'offrent ces attitudes, peuvent être ramenées h un petit nombre de types toujours les mômes: type de flexion avec pronation pour le membre supérieur, type d'extension ou d'équinisme avec varus pour le membre inférieur. Telle est la règle, tel est le genre de déformations qu'on observe dans les cas vulgaires . Les autres attitudes que vous pourrez reconnaître représentent des anomalies, des exceptions.
1° La loi que nous venons d'énoncer à propos de l'bémiplégie permanente des adultes se retrouve dans l'hémiplégie durable des jeunes enfants. Yous n'ignorez sans doute pas que, chez les jeunes enfants, de un à sept ans par exemple, des lésions en foyer de natures diverses, — lorsqu'elles intéressent le faisceau pyramidal dans son trajet intracérébral — sont suivies d'une hémiplégie plus ou moins prononcée, laquelle persiste à un certain degré pendant toute la vie. La lésion, cause de l'hémiplégie, est, ainsi que l'a fait voir M.Cotard, alors mon interne, de nature très variée (1). Tantôt il s'agit d'un ramollissement partiel se présentant sous la forme d'une plaque jaune ou d'un foyer d'inflammation celluleuse; tantôt la lésion cérébrale est consécutive à l'hémorragie méningée ; tantôt — et ce dernier cas est assurément le plus fréquent — elle consiste en une sclérose partielle ou généralisée de l'un des hémisphères cérébraux. Les lésions en question sont généralement corticales, c'est-à-dire qu'elles occupent le manteau et non les masses centrales. En outre, l'hémisphère cérébral affecté présente dans l'ensemble une atrophie plus ou moins prononcée, d'oii la dénomination d'atrophie partielle du cerveau sous laquelle sont généralement connus les cas que je signale à votre attention. Les dégénérations secondaires descendantes se présentent là avec tous les caractères qu'on leur connaît chez l'adulte, et c'est
(1) Sur l'atrophie partielle du cerveau^ 1.S68.
iii:miplégiiî infantilk en pareille circonstance qu'on observe les plus beaux exemples d atropine des pédoncules, delà protubérance et de la pyramide bulbaire du côté correspondant à la lésion (1).
Cliniquement, les faits de ce genre sont quelquefois désignes sous le nom ^hémi^légie spasmodique infantile (Heine). C'est qu'en effet la contracture permanente se montre là très prononcée. Les déformations se rapportent d'ailleurs, amsi que je l'annonçais précédemment, au type décrit à propos de l'hémiplégie de l'adulte. Ainsi, pour le membre supérieur, le type de flexion avec pronation est ici encore la règle, et, pour le membre inférieur, c'est l'extension en varus équin! Seulement, dans l'histoire de l'hémiplégie spasmodique infantile, une particularité très intéressante doit être relevée, à savoir l'existence presque constante d'un raccourcissement'des membres paralysés. Les os sontplus courts, moins volumineux que du côté sain ; et cet arrêt de développement ne porte pas toujours uniquement sur les membres ; ainsi, quelquefois, du côté paralysé, le tronc est incomplètement développé ; la cage thoracique est étroite, le bassin est rétréci et oblique. C'est de la sorte que la paralysie atrophique résultant d'une lésion de la substance grise spinale entraîne, lorsqu'elle se déclare dans l'enfance, un raccourcissementpar arrêt de développement du membre où siègent les lésions musculaires, alors même que ces membres remplissent une partie de leurs fonctions, tandis que ce racourcissement ne saurait naturellement exister lorsque la môme lésion se développe dans l'âge adulte.
2° Dans la description cependant assez détaillée que j'ai donnée de la contracture permanente des hémiplégiques, il
(1) Voy. les observations publiées par M. Bourneville [Progrès médical, n» 16, p. 299, avril 1879; — Revue p/iot. de.s hôpitaux, 18G9, p. 153; — Bulletins de la Soc. anal.., juillet 1876; — Gaz. mécL, 187G, p. 595, GiO; — /conof/r. phof. de la Salpêlrière, 1878, etc., etc.)