‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 156 sur 232 · IMPORTANCE DE LA TIIERMOMÉTRIE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE LA TIIERMOMÉTRIE

• Ainsi que je l'ai fait pressentir, il existe un caractère thermique à l'aide duquel l'apoplexie avec ou sans convulsions résultant d'une lésion récente (hémorragie ou ramollissement) peut être distinguée de ces attaques apoplectiformes ou épileptiformes qui surviennent quelquel'ois dans les cas d'hémiplégie de date ancienne. Dans le dernier cas, en effet, la température s'élève toujours plus ou moins dès les premières heures tandis que dans l'apoplexie vraie, liée au ramollissement ou à l'hémorragie cérébrale de formation récente, il y a au début un abaissement à peu près constant de la température au-dessous du taux normal {Fig. 26).

Frj. 26. — Courbe de l;i tcmpéralure du rccUini dans un cas d'hémorragie cérébelleuse terminée par la mort cinq jours après le début.

Quelle est la raison physiologique des phénomènes que nous venons d'exposer? Wunderlich et Erb qui, les premiers

CENTniiS MODÉRATEUnS DE I,A CHALEUrt 329

ont appelé l'attention sur ce sujet, ont admis pour les besoins de la cause, que certaines parties du système nerveux ont, à l'état normal une influence modératrice sur les foyers de calorification. Or, si ces centres modérateurs supposés viennent à être profondément lésés, il en résultera que les actes chimiques qui produisent la chaleur s'effectueront d'une manière désordonnée, et conséquemment, il se manifestera une brusque et parfois énorme élévation de la température.

Mais où siègent ces centres modérateurs ou régulateurs ? Les expériences récentes de Tscheschichin sembleraient répondre à cette question [Deutch. Archiv., 1866, p. 398). Voici en quoi elles consistent : si l'on coupe en travers la moelle à différentes hauteurs, les membres deviennent plus chauds par suite de la paralysie vaso-motrice consécutive ; mais en même temps il y a refroidissement des parties centrales, tenant en partie à la déperdition du calorique, en partie à la faiblesse cardiaque résultant de l'accumulation du sang à la périphérie. 3Iais si la section faite avec précaution porte sur le point d'union de la protubérance et de la moelle allongée, presque aussitôt après la température centrale s'élève brusquement et atteint, au bout de deux ou trois heures, un degré très élevé. En même temps, le pouls et la respiration s'accélèrent. De ces résultats, l'expérimentateur a conclu qu'il existe dans l'encéphale, au-dessus du point indiqué, des centres modérateurs dont la paralysie détermine une production exagérée et désordonnée de chaleur. Il serait à désirer que ces expériences fussent répétées. Si les résultats annoncés recevaient une confirmation, ils pourraient être utilement rapprochés des faits cliniques.

TROISIÈME LEÇON

De l'importance de la thermométrie dans la clinique

des vieillards

Sommaire. — Abaissement de la température centrale dans certaines affections des vieillards. — Choléra indien. — Inanition et marasme symptomaliqne du cancer. — Aliénation mentale avec dépression. — Algidité centrale de cause inédicamenleuse : sulfate de quinine, digitale, alcool, etc. — Action des suljstances putrides. — Septicémie avec fiôvre. — Septicémie avec algidité centrale.

Action de la bile. — Abaissement de la température dans certaines affections du cœur (rupture du cœur, asystolie, péricardite et endocardite aiguë, etc., etc. ) ; — dans la péritonite ; — dans les commotions du système nerveux ; — dans l'attaque apoplectique, etc.

Collapsus : ses caractères en général. — Défervcscence de la pneumonie lobairc avec collapsus. — Des pneumonies algides. — Du collapsus dans les maladies pestilentielles.

Messieurs,

Je ne me suis occupé jusqu'ici que de quelques états pathologiques dans lesquels la chaleur s'élève au-dessus du taux normal, mais il n'est pas rare, surtout chez les vieillards, d'observer dans le cours de certaines affections le phénomène inverse, c'est-à-dire un abaissement réel de la température des parties centrales. C'est sur ce point que je désire appeler aujourd'hui votre attention.

S'il existe des maladies dont l'état fébrile constitue un caractère constant, obligatoire, il n'en est pas qui produisent

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