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élablissent que c'est le cœur qui souffre surlout, en pareil cas: d'abord excité dans son fonclionncment, il cesse de battre aux environs de 45 degrés. L'organe ne présente pas de lésions grossières; mais son tissu a subi des modifications profondes, car il s" est produit une rigidité musculaire comparable à la rigidité, cadavérique, et le retour de ses mouvements, même pour un temps, sous l'influence des excitations, est devenu désormais impossible.
Le sang-, lui aussi, présente, dans sa constitution, des altérations notables; il est tantôt très fluide, tantôt, au contraire, coagulé; et, suivant M. Richardson, le premier cas se rencontre lorsque la mort a été très rapide ; le second, au contraire, lorsqu'elle est survenue plus longtemps après le début de l'expérience.
C'est ici le lieu de rappeler que, dans des cas pathologiques observés chez l'homme, etoiî la mort, précédée par une élévation considérable de la température, est survenue rapidement, le sang- a été trouvé tantôt dans un état de fluidité extrême, tantôt, au contraire, coagulé dans les cavités du cœur. Boerhaave supposait que la coagulation du sang- dans les vaisseaux est une cause de mort dans la fièvre, et tout récemment M. Weikart a cherché à démontrer que c'est là, en effet, la cause qu'il faut invoquer dans le cas oii la température s'élève aux environs de 42 degrés.
Les faits qui précèdent se rapportent tous aux cas dans lesquels la mort survient, à la suite d'une élévation extrême de la température centrale. Pour ceux où. la chaleur fébrile se tient pendant un temps plus ou moins long- à un taux moindre, bien qu'encore fort élevé, nous n'aurons plus à invoquer les données de la physiologie expérimentale, l'expérience n'ayant jamais été dirigée dans ce sens particulier. Mais on peut signaler néanmoins certains faits tendant à faire admettre qu'ici encore, l'élévaLioa de la température peut, par elle-
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même, produire des accidents graves et constituer un danger.
Remarquons d'abord, avec M. Liebermeister, que la plupart des affections fébriles, quelle qu'en soit d'ailleurs la nature, où la température se maintient pendant un certain temps, d'une manière plus ou moins permanente, à un taux élevé, ont un caractère commun presque constant. C'est qu'en pareil cas certains organes, après la mort, offrent des altérations parenchymateuses qui ont été désignées quelquefois sous le nom de stéatose. Le foie, les muscles de la vie animale, les reins, le cœur surtout subissent cette altération. Je me bornerai à citer à ce propos, le ramollissement plus ou moins prononcé que peut présenter ce dernier organe, dans la fièvre typhoïde, suivant Louis, et d'après Stokes, dans le typhus. A ces lésions se rattachent habituellement, pendant la vie, des symptômes de faiblesse cardiaque, d'asystolie. Estce h la permanence d'une température élevée qu'il convient de rapporter ces altérations, celles du cœur, en particulier, et les troubles qui en sont la conséquence ? on pourrait être tenté de l'admettre d'après le mode d'action des températures extrêmes sur le tissu du cœur.
D'ailleurs, on sait que l'accélération extrême du pouls, qui, dans les cas, de ce genre, constitue un signe du plus fâcheux augure, est, jusqu'à un certain point, proportionnelle à l'élévation de la température.
Mais voici un argument, en quelque sorte plus direct : il est tiré des avantages incontestés de la médication dite antipyrétique, appliquée au traitement des maladies aiguës à haute température. Or, quel est l'effet le plus saillant à la fois et le plus constant, le mieux constaté, des divers agents de cette médication : c'est d'abaisser d'une manière plus ou moins accentuée et pendant un temps plus ou moins long, la température centrale, et même au plus fort de l'état fébrile. Ainsi agissent la digitale ou la vôratrine, dans la pneumonie, le Bulfate de
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quinine, dans le rlmniaLisme articulaire aigu ; ainsi agissent également les bains frais prolongés et souvent répétés, appliqués dans ces derniers temps, en Allemagne, avec tant d'enthousiasme, au traitement de la fièvre typhoïde, et qui paraissent avoir, d'ailleurs, produit des résultats vraiment dignes d'attention (Brand, Jurgensen, Liebermeister, Gerliardt).
D'après ce qui précède, nous croyonspouvoir vous présenter, non pas à titre de vérité rigoureusement démontrée, mais du moins, comme une hypothèse très vraisemblable, cette conclusion que l'exaltation de la température centrale constitue, ]jar elle-même, dam la fièvre, un danger.
Mais laissons, pour un instant, de côté la fièvre et l'élévation de la température, considérons un moment l'écart thermométrique en sens inverse ; recherchons en d'autres termes, pourquoi V abaissement de la température au-dessous du taux normal, jusqu'à un certain niveau, est à peu près nécessairement suivi de mort. Le froid développé au sein de l'organisme a-t- 11 en pareil cas, sur les organes, sur les tissus, une action positive capable d'amoindrir l'énergie des actes organiques nécessaires à l'entretien de la vie ? Messieurs, on ne saurait guère douter qu'il en soit réellement ainsi.
Qu'un animal soit soumis, dans de certaines conditions, à l'action d'une basse température, à l'inanition complète, à l'intoxication déterminée par de certaines substances, l'opium, l'ammoniaque, l'acide cyanhydrique, que son corps soit recouvert d'un enduit imperméable, comme dans les expériences de Fourcault et d'Edenhuizen, toujours la température centrale s'a')aisse, et en môme temps les mouvements respiratoires, s'affaiblissent; l'absorption de l'oxygène et l'exhalation de. l'acide carbonique diminuent (Valentin, Arch. far physiol. Heilk., 1858, p. 433). Si l'expérience est poussée loin, la température s'abaisse à un certain niveau, au-delà duquel la
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mort survient. Or. qu'arrive- t-il dans ces circonstances si variées ? On peut dire que l'animal meurt de froid (Brown-Séquard, Soc. de Biologie, 1. 1, p. 102, 1849). 11 meurt de froid car le réchauffement artificiel retarde toujours la terminaison fatale, ou même permet, dans les conditions les plus heureuses, le retour complet à la vie.
Ainsi, Messieurs, de par la théorie comme d'après Texpérience le chaud et le froid, poussés à un certain degré, dans l'organisme, sont des éléments de premier ordre et dont il faut tenir compte, non-seulement pour établir le pronostic dans un cas pathologique donné, mais encore pour régler l'administration des agents thérapeutiques.
Mais je m'aperçois un peu tard que la digression dans laquelle je suis entré m'a conduit fof t loin, et il est temps d'en revenir à la pathologie sénile.
Il ne suffit pas d'avoir reconnu que, dans la vieillesse l'exaltation de la température centrale ou son abaissement jusqu'à un certain niveau ont la même signification qu'aux autres époques de la vie ; il nous faut établir actuellement que les oscillations de la température, consignées avec grand soin, jour par jour, heure par heure, sous forme de tracés graphiques, pendant le cours de certaines maladies, fournissent chez le vieillard comxme chez l'adulte, ainsi que je l'ai démontré dans le temps {Gaz. des Hôpitaux, 1866, ei Leçons sur les maladies des vieillards. 1867.)! des types constants et caractéristiques pour chacune de ces maladies ; car c'est sur cette circonstance même qu'est fondé ce diagnostic des maladies fébriles par la température, sur lequel M. le professeur Sée appelait récemment l'attention de ses auditeurs. Vous allez