‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 137 sur 232 · PAIIALLÈLE EISTUE LE RHUMATISME ET LA GOUTTE · texte numérisé non relu

PAIIALLÈLE EISTUE LE RHUMATISME ET LA GOUTTE

higouLle, el de faire ressortir les différences qu'elles présentent : mais le temps nous presse, et il faut nous contenter d'une vue d'ensemble.

Il est vrai, d'une manière générale, que les causes de la goutte se rattachent au bien-être, aux excès, à la bonne chère; d'une manière générale, les causes du rhumatisme, et surtout du rhumatisme chronique, sont plutôt la misère, le froid humide, l'insuffisance de l'alimentation, et les influences débilitantes de toute nature.

Mais le contraste devient plus frappant encore, si nous comparons aux affections qui s'associent volontiers avec la goutte celles qui accompagnent le plus habituellement le rhumatisme.

D'un côté, nous trouvons le diabète (1), l'obésité, la gravelle (2), dont nous avons démontré (p. 117 à 124) les rapports de parenté avec la goutte, et qui ne se rencontrent que rarement avec le rhumatisme ; de l'autre côté, la scrofule (3), la phthisie ,les affections cancéreuses (4) ,fréquentes dans le rhuma-

!.. Sur 225 cas de diabète, le rhumatisme articulaire aigu a été noté deux fois seulement par Griesinger, dans ses Études sur le diabète. Je ne crois pas qup le diabète ait jamais été observé comme une complication du rhumatisme chronique.

2. ,J'ai vu la gravelle uriquc coexister avec le rhumatisme noueux chez une Icmme ; mais le sang examiné dans ce cas, à plusieurs reprises, n'a jamais renfermé d'-acide urique en excès.

3. La scrofule figure très souvent parmi les antécédents des sujets altcmts de rhumatisme chronique progressif. Il est très fréquent de voir ces sujets présenter au cou des cicatrices spécifiques. Je pourrais citer plusieurs exemples de femmes qui, pendant leur jeunesse, ont été afiectees de tumc-iirs blanches, et chez qui, plus tard, le rhumatisme noueux s'est développe. Sur 119 cas de rhumatisme noueux, Fuller {loc. cit., p. 334) en cite 23 {I/o) dont le père, la mère et les collatéraux avaient présente des signes évidents do phtisie pulmonaire. Cotte affection, je puis l'alfirmer, vient souvent emporter les infirmes atteints de rhumatisme noueux; et dans ce cas, il ma sembJe que la phtisie se faisait remarquer par la lenteur de son évolution. — Chez les sujets atteints de rhumatisme aigu, la phtisie est rare (Wunderlich, Hamcrnjk). Cependant, la coïncidence de ces deux affections est possible : M. Danjoy qui a appelé l'attention sur ce point, croit que la maladie est alors modifiée dans son évolution qui serait retardée.

4. J'ai pu maintes fois me convaincre, à la Salpêtrière, que la coïncidence des

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Usine chronique, peu communes, au contraire, chezles goutteux.

Voilcà bien des dissemblances, au point de vue étiologique, entre ces deux diathèses ; et cependant, malgré les profondes différences qui les séparent et que nous nous sommes efforcé de faire ressortir, elles présentent de véritables analogies ; aussi les a-t-on souvent confondues et même lorsqu'on les distingue, on est forcé de les rapprocher dans toute bonne classification nosologique. Il est d'ailleurs certain qu'une relation qui peut se démontrer de plusieurs manières, relie le rhumatisme à la goutte. On les voit coexister quelquefois chez le même sujet, qui présente à la fois les lésions de la goutte et celles du rhumatisme articulaire chronique. D'autrefois, le rhumatisme articulaire aigu se manifeste chez un malade, pendant la jeunesse ; puis, la goutte se développe à l'âge d'élection (1). Les uns voient là une transformation, les autres une succession.

Enfin, la relation peut s'établir par voie d'hérédité. Le rhumatisme articulaire aigu est fréquent chez les enfants issus de parents goutteux (Heberden, Fuller, Todd). Les enfants des rhumatisants deviennent souvent goutteux (Fuller). Enfin l'hérédité peut se manifester par voie collatérale. J'ai vu moi-même le rhumatisme noueux se montrer chez une femme dont le frère était goutteux. Ces relations en apparences intimes, prouvent-elles l'identité de ces deux affections ? Non, certes: tout au plus admettrons-nous qu'il existe une base commune, un fond commun, une prédisposition articulaire, un état arthritique d'où l'une et l'autre tire leur origine.

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