‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 110 sur 232 · HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE

et de cellules embryo-plasLiques ; le mamelon tout entier est imprégné d'un liquide, qui présente une réaction semblable à celle du mucus. Telle est la première période de la

maladie.

Fig. 17. — Endocardite aiguë. Coupe de la valvule milrale.

a. — Lamelle supérieure de l'endocarde.

a\ — Lamelle inférieure.

b. — Couclie moyenne dont les vaisseaux présentent un degré marqué d'hyperhémie.

c. — Efflorescence de la lamelle supérieure de l'endocarde.

d. — Le dépôt fibrineux. (1/10.)

Figure empruntée à Rindfleisch. Lehrb, der pathol. Gewelebehre. Leipzig 1866, p. 186.

A la seconde période, les mamelons ont quelquefois acquis une organisation permanente : d'autres fois leurs extrémités sont ulcérées, et cette lésion est la conséquence d'une dégénération granuleuse qu'il ne faut pas confondre avec l'altération graisseuse ; ces petits ulcères sont taillés à pic.

Plus tard, le point tuméfié et rugueux se recouvre d'une couche de farine plus ou moins épaisse, suivant les cas. On sait du reste que l'inopexie (tendance à la coagulation du sang) est une conséquence habituelle du rhumatisme, ainsi que de l'état puerpéral et de certaines cachexies particulières.

Les végétations valvulaires de l'endocarde résultent donc de l'inflammation des tissus eux-mêmes, et du dépôt consécutif d'une couche fibrineuse.

Mais pendant que ce travail s'accomplit, les vaisseaux se développent. Dans la valvule mitrale oiî ils existaient déjà, ils deviennent plus apparents ; dans les valvules sigmoïdes ils

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sont créés de loiiles pièces, ou du moins les capillaires voisins envoient des prolongements dans les parties privées de vaisseaux, comme il arrive pour la cornée lorsqu'elle s'enflamme ; voilà comment des arborisations vasculaires peuvent se montrer au pourtour des lésions du cœur (1).

Les conséquences de cet état pathologique sont importantes à étudier. Voyons d'abord quelles en sont les suites immédiates.

Tantôt les choses en restent là ; il n'y a point alors de lésions de canalisation. Tantôt le dépôt fîbrineux se ramollit, tombe en détritus, et donne lieu à des embolies capillaires. C'est là un côté essentiellement clinique de la question, et un côté tout nouveau, bien qu'on ait dit le contraire. — Tantôt, enfin, l'ulcéràtiongagne en profondeur ; il se formealors des perforations valvulaires qui donnent lieu aux lésions de canalisation les plus diverses ; la réunion de plusieurs pertuis peut amener le détachement d'un fragment de valvule et donner naissance à une embolie plus ou moins volumineuse. — N'oublions pas qu'il se produit quelquefois des anévrismes valvulaires, qui peuvent occuper soit les valvules sigmoïdes, soit la valvule mitrale.

Dans quelques cas, par suite de causes inconnues, le processsus se modifie ; il peut alors se former du pus, ce qui est rare ; mais on voit plus souvent se développer des substances délétères qui vont infecter au loin la masse du sang, en donnant lieu à des symptômes typhoïdes. On dit le plus souvent alors qu'il s'agit d'une endocardite ulcéreuse ; mais, à proprement parler, la forme ulcéreuse de l'endocardite ne s'accompagne pas nécessairement de septicémie.

Les conséquences ultérieures de l'endocardite se rencon-

1. Bail. — Bu rhumatisme viscéral. Thèse de concours pour ragrégation, 1866, p. 28. 1 6 o ,

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