‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 4)Chapitre 7 sur 73 · BRANCHES PRINCIPALES DE [/ ARTÈRE SYLVIENNE · texte numérisé non relu

BRANCHES PRINCIPALES DE [/ ARTÈRE SYLVIENNE

mieux nommée, suivant nous, artère de la circonvolution pariétale ascendante. {Fi g 9, 3 et Fig i 2, IH)-

La quatrième branche se rend au pli courbe et à la première circonvolution sptiénoïdale {Fig. 9, 4, 5 et Fig. 12, IV).

Les deux circonvolutions auxquelles se rendent la seconde et la troisième branche de la sylvienne seraient, d'après

Fifi. 15. — F«, Cii'convoliition IVonlalc ascendante. — Vaste foyer de ramollissement cortical ayant détruit la circonvolution pariétale ascendante, une bonne partie de la circonvolution frontale ascendante, et la plus grande parlie de la circonvolution de l'insula. Les masses centrales étaient indemnes.

les expériences de Ferrier sur le singe, le siège des centres moteurs des membres. Vous voyez, d'après la distribution artérielle, que ces deux circonvolutions pourront être lésées isolément.

J'ignore si la destruction complète de ces deux circonvolutions centrales a étéjamais réalisée ; mais voici un fait dans lequel la destruction a porté sur la totalité de la circonvolution porictale ascendante, qui, chez le singe, est le siège, selon Ferrier, du centre des mouvements du membre supérieur qX,

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pour une partie, du membre inl'érieur. Dans ce cas, la circonvolution en question est remplacée par une plaque jaune dé-

Fig. 16. — Territoire vasculaire de la face interne du cerveau. — CC, corps calleux coupé suivant le plan médian. — G f, gynis l'ornicalus. — H, gyi-us liippocampi. — h, sulcus hippocampi. — U, Gyrus uncinatus. — c m, siilcus callo30-marg'inaii.s. •- F première circonvolution frontale vue du côté du plan médian. — C, fin du sillon central. — A, circonvolution centrale antérieure. — B, circonvolution centrale postérieure. — P Avant-coin (Vorzwickel). — 0 z, coin (Zwiclicl). — P o, scissure pariélo-occipilale. — 0, sillon occipital transverse. — Oc, tissure calcarine; o c', sa branche supérieure ; 0 c', sa brandie intérieure. — D, Gyrus doscendens. — T gyrus occipitotemporalis-laleralis (lobulus l'usirormis). — T gyrus occipilo-tcmporalismedialis (lobulus lingiialis). — Artères. — 1° Los régions circonscrites par la ligne (...) représentent le champ de distriijution de l'artère cérébrale an-, térieure. — IL Artères frontales interne et antérieure. — II. Artères frontales, interne et postérieure. - 2» Les régions circonscrites par la ligne (.—.—•) représentent le champ de distribution de la cérébrale postérieure. — 11. .\rlère temporale postérieure. — III (inférieur). .Vi'tèro occipitale.

primée. La circonvolution frontale ascendante est respectée en partie, mais manifestement atrophiée. Or, bien que la couche optique et le corps strié fussent dans ce cas tout à fait indein-

Fif/. 17. — Temtoire vasculaire de la face in/ërieiae du cerveau. - P ' , gynis rer.tus. - F 2, circonvolulion frontale moyenne. - F ^ cii-convolulion '•onlale inférieure. F S sulcus olfa.lorun. - F \ .sulcus orbitalis. - T \ (i.:u.vicme cn-convolulion temporale ou circonvolution temporale moyenne. l - , troisième circonvolution temporale ou circonvolution temporale inférieure. — T ^ gyrui occipito-temporalio-mjJiali.^ (lobulus linguali.s) su eus occipito-lem.,orali« inférieur. - t \ sillon temporal inférieur. - t ^ sillon temporal mo -en. - po, fi.sure paricto-occipilalis. - oc, fissura calcarma. - h, jryru, Inppocampi. - U, gyrus uncinatus. - C7i, chiasma. - ce corpora caiidicantia. - KK, pcdiculi c.rabri. - G, genou du corps calleuK' i^lZ' ~ ( ) cil-conscrit la distribution do la cérébrale antérieure

(^Mere, fronlale, inlcrni-s et inférieures). La ligne (.-...) eircons crit la distribution de la cérébrale postérieure. - 1, artère temporale anlé- |";urc. - II, artère temporale postérieure. — III, artère occipitale.

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nés — cette intégrité est mentionnée d'une façon très explicite dans robservation — il existait une hémiplégie complète, permanente, dans les membres supérieur et inférieur du côté opposé {Fig 15).

C'est là, Messieurs, un résultat qui contraste singulièrement avec ce qui a été consigné dans deux autres observations relatives à des lésions étendues occupant d'autres parties de l'ôcorce grise du cerveau. C'est ainsi que, dans un cas de destruction limitée au lobe carré (plaque jaune), il n'existait aucun indice de paralysie correspondante. — Dans un autre fait, il s'agit encore d'une plaque jaune laquelle intéressait une large étendue de la face inférieure du lobe sphénoïdal qui, vous le savez, est artérialisé par la cérébrale postérieure. Eh bien, pendant la vie, il n'avait pas existé non plus dans ce cas la moindre trace d'hémiplégie.

Ces exemples, que je pourrais aisément multiplier, suffiront, je pense, pour vous convaincre qu'il sera possible un jour chez l'homme, et très vraisemblablement dans un avenir peu éloigné, de juger en dernier ressort, et sur des documents indiscutables, la doctrine des localisations en ce qui concerne du moins les parties superficielles du cerveau.

Après les développements dans lesquels je suis entré au sujet de l'artère sylvienne, je crois devoir être bref dans l'exposé de la subdivision en départements secondaires des grands territoires vasculaires corticaux de la cérébrale antérieure et delà cérébrale postérieure.

La cérébrale antérieure est beaucoup moins fréquemmen le siège d'altérations graves que ne l'est la sylvienne. Cetl particularité tient en partie, sans doute, à sa direction pii rapporta la carotide interne(i^/ry. 12, IG et 17,)

AUTKRK CKHKBRALK POSTlîUllîUHE

Cette artère fournit trois branches principales : la première nourrit les deux circonvolutions frontales inférieures ; la deuxième^ d'une importance plus grande, se distribue moins souvent que la sylvienne, mais beaucoup plus communément que la cérébrale postérieure, à la circonvolution du corps calleux {Fig. 16), au corps calleux C C, à la première circonvolution frontale (faces interne et externe), au lobule paracentral et, sur la face convexe du lobe frontal, à la première et à la deuxième circonvolution frontale {Fig. 17), enfin à l'extrémité supérieure de la circonvolution frontale ascendante. La troisième branche de la cérébrale antérieure est destinée au lobe carré qui peut être lésé pour son propre compte, ainsi que j'en ai fourni tout à l'heure un exemple.

La cérébrale postérieure {Fig . 12, 16, 17j est le siège fréquent d'altérations par embolie ou par thrombose. Aussi les ramollissements ischémiques des lobes postérieurs sont-ils bien plus communs que ceux des lobes antérieurs. Le territoire de cette artère se partage en trois départements secondaires répondant à trois artères de second ordre : La première de ces artères se rend à la circonvolution du crochet ; la deuxième à la partie inférieure du lobe sphénoïdal, comprenant la circonvolution sphénoïdale inférieure et le lobule fusiforme ; la troisièineya au lobule lingual, au coin et au lobule occipital proprement dit.

SEPTIÈME LEÇON

Circulation des masses centrales (noyaux gris et capsule interne) .

Sommaire. — Circulation arlériello des noyaux g'ris centraux. — Hémorrhagie intra-encéphalique. — Différences analomo-pathologiques entre les parlieg péripliériques et les parties centrales du cerveau. — Rareté relative de l'hémorrhag'ie cérébrale dans les parties périphériques ; sa fréquence dans les parties centrales.

Origine des artères du système central. — Artères terminales ; leurs caractères.— Indépendance des systèmes artériels cortical et central. — Analogies entre les artères de la protubérance, du bulbe el des ganglions centraux. — Leur mode d'origine explique la prédominance dans ces parties des ruptures artérielles. — Les branches qui composent ce système naissent des cérébrales antérieure et postérieure et de la sylvienne.

Disposition des noyaux gris : leur forme et leurs rapports. — Considérations sur la capsule interne : ses parties constituantes (faisceaux pédonculaires directs; faisceaux pédonculaires indirects ; faisceaux rayonnants).

Messieurs,

J'ai rais, dans la séance précédente, la dernière main, à la \ description anatomo-médicale du système cortical des artères | du cerveau. Aujourd'hui, je me propose d'appeler votre attention sur la circulation artérielle des noyaux gris centraux. Vous savez que, sous ce nom, on désigne les couches optiques, les corps striés et ce qu'on pourrait appeler leurs annexes. C'est là, Messieurs, une étude qui doit réclamer tous nos soins ; | car les phénomènes qui se produisent dans ces noyaux, en con- !

lIKiViOHHUAlilK INT»A-K'N(JKI>IIAMyiIK 79

séquence des lésions vasculaires, ne le cèdent en rien par leur importance clinique, à ceux qui surviennent dans les parties superficielles de riiémisphère à la suite des altérations du système artériel cortical. Nous retrouverons dans les régions centrales du cerveau qui vont nous occuper, les altérations ischémiques signalées h propos des couches superficielles de l'encéphale, mais nous y rencontrerons, en outre, sur une grande échelle, des lésions qui ne se montrent au contraire que rarement à la périphérie. Je veux parler de Vhéniorrhagie intra-encéphalique vulgaire, l'une des causes anatomiques les plus habituelles du syndrome apoplexie.

Il existe, h cet égard, une opposition assez intéressante h relever entre lesparties périphériques et les parties cen trales du cerveau. Dans celles-lcà, l'hémorrhagie intra-encéphalique est relativement rare, tandis qu'elle est commune dans celles-ci. C'est là un fait dont témoignent déjà éloquemment les statistiques anciennes d'Andral et du Durand-Fardel et que les statistiques récentes ne font que confirmer. Ainsi, sur 119 cas rassemblés par Andral et Durand-Fardel, 102 fois la couche optique et le corps strié ont été le point de départ de l'hémorrhagie, 17 fois seulement le foyer a pris naissance soit dans le centre des lobes antérieurs ou postérieurs, soit à la périphérie de l'encéphale. En revanche, le ramollissement ischémiquedu cerveau prédomine, suivant la remarque judicieuse de Durand-Fardel, dans les parties périphériques. Lfr&4aits que j'ai recueillis à la Salpetrière confirment de tous poiùts ces données.

Nous aurons à indiquer, dans un instant, quelques-unes des conditions propres à expliquer cette opposition remarquable ; qu'il me suffise pour le moment de bien fixer vos idées sur ce pouil, à savoir que si les études auxquelles nous nous sommes livrés, concernant le système artériel cortical, étaient une introduction nécessaire au chapitre qui Irai te du ramollissement

80 AllTllUKS DES MASSIÎS CENTHALKS

ischémique de l'encéphale, les développements dans lesquels nous allons entrer aujourd'hui sont la préface obligatoire de l'histoire non moins intéressante de l'hémorrhagie intra-encéphalique .

Vous n'avez pas oublié, Messieurs, comment les artérioles qui constituent le sîjstème central naissent de chacun des trois gros troncs artériels du cerveau, au voisinage immédiat de leur origine dans le cercle de Willis. Les artères qui forment ce système sont, en général, des vaisseaux d'une ceraine importance, quant au calibre. Ce sont, en effet, des artérioles d'un milhmètre et demi à un demi-milHmètre de diamètre, pour les artères du corps strié, d'après M. Duret.

Leur mode d'origine rappelle celui de ces jeunes rejetons qu'on voit dans les forêts poussera la base des arbres. Cette comparaison, que j'emprunte à M. Heubner, en outre de son caractère pittoresque, est assez juste; mais il ne faut pas la pousser trop loin, car les artères du système central, dès leur point de départ, se dirigent perpendiculairement à la direction du tronc principal.

Cette direction perpendiculaire nous remet en mémoire ce que nous avons vu à propos des artères nourricières de l'écorce de l'encéphale. Toutefois, il convient de ne pas oublier qu'il existe une différence entre les artères nourricières corticales et les artères des noyaux gris centraux : les premières, en effet, sont, à proprement parler, des capillaires - suivant, du moins, la définition de M. Robin - et les secondes, au contraire, des vaisseaux d'un certain calibre.

Un autre caractère des noyaux centraux c'est que, selon

AliTKUES DKS MASSKS CENTRALES 81

l'acception donnée à ce mot par M. Cohnheim, ce sont des artères terminales par excellence. Si une discussion a pu s'élever, ainsi que nous l'avons vu, au sujet de l'autonomie des territoires vasculaires del'écorce, il n'en est plus de même pour ce qui regarde les artères centrales. Celles-ci sont tout à fait indépendantes les unes des autres; c'est là un point sur lequel nos auteurs sont parfaitement d'accord.

Ainsi, dit M. Heubner, on peut, à l'aide d'une seringue de Pravaz dont la pointe du trocart est émoussée, injecter une à une chacune des petites artères qui se rendent aux diverses parties du corps strié ou de la couche optique. Malgré toutes les précautions possibles, on ne parviendra jamais à injecter la couche optique ou le corps strié tout entier. Vous n'injecterez que de petits départements de chacun de ces corps ; si l'injection est poussée trop fortement, on produit des ruptures, mais le territoire vasculaire ne s'étend pas pour cela au-delà des limites qui lui sont assignées.

Les expériences multipliées de M. Duret plaident dans le même sens. Il convient d'ajouter que, dans aucune circonstance, par cette voie des artères centrales, on ne fait pénétrer r injection dans le domaine des artères corticales. La réciproque, je le rappelle,' est également vraie, c'est-àdire qu'aucune injection, poussée dans l'une quelconque des artères du système cortical, ne se répand dans le domaine des artères centrales.

Il n'est peut-être pas sans intérêt de faire ressortir les analogies qui existent sous le rapport du mode d'origine des artères nourricières entre les parties basilaires de l'encéphale et la protubérance, voire même le bulbe .

Dans la protubérance, la ressemblance est frappante, les artères médianes naissent à angle droit de l'artère basilaire qui est un tronc volumineux, et elles pénètrent jusqu'aux parties postérieures, parallèlement les unes aux autres, sans

Charcot. Œuvres Gomplclcs, t. iv, Localisations. 6

AHÏKUKS DES MASSES CIÎNTHALKS

s'anastomoser, reproduisant de la sorte le type des artères terminales.

Dans le bulbe, la même disposition existe, rtiais elle est, en quelque sorte, atténuée par une modification spéciale. Les artères médianes du bulbe ne naissent pas directement des grostroncàde l'artère vertébrale; elles prennent leur origine dans les artères spinales.

Il est possible déjà, si je ne me trompe, de trouver, dans ce mode d'origine et de distribution des artères de la protubérance et des ganglions centraux, une des raisons d'ordre mécanique, capables d'expliquer la prédominance d;: .s ces parties des ruptures artérielles.

Rappelez-vous que, à la superficie du cerveau oii, ainsi que je vous l'ai annoncé, les hémorrhagies sont comparativement rares, les artères, ne s'introduisent dans la pulpe qu'après avoir fourni un long trajet dans la pie-mère et s'être transformées en des vaisseaux très ténus, qui sont à proprement parler des capillaires; rappelez-vous, dis-je, ces parlicularités, et vous comprendrez bien plus facilement les différences que j'ai à vous signaler en ce qui concerne les artères centrales.

1° Le chemin du cœur aux gros ganglions de la base est rès court. Les artères qui se rendent à ses ganglions émaneiit ea qii3lqii3 sorte dicecteniBiit des artères du cercle de Willis, c'est-à-dire d'artères de troisième ordre, en partant du cœur. C'est là une circonstance évidemment favorable aux ruptures artérielles. Elle est, à la vérité, compensée dans une certaine proportion par le mode d'origine des vaisseaux qui s'opère à angle droit et aussi par la différènce considérable de calibre.

2" Mises en regard des artères corticales, les artères centrales sont volumineuses, je fais allusion surtout aux artères

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du corps strié puisqu'elles ont un diamètre d'un demi-millimètre à un millimètre et demi.

3" J'ajouterai que l'absence d'anastomoses est encore une condition fâcheuse, car, en cas d'une pression exagérée dans un vaisseau, le dégagement est impossible en raison de l'absence bien établie des collatérales.

Les trois gros troncs artériels du cerveau, ainsi que je l'ai répété en commençant, prennent tous une part à la vascularisation des régions centrales, mais cette part est fort inégale. La cérébrale antérieure, par exemple, envoie seulement quelques vaisseaux à la tête du. corps strié et encore l'existence de ces rameaux n'est-elle pas constante. La cérébrale postérieure a, dans l'espèce, un domaine beaucoup plus vaste et beaucoup plus important. Elle fournit aux couches optiques, dans une grande étendue, à l'étage supérieur des pédoncules cérébraux et aux tubercules quadrijumeaux. Mais incontestablement, c'est, ici encore de même que pour le système cortical, les artères sylviennes qui jouent le rôle prépondérant. Ces artères donnent toutes les branches qui se rendent au noyau caudé. à l'exception du petit domaine des branches inconstantes de la cérébrale antérieure, et aux divers segments du noyau lenticulaire.

Nous prendrons en conséquence les branches de l'artère sylvienne pour type de nos descriptions. Il nous sera aisé, après cela, de compléter l'histoire du système nourricier cenirai par quelques mots relatifs aux branches de ce système issues soit de la cérébrale antérieure, soit de la cérébrale postérieure.

Mais, avant d'entrer dans le détail de la description dé ces vaisseaux, il est tout à fait nécessaire, Messieurs, d'envisager

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